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Le ministre Barrette annule des compressions touchant les plus vulnérables à Montréal

Le reportage de Davide Gentile

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, a annoncé mardi que des compressions prévues par l'Agence de la santé et des services sociaux (ASSS) de Montréal en santé mentale et dans les soins aux personnes âgées seront annulées.

M. Barrette a vivement réagi en matinée aux informations rapportées par Radio-Canada voulant que l'ASSS de Montréal cible les budgets alloués à ces services aux personnes vulnérables pour réaliser des économies de 87 millions de dollars cette année.

L'abolition de l'allocation de fréquentation, une somme d'un peu plus de quatre dollars par jour remise aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle qui travaillent bénévolement, a particulièrement soulevé la controverse. 

« Des mesures ont déjà été prises pour que ce soit annulé. Il n'est pas pas question qu'il y ait des coupures, par exemple, dans les allocations de fréquentation », a déclaré le ministre Barrette.

Tout en rappelant que Montréal reçoit des sommes supplémentaires en raison de sa population et de sa situation socio-économique, le ministre a rappelé que les services devaient être épargnés.

Ceci dit, par-dessus ça, parfois il y a des coûts qui sont plus grands, et on demande de l'optimisation à Montréal, ce qui fait donc qu'il y a des choses qui sont réduites. Mais jamais cela ne doit toucher aux services.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

Sur les 87 millions de dollars que l'on cherche à économiser sur l'île de Montréal, 33 millions visent l'administration et l'alimentation. Mais les données de l'ASSS de Montréal indiquaient aussi un effort « d'optimisation » dans quatre « programmes services » : santé mentale, déficience intellectuelle et troubles envahissants du développement, soins aux personnes âgées et dépendance.

À l'émission 24|60, Anne-Marie Dussault relevait que sur le site web de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, des offres d'emplois pour une vingtaine de postes de cadres (Nouvelle fenêtre) sont toujours affichés. Ce sont des postes permanents souvent bien rémunérés. Ces offres sont toujours en ligne alors qu'il y a un peu plus d'une semaine, le sous-ministre de la Santé a lancé un appel au réseau en disant qu'il n'était pas question actuellement d'offrir de nouvelles permanences.

Rappelons que la semaine dernière, le ministre Barrette déposait son projet de loi de réforme du réseau de la santé et des services sociaux. Il prévoit notamment l'abolition des 18 agences de santé et de services sociaux de la province et la disparition de 1300 postes de cadres.

Québec solidaire révolté

La députée de Gouin et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, est d'avis que les dirigeants et les gestionnaires du réseau de la santé devraient refuser d'appliquer les compressions lorsqu'elles touchent les plus vulnérables.

« Ceux et celles qui ont obligé l'Agence à couper l'allocation de 4,36 $ par jour accordée aux personnes atteintes de déficience intellectuelle n'ont pas de cœur. Cette somme représente près de 10 % de leurs revenus mensuels et favorise leur participation sociale », a illustré Françoise David.

Avec une telle mesure, le gouvernement démontre qu'il n'a qu'une seule obsession : l'austérité. Quitte à en faire payer les plus vulnérables.

Françoise David, députée de Gouin et porte-parole de Québec solidaire

La santé mentale, « déjà le parent pauvre »

La ponction de 10 millions de dollars proposée en santé mentale a fait bondir la présidente de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Carolle Dubé.

« La santé mentale est déjà le parent pauvre du réseau. Les personnes qui souffrent peinent déjà à recevoir des services. Plusieurs sont laissées à elles-mêmes quand elles ne sont carrément pas à la rue. Les dernières statistiques montrent que près de 50 % des itinérants ont des problèmes de santé mentale. Les compressions ne feront qu'amplifier le problème », affirmait Mme Dubé dans un communiqué.

Le gouvernement doit dire la vérité à la population. Il faut arrêter de nous dire qu'on se contente de coupures administratives. C'est faux et trompeur.

Carolle Dubé, présidente de l'APTS

De son côté, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) soutenait que les coupes annoncées dans les services en santé mentale visaient les plus démunis à Montréal et qu'elles n'étaient « qu'un avant-goût de la médecine d'austérité qui sera administrée au Québec au cours des prochains mois ».

« Sous le vocable trompeur d'optimisation, le gouvernement Couillard sabre les budgets. Au bout du compte, c'est aux services qu'on s'attaque et en définitive c'est une population dans le besoin qui en subit les contrecoups », a résumé Jean Lacharité, deuxième vice-président de la CSN.

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