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Dépôt d'une pétition pour le don d'organes obligatoire

Un reportage de Guylaine Bussière
Radio-Canada

La croisade d’une mère pour le don d’organes obligatoire franchit une nouvelle étape. C’est à 13 h aujourd’hui qu’a été déposée à l’Assemblée nationale une pétition de plus de 21 000 noms pour rendre le don d’organes obligatoire.

Laurence Mainville est décédée le 22 juillet 2012 à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec. Elle était en attente d'une greffe de cœur-poumons. Sa mère, Louise Doyon, est convaincue que seul le don d'organes rendu obligatoire aurait pu lui sauver la vie.

Le dépôt de la pétition, dit-elle, « est un peu l'aboutissement de ce que Laurence désirait faire avec la loi pour augmenter le nombre d'organes disponibles ».

Suivre l'exemple de l'Espagne

Le don d'organes obligatoire existe déjà en Espagne, où le temps d'attente pour une greffe est de trois mois. Il s'agit du pays où le temps d'attente est le moins long. En Espagne, une personne doit signaler son refus pour qu'on ne prélève pas d'organes à son décès.

Au Canada, c'est le contraire. Il y a don d'organes si la personne décédée a déjà signalé son consentement. De plus, lorsqu'une personne décède, les autorités doivent recevoir l'approbation de la famille du défunt pour prélever des organes.

Cette démarche est nécessaire « même si la personne a déjà signé sa carte et fait toutes les démarches pour donner à son décès, déplore Mme Doyon. C'est comme s'ils ne faisaient pas confiance à la personne qui a signé, alors ils se tournent vers la famille. Ils doivent le faire, c'est la loi qui l'oblige. C'est le consentement implicite », ajoute-t-elle.

« Les familles répondent à 33 % non, ce qui limite le nombre d'organes disponibles pour les malades qui sont en attente », précise Louise Doyon.

L'an dernier au Québec, seulement 165 personnes ont fait don de leurs organes après leur décès.

Économies pour l'État

Par ailleurs, Louise Doyon souligne qu'au-delà de la disponibilité des organes, le don obligatoire entraînerait des économies pour l'État.

« Les greffés du rein, avant d'être greffés, sont en dialyse pendant des années. Si on parle de compressions budgétaires, du côté de la santé, on va faire sauver des millions de dollars. Maintenir quelqu'un en dialyse coûte 80 000 $ par année. Une greffe, 25 000 $, une fois », donne-t-elle en exemple.

Louise Doyon sera aux côtés de Mathieu Traversy pour le dépôt de la pétition à l'Assemblée nationale. Le député péquiste a lui-même reçu une greffe des poumons en mars 2013.

Québec

Santé publique