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Une plante médicinale testée sur des patients atteints de la SLA

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Le chercheur Jean-Pierre Julien

Le chercheur Jean-Pierre Julien

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le défi du seau d'eau glacée (Ice Bucket Challenge), qui a permis d'amasser des millions de dollars pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (SLA), a fait apparaître un espoir pour les patients atteints de cette maladie dégénérative. Des chercheurs de l'Université Laval et de l'Université de Toronto ont réussi à ralentir la maladie chez des souris en utilisant un extrait d'une plante médicinale. Un essai clinique sera bientôt effectué pour tester l'extrait de cette plante sur des patients. 

L'équipe du chercheur Jean-Pierre Julien, directeur en neurosciences à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec, et du neurologiste Lorne Zinman, de l'Université de Toronto, a testé un extrait de la withania somnifera, une plante utilisée en Inde depuis 4000 ans pour ses propriétés anti-inflammatoires.

Chez les patients atteints de la SLA, l'inflammation amplifie la progression de la maladie. « Ce traitement avec l'extrait de plante est capable d'améliorer la motricité chez la souris, donc ça ralentit la maladie. On l'a testé sur plusieurs modèles de souris. On est encore en test parce qu'on essaie différentes concentrations. C'est positif », explique Jean-Pierre Julien.

Les chercheurs ont soumis une demande d'essai clinique (DEC) à Santé Canada. Ils travaillent depuis plus de deux ans à élaborer le protocole de recherche et à établir la meilleure concentration du produit à utiliser. Ils pensent pouvoir commencer l'essai au début de l'an prochain au plus tard.

En tout, une centaine de patients seront recrutés à travers le Canada pour participer à cet essai clinique. La moitié d'entre eux recevront un placebo.

Au Canada, près de 3000 personnes sont atteintes de la sclérose latérale amyotrophique, une maladie incurable qui mène graduellement à une paralysie totale. La SLA, mieux connue sous le nom de maladie de Lou Gehrig, est causée par la destruction des neurones moteurs qui acheminent les signaux du cerveau jusqu'aux muscles.

Essai coûteux

Cet essai clinique, qui durera entre six et neuf mois, coûtera au minimum 500 000 $, selon le chercheur. La recherche est financée par la Société canadienne de SLA, qui a amassé plus de 12 millions de dollars lors du défi du seau d'eau glacée.

« L'objectif premier sera de tester la toxicité de l'extrait de plante, mais s'il y a des effets mêmes minimalement positifs, on pourrait aller dans une deuxième étape, dans un test clinique plus important », indique M. Julien.

Actuellement, il n'y a aucun traitement efficace pour traiter la sclérose latérale amyotrophique. Un seul produit est sur le marché et il ne permet de prolonger la vie des patients que de trois mois environ. « C'est de l'espoir. Je ne veux pas prétendre que ça va guérir, mais si ça ralentit ou si ça aide les patients, c'est déjà une étape », note Jean-Pierre Julien.

Les chercheurs tentent aussi de développer un médicament à l'aide des éléments actifs de la plante, qui sont plus concentrés que l'extrait de racine et qui pourraient donc donner de meilleurs résultats.

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