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Les médecins spécialistes du Québec acceptent l'entente de principe

Les médecins spécialistes disent oui à l'offre de Québec

Les membres de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) ont dit oui dans une proportion de 97 % à l'entente de principe conclue mercredi avec le gouvernement de Philippe Couillard concernant l'étalement des hausses salariales.

En conférence de presse vendredi, la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, a expliqué que les sommes dues aux médecins spécialistes leur seront versées sur sept ans. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, avait parlé d'un étalement sur huit ans mercredi dernier; en réalité, pour ce qui est de la huitième année, les médecins ont accepté de renoncer à 350 millions de dollars afin que ces sommes soient allouées aux soins aux patients.

On ne peut rester en conflit éternellement et le fait qu'on ait réussi à s'entendre cette semaine est un signe qu'on pourra considérer les enjeux qui s'en viennent. [...] On est inquiet des coupures qui s'en viennent dans la prochaine année.

La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur

Quelques faits saillants de l'entente

Au total, 85 % des sommes dues en 2014-2015 et 2015-2016 seront étalées. Il s'agit d'une période charnière pour le gouvernement qui souhaite atteindre l'équilibre budgétaire. Comme le dit Diane Francoeur, cette concession des médecins spécialistes donne une « marge de manoeuvre » au gouvernement.

Les spécialistes ont accepté de ne rien recevoir pour l'année en cours. En contrepartie, ils ont obtenu que la moitié des sommes qui devaient être étalées soient versées au cours du mandat du gouvernement actuel. « Nous voulions que le ministre arrête de pelleter dans la cour du prochain gouvernement et que la moitié des sommes soient distribuées durant son mandat », a déclaré Diane Francoeur. Cette dernière affirme que le ministre Barrette a refusé jusque durant la dernière semaine des pourparlers de céder sur ce point, qui était fondamental pour les médecins spécialistes.

Un changement de ton

La présidente de la FMSQ affirme que les négociations n'ont pas bougé entre les mois de juin et de septembre et que le ministre Gaétan Barrette a finalement accepté de bonifier son offre de 60 % dans la dernière semaine des pourparlers.

« Évidemment cette ouverture et surtout le changement de ton et le retour du respect à la table de négociations ont été déterminants dans la conclusion de cette entente », d'expliquer Diane Francoeur.

Le gouvernement a décidé unilatéralement de renier notre entente signée de bonne foi, ce qui a été très mal reçu de la part des médecins spécialistes, surtout quand les signataires de cette entente sont encore dans ce gouvernement. C'est quand même incroyable que l'on accorde aussi peu de valeur à sa signature. La parole de l'État doit avoir un sens.

La présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, Diane Francoeur

La rémunération des médecins spécialistes du Québec n'est pas à parité avec celle des spécialistes canadiens et cet aspect était la raison principale pour laquelle les spécialistes réclamaient un étalement de cinq ans, au départ. « Présentement, nous accusons un petit retard, mais à peine », affirme Mme Francoeur.

Du côté des omnipraticiens

Le résultat des négociations doit être présenté aux médecins de famille lors de leur assemblée générale du 4 octobre. Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, Louis Godin, a dit croire que les membres accepteront cet accord.

Le gouvernement québécois souhaitait obtenir un étalement des hausses des deux groupes de médecins - qui représentent des déboursés de 1,2 milliard de dollars - afin d'atteindre l'équilibre budgétaire.

Le projet de loi 10 sur la réforme du réseau de la santé

La présidente de la FMSQ a par ailleurs commenté le projet de refonte structurelle du réseau de la santé tel que présenté par le ministre Gaétan Barrette, jeudi. Mme Francoeur soutient que les médecins spécialistes réclament depuis des années que le réseau de la santé soit délesté de sa lourdeur administrative. 

« L'imputabilité, pour nous, cela ne nous fait pas peur, affirme Diane Francoeur. Au contraire : garantissez-moi que je peux travailler, que les salles d'opération ne seront pas annulées, que les patients vont être confirmés, qu'on n'aura pas des cliniques vides parce que personne ne vérifie les numéros de téléphone ni ne confirme les rendez-vous [...]. C'est ce qu'on demande depuis toujours. »

Société