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Des trottoirs avec vos bouteilles vides pour réduire les gaz à effet de serre

Le reportage de Sophie Langlois

Il n'y a pas que les leaders du monde réunis à New York qui tentent de sauver la planète du réchauffement climatique. Des chercheurs québécois ont trouvé un moyen original de réduire les gaz à effet de serre : utiliser moins de ciment dans le béton en le remplaçant par de la poudre de verre, produite avec vos bouteilles vides.

Un reportage de Sophie LangloisTwitterCourriel

Les cimenteries sont un des plus gros producteurs industriels de gaz à effet de serre dans le monde. Et pour cause, le ciment est le deuxième matériau de construction le plus utilisé sur la planète. Chaque seconde dans le monde, 126 000 kilos de ciment sont coulés. Sur le plan mondial, la production s'élève en moyenne à 555 kilos de ciment par habitant et par an.

Cela représente un potentiel écologique et économique important. La Société des alcools du Québec a investi 2 millions de dollars depuis 10 ans dans les travaux de la Chaire SAQ de valorisation du verre dans les matériaux de l'Université de Sherbrooke. Les chercheurs analysent le comportement de la poudre de verre comme substitut du ciment dans le béton.

Chaque fois qu'on utilise une tonne de poudre de verre dans le béton, on économise une tonne de gaz à effet de serre.

Mario Quintin, directeur du développement durable à la Société des alcools du Québec

« Le moment le plus fantastique, raconte le directeur de la chaire, Arezki Tagnit-Hamou, c'est quand on a vu la perméabilité de ce béton. La poudre de verre, c'est complètement différent d'un béton ordinaire, il fait passer très peu d'eau et de gaz, il devient très peu perméable. » Autre avantage selon l'ingénieur-chercheur : « On peut facilement multiplier par trois la durée de vie d'un béton poudre de verre par rapport à un béton normal. »

Dans un trottoir près de chez vous

Depuis 2011, Montréal teste la poudre de verre dans quelques-uns de ses trottoirs. Comme ceux devant le Musée des beaux-arts, rue Sherbrooke, coulés avec 10 % de poudre de verre.

« Les résultats jusqu'à présent sont très encourageants, très prometteurs », explique Lionel Perez, responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville de Montréal. Il évoque de meilleurs résultats du point de vue de la pression supportée et de la résistance aux phases de gel et de dégel que le béton couramment utilisé.

La Ville de Montréal attendra toutefois 2016 avant de lancer des appels d'offres pour seulement 10 % de ses nouveaux trottoirs.

Chaque fois qu'il y a une nouvelle technologie, bien qu'elle soit novatrice, il faut y aller par étapes, pour s'assurer que tout est analysé, tout est considéré. On ne veut pas prendre une décision qui va affecter les contribuables montréalais à la négative.

Lionel Perez, responsable des infrastructures au comité exécutif de la Ville de Montréal

Une question de coût

La poudre de verre est de 10 à 20 % moins chère que le ciment, trois fois plus durable et beaucoup plus écologique. Toutefois, les bétonnières affirment que leurs coûts grimperaient si elles produisaient du béton à partir de cette poudre, car elles devraient installer un silo supplémentaire - ce qui ferait un béton plus cher.

De son côté, le directeur général des centres de tri Tricentris à Lachute, Frédéric Potvin, estime que les bétonnières résistent au changement. « Ce n'est pas facile, on en est à l'étape de modifier les comportements. »

On a convaincu quelques bétonnières locales seulement. Maintenant, il faut que l'ensemble des bétonnières du Québec mettent la main à la pâte pour donner un coup de pouce à l'environnement et procurer un meilleur béton aux Québécois.

Frédéric Potvin, directeur général des centres de tri Tricentris à Lachute
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