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De l'abbé Proulx à la contrebande d'alcool

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Les débardeurs du quai de Sullivan en train d'attendre l'arrivée du prochain navire.

Photo : Société d'histoire et de généalogie de Val-d'Or, Fonds P251-Émile Cyr

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bourlamaque, fondée en 1934 par la mine Lamaque, est une ville fermée pendant de nombreuses années. Sa voisine, Val-d'Or est incorporée en municipalité de village en 1935 avant de devenir une ville deux ans plus tard. Elle est un peu plus ouverte et agitée.

Reportage de Karine Mateu

À cette époque, Bourlamaque est une ville rangée, alors que Val-d'Or est composée d'une faune bigarrée, attirée par la ruée vers l'or.

« Bourlamaque, ville fermée, est aux mains de la compagnie Lamaque qui exploite cette mine. La compagnie, elle-même, trace les rues et construit les maisons selon un plan uniforme. Cette ville est très très bien organisée. »

— Une citation de  Extrait du film En pays neufs tourné en Abitibi dans les années 30 par l'abbé Maurice Proulx.

 

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Vue sur Bourlamaque en 1937.

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Canadien National, P123P349

« Des aventuriers de toutes sortes sont venus ici »

L'animateur au site touristique de La Cité de l'or, à Val-d'Or, Raymond Couture, explique le contexte de l'époque qui a poussé de nombreux jeunes hommes à venir travailler dans les mines de l'Abitibi. 

« Parce que dès les débuts, dès que l'on a appris qu'il y avait de l'argent à faire ici, bien il y a des aventuriers de toutes sortes, de tout acabit qui sont venus ici. Il faut se souvenir qu'on était en pleine crise, ça allait mal dans les grands centres et donc si on pouvait trouver un endroit pour gagner sa vie, on s'y garrochait. »

— Une citation de  Raymond Couture
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3e Rue à Val-d'Or en 1937.

Photo : BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Canadien National P213P375

En effet, le mot circulait qu'à Val-d'Or, il était possible de gagner sa vie et plus encore....

« La vie semblait moins pénible dans ce nouveau Klondike à propos duquel la rumeur court qu'à Val-d'Or on marche sur l'or dans les rues....Tout y semble excessif et un peu débraillé. Les plus vieux se rappellent qu'on y vendait de la boisson presque à toutes les portes, et que derrière chaque poste se trouvait aussi une femme... On disait même que si un policier vous arrêtait pour conduite en état d'ébriété, une grosse bouteille de bière entre les jambes, c'était pour vous demander une gorgée. »

— Une citation de  Extrait du livre Val-d'Or ,  Denys Chabot

Qu'est-ce qu'un bootlegger?

Les vendeurs d'alcool illégal avaient le surnom de bootleggers en l'honneur des marins qui faisaient le commerce illégal de l'alcool et qui portaient de grandes bottes évasées dans lesquelles ils pouvaient cacher des bouteilles.

En Abitibi, les bootleggers, les contrebandiers, étaient nombreux, comme le rapporte l'historien Denys Chabot dans son livre Val-d'Or.

« Les Valdoriens de l’époque se souviennent aussi de ce bootlegger ambulant, d’origine française, un dénommé Joseph Amuland, qui se promenait dans les rues de Val-d'Or avec son gros chien danois, transportant son stock de bouteilles, un véritable bar sur pattes…[Ou encore] de Phil Latouf, mesurant cinq pieds et sept pouces, pesant à peine 120 livres, qui n’en était pas moins un boxeur au jab redoutable qu’un bootlegger fort actif... Son back-shack faisait 10 pieds par 14 pieds et était si minuscule qu’il contraignait les hommes à boire debout. »

— Une citation de  Extrait du livre de Val-d'Or , Denys Chabot

On comprend alors pourquoi la mine Bourlamaque souhaitait tout contrôler dans sa ville. Rappelons que le désordre de Val-d'Or n'aura duré que quelques années...

Sources

  • Chabot, Denys, Val-d'Or, Société d'histoire et de généalogie de Val-d'Or, 2009.
  • BAnQ Rouyn-Noranda, entrevue avec Paul-Émile Simard, Productions Abitibi-Témiscamingue, 1980.
  • Archives nationales du Québec, extrait du film En pays neufs par l'abbé Maurice Proulx, 1934-1937.
  • Entrevue avec Raymond Couture, animateur au site touristique de La Cité de l'or, à Val-d'Or.

À surveiller

L'exposition permanente de La Cité de l'or sur les moeurs des débuts de l'Abitibi dont une section sera consacrée aux moeurs légères.

 

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