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Les manifestants ne désarment pas à Hong Kong

Les manifestants ont défié les forces antiémeutes toute la nuit.

Photo : Carlos Barria / Reuters

Reuters

La police de Hong Kong a tiré des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les milliers de militants prodémocrates qui occupaient toujours le centre-ville aux premières heures de lundi et dont certains ont commencé à ériger des barricades pour tenir tête aux forces de l'ordre.

Les policiers antiémeutes ont aussi chargé à coups de matraque un groupe de manifestants qui bloquaient plusieurs rues de l'ancienne colonie britannique à quelques heures de l'ouverture de l'un des principaux centres financiers de la planète.

Des milliers de manifestants continuaient en outre de se masser autour des bâtiments du gouvernement de Hong Kong en dépit des appels à la dispersion lancés par les chefs de file du mouvement prodémocratie qui craignent que la police tire des balles en caoutchouc.

Dimanche, le chef de l'exécutif de la « région administrative spéciale » de Hong Kong, Leung Chun-ying, a appelé la population à se tenir à l'écart des « manifestations illégales » et annoncé qu'il agirait avec « détermination » contre le mouvement Occupy Central with Love and Peace (OCLP), principale organisation prodémocrate qui conteste les procédures électorales décidées à Pékin.

Leung Chun-ying, dont c'était la première intervention depuis que les étudiants ont lancé lundi dernier un mouvement de boycottage des cours, a reçu le soutien du pouvoir central, qui a marqué son rejet de tout « comportement illégal » menaçant la stabilité sociale, a déclaré un porte-parole de l'Office chargé de Hong Kong et Macao.

Le quartier de l'Amirauté a été pris d'assaut par les militants prodémocrates qui réclamaient la levée des barrages et ont bloqué certaines des principales artères de la ville, dont Gloucester Road et Harcourt Road.

« Nous gagnerons cette guerre par l'amour et la paix »

Rejetant fin août les demandes d'élection du prochain dirigeant hongkongais au suffrage universel direct, en 2017, Pékin a opté pour des candidatures de personnalités « patriotes » préalablement sélectionnées par une commission désignée par les autorités.

Hong Kong bénéficie depuis sa rétrocession à la Chine, en 1997, du statut de « région administrative spéciale » qui lui accorde une certaine autonomie et de plus grandes libertés dans le cadre du principe « Un pays, deux systèmes ».

Leung Chun-ying a promis de nouvelles consultations sur une réforme électorale sans en préciser toutefois le calendrier et en ajoutant que les décisions prises à Pékin étaient « légalement contraignantes ».

Jimmy Lai, magnat de l'édition et soutien fervent du mouvement démocratique, a appelé à la mobilisation la plus large possible. « Plus il y aura de citoyens de Hong Kong, plus il sera improbable que la police puisse nettoyer les lieux », a-t-il dit, les yeux protégés par des lunettes de chantier.

« Nous gagnerons cette guerre par l'amour et la paix », a-t-il poursuivi, reprenant le mot d'ordre de désobéissance civile et de refus de céder à la violence.

Vingt-cinq ans après la répression sanglante de la place Tiananmen, à Pékin, les dirigeants communistes redoutent par-dessus tout un effet de « contagion » des appels à la démocratie au reste de la Chine.

Pékin a d'ailleurs fait bloquer l'utilisation de l'expression « Occupy Central » sur Weibo, le site chinois de microblogging.

Jusqu'à présent, la police a arrêté 78 personnes, dont Joshua Wong, 17 ans, chef de file du mouvement étudiant « Scholarism », relâché dimanche, comme deux autres leaders étudiants, Alex Chow et Lester Shum.

Des manifestants se font poivrer à Hong Kong

Des manifestants se font poivrer à Hong Kong

Photo : Tyrone Siu / Reuters

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