•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec met de la pression sur la CSDM

La présidente de la Commission scolaire de Montréal était de passage dans nos studios.

Photo : Radio-Canada / Sarah Champagne

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation n'écarte pas de placer la CSDM sous tutelle si elle ne va pas de l'avant avec les compressions de 9 millions $ demandées. La CSDM réplique avoir fait ce qu'elle pouvait et se dit ouverte à toute solution qui ne met pas en péril les services aux élèves. Les professeurs de Montréal estiment pour leur part que le ministre Yves Bolduc comprend mal la réalité de l'école à Montréal.

Un reportage de Anne-Louise DespatieTwitterCourriel

 « À ce moment-ci, on n'a pas d'objectif de tutelle, c'est d'abord une évaluation de la situation », explique le ministre Bolduc, qui a annoncé l'envoie d'un vérificateur à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) pour faire le point sur la situation. 

La Commission scolaire nous dit qu'elle ne peut prendre plus de mesures, alors on va envoyer un évaluateur pour évaluer la situation et les mesures qui pourraient être prises.

Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc

Le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur (MELS) a autorisé une trentaine de commissions scolaires à réaliser des déficits au cours de l'exercice budgétaire en cours. Mais, selon le ministre Bolduc, la CSDM est la seule à ne pas avoir soumis de plan de redressement pour le 15 septembre, dans le but, croit-il, d'obtenir un plan étalé sur 5 ans.

Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc, au premier jour de la session parlementaire à Québec, le 16 septembre 2014.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc, au premier jour de la session parlementaire à Québec, le 16 septembre 2014.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

En déficit depuis 2008-2009, la commission scolaire est incapable d'appliquer les mesures gouvernementales pour retrouver une santé financière malgré l'aide du ministère. « Le geste que je pose aujourd'hui, c'est pour les élèves de Montréal », s'est défendu le ministre.

« Tout organisme public, à plus forte raison les plus grandes commissions scolaires du Québec, doit participer au redressement des finances publiques », a-t-il poursuivi. « Jusqu'à maintenant, c'est la seule commission scolaire qui n'a pas accepté de faire un plan de redressement. On avait accepté un certain niveau de déficit, mais ce qu'on a compris à la suite de la réunion d'hier, c'est qu'il ne soumettait pas de plan de redressement budgétaire. Il y a une obligation de faire plus. »

Devant le refus de la Commission scolaire de faire un pas dans la bonne direction, le gouvernement va prendre ses responsabilités et nous serons fermes. 

Yves Bolduc, ministre de l'Éducation du Québec

La CSDM réplique au ministre

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, a répliqué au ministre que ce qui pouvait être fait sans toucher aux services aux élèves l'avait été. La CSDM, de même que le conseil des commissaires, a par ailleurs précisé que le vérificateur que souhaite leur envoyer le gouvernement est bienvenu, et que, s'il trouve d'autres solutions, leur collaboration sera aux rendez-vous.

Madame Harel Bourdon a souligné qu'avec ses compressions de 5,4 millions la CSDM avait déjà fait les deux tiers du travail et précisé que sa commission doit en outre assumer seule, sans l'aide financière de Québec, son plan de qualité de l'air qui lui coûte 3 millions par année, ou encore les 10 millions de dollars consacrés aux élèves en difficulté d'apprentissage.

La CSDM réplique par ailleurs au ministre en lui soulignant qu'elle a un plan de redressement de 5 ans, depuis maintenant 3 ans, et qui mènera à l'équilibre budgétaire en 2016-2017.

On va être en déficit de 24 millions, on est sur un plan de redressement de cinq ans, puis on va travailler pour atteindre l'équilibre budgétaire. 

Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM

La CSDM a décidé de vendre des actifs – des terrains et des immeubles en l'occurrence – afin de financer son déficit. La vente des immeubles et des terrains inutilisés, dont la valeur est évaluée à 4 millions de dollars, permettra de respecter la moitié des 9 millions de dollars de compressions exigées par Québec.

Les professeurs critiques, les directeurs d'établissements plus nuancés

Pour l'Alliance des professeurs de Montréal, le ministre ne comprend pas bien la réalité de l'école à Montréal. Elle rappelle que Montréal compte 110 000 élèves, soit 10 % de l'ensemble des élèves scolarisés au Québec. 20 000 d'entre eux sont en difficultés d'apprentissage et 40 000 en situation de pauvreté. Si certaines commissions peuvent couper l'aide aux devoirs, la CSDM ne peut pas le faire, car 50 % de ses élèves n'ont pas le français comme langue maternelle, ajoute l'Alliance des professeurs.

Par ailleurs, l'Association montréalaise des directions d'établissements scolaires est plus nuancée. Elle estime qu'il est important d'assainir les finances de la CSDM et qu'un regard extérieur pourrait éventuellement aider à trouver des solutions.

Sa présidente, Hélène Bourdages, souhaite une plus grande implication des directions d'écoles dans la recherche de solutions budgétaires. « Il y a des lieux où on ne voit pas très clair dans ce que la Commission scolaire dégage comme information », ajoute Mme Bourdages.

Politique