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Ouverture du Musée canadien pour les droits de la personne

Téléjournal, 3 octobre 1984

Stéphane Hawey

Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) à Winnipeg a ouvert officiellement ses portes vendredi, ce qui marque la fin d'un long parcours de 14 ans mis en branle par le rêve d'un homme, Israel « Izzy » Asper.

Le Musée canadien pour les droits de la personne (MCDP) à Winnipeg a ouvert officiellement ses portes vendredi, ce qui marque la fin d'un long parcours de 14 ans mis en branle par le rêve d'un homme, Israel « Izzy » Asper.

Un texte de Stéphane HaweyTwitterCourriel

Décédé en 2003, le magnat canadien de la presse voulait permettre aux Canadiens de se rappeler la fragilité des droits et des libertés, dans un premier musée national basé à l'extérieur de la région de la capitale nationale.

La création du MCDP ne s'est pas faite sans heurts.

Israel « Izzy » Asper a partagé sa vision d’un musée national consacré aux droits de la personne en juillet 2000.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Israel « Izzy » Asper a partagé sa vision d’un musée national consacré à l'éducation aux droits de la personne en juillet 2000.

Photo : Radio-Canada

Il a d'abord fallu convaincre deux gouvernements fédéraux, l'un libéral, le prochain conservateur, de la sagesse de construire un musée national si loin d'Ottawa, à Winnipeg, au « coeur du continent ».

L'établissement de 351 millions de dollars aussi connu des retards de construction, en raison des coûts qui ont grimpé en flèche. Cette situation a nécessité de nouvelles collectes de fonds menées par Gail Asper, fille d'Izzy, déterminée à faire en sorte que le projet le plus cher à son père se matérialise.

Le contenu des expositions au musée a également été une question épineuse pour certains groupes. Des groupes pro-palestiniens ont d'abord voulu savoir quelle place on y accorderait à leur cause et l'Association ukrainienne-canadienne des droits civils s'est dit insatisfaite de la place accordée à l'Holodomor, l'extermination par la faim des Ukrainiens au début des années 30.

Plus récemment, certains groupes autochtones ont également critiqué la décision de l'établissement (Nouvelle fenêtre) de ne pas utiliser le terme « génocide » pour décrire les politiques canadiennes à l'égard des Premières nations, dont celles sur les pensionnats autochtones.

Manifestations avant la cérémonie

Certains groupes ont profité de la cérémonie d'inauguration du Musée canadien pour les droits de la personne pour promouvoir différentes causes ou pour manifester. C'est le cas de plusieurs Palestiniens qui accusent les responsables du musée de nier la réalité des résidents de la bande de Gaza. « Le musée ne reconnaît pas notre expérience de nettoyage ethnique, le problème des réfugiés, le problème de répression, d'occupation », affirme Rana Abdulla, une des manifestantes.

Des membres de la réserve de Shoal Lake en Ontario, d'où provient l'eau potable de Winnipeg, ont aussi planté des tentes non loin du musée. Ils disent vouloir éduquer la population à leur dure réalité puisqu'ils doivent faire bouillir leur eau avant de la boire. Des femmes autochtones se sont aussi rassemblées devant l'établissement, afin de demander à ses responsables de penser aux femmes autochtones tuées ou disparues.

Un édifice riche en contenu

Il a fallu plus de dix ans pour rassembler l'argent nécessaire pour construire le MCDP, déjà devenu une des icônes de Winnipeg. Le bâtiment en pierre d'un peu plus de 24 000 mètres carrés est couronné d'une structure de 23 étages en verre, la Tour de l'espoir. Il est l'oeuvre de l'architecte américain Antoine Predock.

L'établissement a été construit au confluent des rivières Rouge et Assiniboine, un endroit qui a été un lieu de rassemblement pour les Autochtones longtemps avant qu'il ne voit naître Winnipeg, en 1873.

Le musée présente onze galeries, dont une qui commémore les cinq génocides reconnus par le Canada. Une autre galerie, « Les parcours canadiens », parle des réussites et des échecs du pays, notamment sur les droits linguistiques des francophones et la taxe d'entrée imposée aux Chinois.

Le bâtiment abrite également 160 œuvres d'art et artéfacts historiques comme la Déclaration canadienne des droits signée par John Diefenbaker en 1960.

Le musée compte également tenir des conférences nationales et internationales sur les droits de la personne.

Des célébrations chargées

Pour les cérémonies officielles d'ouverture, les responsables du MCDP ont fait appel à la jeune chanteuse de Winnipeg et vedette de YouTube, Maria Aragon, ainsi que le quatuor The TenorsGinette Reno interprétera l'hymne national.

Différentes activités sont également prévues du 22 au 26 septembre, dont des visites privées réservées à des personnes dont l'histoire est illustrée dans le musée.

Les activités normales et l'accès du public au musée débuteront le samedi 27 septembre. Les responsables du MCDP s'attendent à accueillir 250 000 personnes chaque année.

L'établissement est le premier musée consacré aux droits de la personne dans le monde, et le premier musée national créé au Canada depuis 1967.

La ministre fédérale du Patrimoine shelly Glover à propos du Musée canadien pour les droits de la personne

Raymond Simard à propos du Musée canadien pour les droits de la personne

Manitoba

Société