•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hong Kong : 3 questions pour comprendre « la révolution des parapluies »

Radio-Canada

Le mouvement prodémocratie s'est brutalement accéléré depuis quelques jours à Hong Kong, qui connaît ses pires troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997. Comment en sommes-nous arrivés là? Décryptage.

Le mouvement prodémocratie s'est brutalement accéléré depuis quelques jours à Hong Kong, qui connaît ses pires troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997. Comment en sommes-nous arrivés là? Décryptage.

Pourquoi maintenant?

Le 31 août, le Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire chinoise a décidé que les Hongkongais choisiraient le chef de l'exécutif de la région administrative de Hong Kong parmi deux ou trois candidats sélectionnés par Pékin en vue de l'élection au suffrage universel de 2017, promise lors de la rétrocession, il y a 20 ans.

C'est ce qui a déclenché la protestation « Occupy Central » - le district financier de Hong Kong -, une campagne de désobéissance civile pour forcer Pékin à revenir sur cette décision et favoriser une relance du processus de réformes politiques.

Depuis le 27 septembre, des manifestants prodémocratie descendent par dizaines de milliers dans les rues de l'ancienne colonie britannique. Plusieurs d'entre eux sont munis de parapluies et de masques chirurgicaux pour se protéger des gaz lacrymogènes de la police antiémeute, ce qui vaut à ce mouvement le nom de « révolution des parapluies ».

Le reportage de Frédéric Nicoloff

Comment réagit la Chine?

La Chine estime que ces manifestations sont illégales et elle appuie la répression lancée par les dirigeants de Hong Kong. Le gouvernement central « est fermement opposé à toute activité illégale susceptible de nuire à l'état de droit et mettre en danger la paix sociale », a déclaré un porte-parole du conseil chinois des affaires d'État, cité par l'agence officielle de presse Chine Nouvelle.

L'impopulaire chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, a néanmoins affirmé que l'armée chinoise n'interviendrait pas pour mettre fin aux manifestations.

Pendant ce temps, Pékin censure dans les médias sociaux toute information relative à l'agitation. La presse officielle chinoise accuse pour sa part les manifestants prodémocratie d'être des « extrémistes politiques » qui sont « voués à l'échec ».

S'agit-il d'un second Tiananmen?

Ces événements ne sont pas sans rappeler les deux mois de protestations écrasées dans le sang à Tiananmen, en juin 1989, faisant craindre une intervention de l'armée chinoise stationnée à Hong Kong.

Comme pour les événements de la place Tiananmen, les étudiants, qui observent depuis une semaine une grève des cours, sont le fer de lance de la contestation.

Néanmoins, Hong Kong n'est ni le centre symbolique du pouvoir chinois comme l'était la place Tiananmen à Pékin, ni la capitale de la Chine. Hong Kong est une région administrative qui jouit d'un statut particulier qui se traduit notamment par une presse libre, un accès non restreint à Internet et un système judiciaire indépendant.

Plusieurs analystes doutent par ailleurs de l'intervention de l'Armée populaire de libération (APL) en 2014, à l'ère des médias sociaux qui peuvent surveiller et rapporter tous ses faits et gestes.

Réactions de Washington et d'Ottawa

Le gouvernement américain a appelé lundi les autorités de Hong Kong à faire preuve de « retenue ».

« Les États-Unis soutiennent le suffrage universel à Hong Kong en accord avec la Loi fondamentale et nous soutenons les aspirations du peuple de Hong Kong », a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain.

« Nous avons toujours informé Pékin de notre position et nous continuerons à le faire », a-t-il souligné.

Ottawa a de son côté affirmé suivre de très près la situation. Le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, John Baird, a souligné que le Canada appuyait le développement démocratique à Hong Kong.

Frédéric Arnould a rencontré d'anciens Hongkongais qui ont immigré au Canada.

International