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La guerre contre l'État islamique entre dans une nouvelle phase

Le reportage de Marie-Ève Bédard
Radio-Canada

Missiles tomahawk, avions de chasse et bombardiers : les États-Unis ont finalement lancé leur machine de guerre en Syrie contre le groupe armé État islamique, au cœur de ce qui est devenu le siège de son pouvoir, la ville de Raqqa. Une promesse accomplie pour le président américain, qui a souligné que les États-Unis n'avaient pas agi seuls.

Un texte de Marie-Ève Bédard, dans le Kurdistan irakienTwitterCourriel

« Nos amis et partenaires, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie, Bahreïn et le Qatar nous ont accompagnés dans cette action », a dit Barack Obama, dans le jardin de la Maison-Blanche.

La participation de pays arabes dans la lutte contre le groupe terroriste est très importante pour les États-Unis, qui ne veulent surtout pas donner l'impression qu'il s'agit d'un combat de l'Occident contre un groupe musulman.

En tout, une vingtaine de frappes ont ciblé des camps d'entraînement, des quartiers généraux et des véhicules appartenant à l'organisation du groupe armé État islamique.

Avec ce deuxième front qui s'ouvre contre le groupe armé État Islamique, le président Obama a prévenu que la campagne militaire serait longue, mais que les États-Unis ne peuvent tolérer de « sanctuaire pour les terroristes qui menacent les Américains ».

Pour un activiste syrien de Raqqa, qui milite clandestinement contre le groupe, c'est trop peu, trop tard. « Si l'Occident veut vraiment notre liberté, dit Abu Ibrahim (pseudonyme), pourquoi les États-Unis n'ont-ils pas bombardé le régime de Bachar Al-Assad quand il s'est servi d'armes chimiques? »

Une autre série de frappes a été menée par les États-Unis, seuls cette fois, dans la région d'Alep.

Selon Washington, les frappes visaient une organisation terroriste liée à Al-Qaïda. Les membres du groupe Khorasan et le dirigeant de la cellule jusqu'ici méconnue, réputé proche d'Oussama Ben Laden, représentent, selon des sources du renseignement américain, une menace beaucoup plus immédiate et directe pour les États-Unis.

Washington dans une position délicate

Le président Bachar Al-Assad a été prévenu avant les frappes survenues dans la nuit de lundi à mardi. Mais Washington insiste pour dire qu'il n'y a pas eu de coordination avec Damas. Barack Obama ne veut surtout pas donner l'impression qu'il appuie le régime d'Al-Assad, accusé par une commission d'enquête de l'ONU d'avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple.

Le président Obama est aussi dans une situation délicate par rapport à ses alliés des pays arabes puisqu'ils soutiennent en grande partie la rébellion des combattants syriens contre le régime.

Après plus de trois ans de guerre civile, les Syriens savent très bien ce qu'implique l'entrée en scène des États-Unis et de leurs alliés. Pour certains, c'est une source d'espoir, mais pour tous, ils sont une source d'inquiétude.

Du côté irakien

Les Américains mènent aussi des frappes contre le groupe armé État islamique dans le nord de l'Irak depuis environ six semaines. Cette offensive n'a toutefois pas changé le rapport de force sur le terrain.

Les forces kurdes tiennent les lignes de front, mais les commandants sur place disent ne pas avoir les armes nécessaires pour mener des offensives et reprendre du terrain.

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