Obama appelle le monde à lutter contre l'État islamique

Barack Obama présente sa vision du monde à l'ONU.
Photo : La Presse canadienne / Seth Wenig
Dans un discours prononcé à l'Assemblée générale de l'ONU, le président des États-Unis a exhorté le monde à rejeter le radicalisme religieux et à s'unir aux pays engagés dans la lutte contre le groupe armé État islamique (EI), qu'il a dépeint comme une organisation fanatique et sanguinaire dont il faut se débarrasser.
Prévenant la communauté internationale contre les dangers que représente une organisation terroriste aussi « violente et sectaire », le président Obama a déclaré que son gouvernement allait maintenir la pression militaire sur les terroristes de l'EI jusqu'à son éradication, car, a-t-il souligné, « ces tueurs ne comprennent que le langage de la force ».
Il faut déclarer la guerre à la guerre pour que naisse la paix.
« Les États-Unis ne céderont pas aux menaces de l'EI », a martelé le président Obama, qui a conseillé aux combattants qui se sont joints à cette organisation terroriste en Irak et en Syrie de « quitter le champ de bataille pendant qu'il en est encore temps ».
Ce message s'adressait en premier lieu à ceux qu'on appelle les « combattants nationaux », c'est-à-dire les individus qui quittent leur pays d'origine pour aller combattre aux côtés du groupe EI, en Syrie et en Irak.
Cet appel survient deux jours après le déclenchement d'une campagne de frappes aériennes en Syrie contre l'EI, par les États-Unis et leurs alliés arabes.
Selon les renseignements recueillis sur l'État islamique, le mouvement terroriste compterait dans ses rangs environ 32 000 combattants en Syrie et en Irak. De ce nombre, 15 000 terroristes sont issus de pays étrangers, dont 3000 proviendraient de nations occidentales.
L'État islamique contrôle actuellement de larges portions de territoire dans le nord de la Syrie et en Irak, où il est à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, Bagdad.
Partisanes d'un islam obscur et militant, ces milices ont proclamé un califat où elles multiplient massacres et exactions contre les minorités religieuses et éradiquent par la force toute forme d'opposition.
Un partenaire respectueux et constructif
Invitant le monde à s'unir dans la lutte contre le groupe armé État islamique, Barack Obama a une fois de plus assuré que son pays n'envisageait aucune occupation militaire terrestre en Irak, ni en Syrie.
Le président a promis que Washington serait un « partenaire respectueux et constructif » dans la campagne internationale engagée contre les militants de l'État islamique.
Barack Obama a par conséquent demandé aux pays du Moyen-Orient de s'attaquer également aux conditions qui mènent à la montée de l'extrémisme et au financement des groupes terroristes, sans quoi cette guerre contre le terrorisme est condamnée à se répéter.
Ultimement, la tâche de rejeter le sectarisme et l'extrémisme est une tâche générationnelle, une tâche pour les gens du Moyen-Orient eux-mêmes. Aucune puissance extérieure ne peut engendrer un changement des coeurs et des pensées.
Le Conseil de sécurité adopte une résolution contre les djihadistes étrangers
Un Conseil de sécurité extraordinaire de l'ONU a adopté mercredi une résolution contraignante pour endiguer le flot des djihadistes étrangers en Syrie et Irak et contrer la menace qu'ils représentent pour leur pays d'origine.
Ce texte, adopté à l'unanimité, impose aux États, sous peine de sanction, d'empêcher leurs citoyens de s'enrôler dans des organisations extrémistes comme le groupe armé État islamique.
Il demande que « tous les États membres s'assurent que leurs lois et règles nationales instaurent de lourdes sanctions pénales » à l'encontre des djihadistes étrangers et des responsables de leur recrutement et de leur financement.
Cette rare réunion au sommet était présidée par le président américain Barack Obama et rassemblait plusieurs autres chefs d'État et de gouvernement, dont le président français François Hollande.
Fait à noter, le président Obama avait invité à cette réunion plusieurs pays qui ne sont pas membres du Conseil de sécurité, dont le Canada, qui y était représenté par le premier ministre Stephen Harper.
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La crise ukrainienne, une priorité
Sur cette question, Barack Obama a assuré la communauté internationale qu'il allait continuer de soutenir le gouvernement démocratique ukrainien contre les appétits territoriaux de la Russie qui, selon lui, a choisi de vivre dans un monde où l'usage de la force contre ses voisins fait loi.
Rappelant que c'est Moscou qui arme et contrôle les mouvements séparatistes de l'Est ukrainien, Barack Obama a dénoncé l'annexion de la Crimée par la Russie et accusé Moscou de replonger le monde dans une époque révolue de tension d'instabilité.
C'est une vision du monde où la force justifie tout, un monde où les frontières d'un pays peuvent être redessinées par un autre, où l'on interdit à des gens civilisés de récupérer les restes de leurs proches en raison des vérités qui pourraient être dévoilées. L'Amérique représente quelque chose de différent.
Invitant la Russie à réintégrer la voie du dialogue, de la diplomatie et de la paix, Barack Obama a déclaré qu'advenant une telle chose, les sanctions américaines contre la Russie seraient levées.
Faire plus pour enrayer l'Ebola
En ce qui a trait à l'épidémie d'Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest, la plus grave depuis l'identification de la maladie en 1976, le président américain a plaidé pour qu'un « effort plus important » soit engagé sur le plan international pour l'éradiquer.
Nous avons besoin de faire un effort plus important pour donner un coup d'arrêt à cette maladie qui pourrait tuer des centaines de milliers de personnes, infligeant des souffrances horribles, déstabilisant des économies, et qui se déplace rapidement au-delà des frontières.
Le sommet international sur le climat (Nouvelle fenêtre), tenu hier en présence des dirigeants de 120 pays, a également beaucoup mobilisé l'attention au siège des Nations unies, à New York.





