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Les acteurs de la protection de la jeunesse tirent la sonnette d'alarme

Enfant maltraité

Cri d'alarme des Centres jeunesse

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les directions de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec et les syndicats dénoncent les compressions budgétaires du gouvernement Couillard qu'ils évaluent à 20 millions de dollars. Selon eux, les enfants vont en faire les frais.

Les syndicats des employés des centres jeunesse ont demandé lundi un moratoire sur ces coupes. Ils affirment que la situation est de plus intenable dans les centres jeunesse, qui vivent des compressions depuis quelques années.

« On a des enfants qu'on doit maintenir dans leur milieu même si on sait qu'ils sont à risque. On manque de familles d'accueil. On manque de ressources très adaptées. On a besoin de ressources supplémentaires, de psychologues, de psychiatres. »

— Une citation de  Line Beaulieu, vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN

« Déjà, il y a des situations dramatiques, dit la vice-présidente de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, Line Beaulieu. C'est presque illégal la façon dont on ne respecte pas cette loi sur la protection de la jeunesse qui en vigueur depuis 35 ans. »

Pas d'impact sur les enfants, dit Québec

La ministre déléguée à la Réadaptation et à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, prétend au contraire que les coupes annoncées n'auront aucun impact sur les services aux jeunes.

« Il n'a jamais été question de couper des ressources. Comme gouvernement, on a parlé d'effort, mais pour la partie administrative, pas pour la partie des services », dit-elle. « Des coupures de service, ce serait carrément inacceptable! »

Les syndicats accusent le gouvernement de se fermer les yeux. « Nos politiciens nous disent que c'est sans impact sur la clientèle. C'est un très grand mensonge », a réagi Sylvie Théorêt, du Syndicat des travailleurs du Centre jeunesse de Montréal.

« À force de faire ces coupes-là, ce sont nos ailes, nos moyens pour intervenir auprès des tout-petits, qui sont coupés. Ça fait en sorte qu'on ne peut pas donner des services de qualité », déplore-t-elle. 

Hausse des signalements

Les directions de la protection de la jeunesse (DPJ) du Québec, qui rendaient public leur bilan annuel lundi, demandent au gouvernement de « continuer à placer les enfants au sommet des priorités », malgré le contexte de compressions budgétaires.

Surtout que le nombre de signalements rapportés à la DPJ ne cesse d'augmenter. Depuis 2010, les signalements ont bondi de 17 %. Lors de la dernière année, la DPJ a traité 82 919 signalements à travers le Québec, ce qui représente une moyenne de 227 situations problématiques impliquant des enfants rapportées par jour.

« Si on ne prend pas la peine d'intervenir et de prévenir aujourd'hui correctement dans tous les services -, directs en centre jeunesse ou indirects dans la communauté, aux parents en difficulté ou aux enfants qui en ont besoin-, il est évident qu'on va perdre à long terme », affirme Madeleine Bérard, directrice de la protection de la jeunesse des centres Batshaw. 

Selon Éric Salois, directeur de la protection de la jeunesse et directeur provincial aux centres jeunesse de Lanaudière, les centres jeunesse réussissent encore à donner des soins de qualité aux enfants, mais pour combien de temps? « C'est sûr que le gouvernement annonce des choix qui vont être difficiles », a-t-il dit à Radio-Canada.

Madeleine Bérard, directrice de la protection de la jeunesse des centres BatshawAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Madeleine Bérard, directrice de la protection de la jeunesse des centres Batshaw

Photo : Radio-Canada

Madeleine Bérard souligne que les conséquences de la maltraitance faite aux enfants engendrent des coûts importants pour la société. Selon elle, ils étaient évalués à 15,7 milliards de dollars par année au Canada en 2003.

Des signalements faits à la DPJ l'an dernier, 22,7 % étaient pour des violences physiques et 22,6 % pour de la négligence. Les mauvais traitements psychologiques comptaient pour 13,8 % des signalements, les risques sérieux de négligence pour 13,2 % et les troubles de comportement sérieux pour 10,2 %.

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