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Magnotta admet avoir tué Lin Jun, mais plaide non coupable

Luka Rocco Magnotta

Photo : La Presse canadienne / Mike McLaughlin

Radio-Canada

Luka Rocco Magnotta a bel et bien tué et démembré l'étudiant chinois Lin Jun en mai 2012. C'est ce que le juge Guy Cournoyer a annoncé aux membres du jury dès l'ouverture du procès lundi à Montréal.

L'homme de 32 ans, qui reconnaît tous les faits qui lui sont reprochés, a cependant plaidé non coupable aux accusations criminelles.

Le procès portera donc sur son état mental au moment des crimes. Son avocat veut prouver qu'il est non criminellement responsable.

M. Magnotta fait face à des accusations de meurtre prémédité, d'outrage à un cadavre, de production de matériel obscène, d'utilisation de la poste pour le publier et d'avoir harcelé le premier ministre Stephen Harper et d'autres membres du Parlement.

L'avocat de Rocco Luka Magnotta, Luc Leclair, entend prouver que son client souffrait d'un problème de santé mentale lorsqu'il a commis ses gestes. Il est schizophrène, a-t-il soutenu devant les 14 jurés.

J'entends vous montrer qu'il est non criminellement responsable.

Luc Leclair, avocat de Magnotta

L'avocat a longuement parlé des problèmes de santé mentale de son client. Luka Rocco Magnotta aurait été mal diagnostiqué, ce qui l'a entraîné dans une vie « chaotique », que ce soit à Toronto, en Floride ou à Montréal.

Me Leclair compte faire entendre le père de Magnotta, qui souffre lui-même de schizophrénie, et au moins deux psychiatres qui l'ont rencontré. Il entend aussi présenter un rapport psychiatrique de plus de 100 pages à ce sujet.

Le père de la victime reconnaissant d'être accommodé

L'avocat de Lin Daran, le père de la victime, a exprimé la reconnaissance de son client envers le juge Cournoyer qui a prévu une petite pièce munie de trois chaises et d'un écran statique pour que celui-ci puisse suivre les audiences, sans être obligé d'être dans la salle et sans devoir voir l'accusé.

Me Daniel Urbas a précisé que Lin Daran sera accompagné d'interprètes. Dans les cas où des images de scènes difficiles sont montrées en salle d'audience, des mesures sont prévues pour couvrir l'écran afin d'éviter que le père les voie. Il sera toutefois informé de la teneur des échanges.

Lin Daran ne fera pas de déclaration à la presse avant que le verdict ne soit prononcé. Son avocat a invité les journalistes à respecter sa vie privée et son deuil. Il a aussi transmis une demande de son client aux représentants des médias les priant de ne pas diffuser des copies d'images montrées en salle d'audience.

Seul le père a fait le déplacement à Montréal pour assister au procès. Il a dû quitter son emploi. La mère et la sœur de la victime, encore très éprouvées par le drame, sont restées en Chine.

Un meurtre prémédité, selon la Couronne

Le procureur de la Couronne Louis Bouthillier veut pour sa part prouver que le meurtre de Lin Jun était prémédité, planifié six mois à l'avance. Un journaliste anglais viendra témoigner à ce sujet.

Il a d'ailleurs révélé qu'une semaine avant le crime, une vidéo avait été réalisée dans l'appartement de Magnotta, montrant une autre personne dans la même position que l'étudiant chinois au moment du meurtre.

Me Bouthillier a rappelé que l'assassinat de Lin Jun a été filmé et diffusé. Il s'agit d'une vidéo « sordide et troublante », dans laquelle on verrait non pas le meurtre, mais la profanation du cadavre de la victime. 

Le juge Guy Cournoyer a interrogé les jurés, plus tôt en septembre, pour savoir s'ils étaient en mesure de supporter des éléments de preuve qui pourraient être révoltants, obscènes et possiblement traumatisants.

Me Bouthillier a fait savoir que la Couronne pourrait convoquer jusqu'à 60 témoins pendant le procès, qui devrait durer de six à huit semaines. Le concierge de l'immeuble où le meurtre a été commis, un ancien colocataire de Magnotta en Allemagne, ainsi que le conjoint de Lin Jun seront entre autres appelés à témoigner.

Un premier témoin 

Après les allocutions d'ouverture, Me Bouthillier a fait venir à la barre Caroline Simoneau, une technicienne en scène de crime qui a été appelée par l'escouade des crimes majeurs de la police de Montréal le 29 mai 2012, dans le secteur Côte-des-Neiges. C'est ce jour qu'une partie du corps de la victime a été retrouvée.

Mme Simoneau a expliqué qu'elle a pris quelque 150 photos sur place, ou dans les jours qui ont suivi. Elle a notamment montré qu'une partie de corps a été trouvée dans une valise récupérée près d'un immeuble situé à l'angle du boulevard Décarie et de la place Lucy. 

D'autres parties de corps ont été retrouvées dans un autre amas d'ordures situé non loin. Le jury a également pu voir de la literie et des couteaux contenant une « substance rougeâtre », des ciseaux, un outil électrique et de nombreux vêtements.

Mme Simoneau sera de retour à la barre des témoins mardi matin. 

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