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Coup de force américain à l'endroit de la Guilde des musiciens

Guitare électrique
Radio-Canada

Le processus de désaffiliation qu'a entrepris la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ) pour se séparer de l'American Federation of Musicians (AFM) semble tourner au vinaigre. L'AFM s'est en effet présentée jeudi au bureau de la Guilde, avec un huissier, pour imposer une tutelle, indique un communiqué publié par la GMMQ.

Plus encore, l'AFM confierait la responsabilité de cette tutelle à Émile Subirana, ancien président de la Guilde, déchu en 2003 à la suite de certaines controverses.

Ce revirement fait suite au dépôt par la Guilde, mardi, d'une requête en Cour supérieure visant à établir les règles de la désaffiliation approuvée par une majorité de membres (53,3 %) lors d'un référendum tenu en juin dernier, auquel 70 % d'entre eux ont participé.

La Guilde veut aussi faire invalider des sections de règlements de l'AFM jugées en contradiction avec la Charte canadienne des droits et libertés, la Loi sur les syndicats professionnels et les lois provinciale et fédérale sur le statut de l'artiste.

Enfin, la Guilde souhaite que la Cour confirme que la Caisse de retraite des musiciens du Canada acceptera les cotisations des membres du Québec, en fournissant un avis préalable de cinq ans en cas de refus.

Pour expliquer leur volonté de se désaffilier de l'AFM, plusieurs musiciens québécois plaidaient que les exigences posées par le syndicat américain leur faisaient perdre des contrats. La Guilde réclamait aussi un statut d'autonomie pour mieux répondre aux besoins du marché québécois, en plus de déplorer le coût élevé d'adhésion à l'AFM.

Certains membres de la Guilde avaient toutefois rappelé le rôle important du syndicat américain pour assurer la mobilité des musiciens en Amérique du Nord.

L'AFM avait déjà menacé la Guilde de tutelle au moment de la consultation tenue en juin dernier, affirmant que la procédure ne respectait pas les normes fixées par la Guilde elle-même, qui prévoient l'organisation d'un vote en assemblée générale après le référendum et l'obtention de l'appui des deux tiers des personnes présentes.

Émile Subirana, personnage controversé

Quant à Émile Subirana, il s'est fait connaître entre autres pour son rôle dans un mouvement de contestation de musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal, qui avait entraîné le départ du chef Charles Dutoit, en 2002.

M. Subirana avait aussi fait l'objet d'allégations de malversations, suivies d'un vote d'une centaine de membres de la Guilde pour sa destitution. Il avait répliqué par une poursuite en diffamation.

Ses positions dans le dossier des conditions de travail des musiciens émergents dans les bars et petits lieux de spectacles, jugées trop rigides et nuisibles, avaient ensuite préparé sa défaite lors des élections au sein de la Guilde, en mars 2003.

Un texte de Marc-Antoine Ménard

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