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Les entrepreneurs latino-américains du Québec souffrent d'un manque de visibilité

Les produits Solo Fruit ont cumulé les prix et les honneurs et se trouvent maintenant dans les épiceries canadiennes, aux États-Unis et en Arabie Saoudite.

Les produits Solo Fruit ont cumulé les prix et les honneurs et se trouvent maintenant dans les épiceries canadiennes, aux États-Unis et en Arabie Saoudite.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté latino-américaine du Grand Montréal compte 125 000 membres, dont les dépenses annuelles se chiffrent à 7 milliards de dollars, révèle la première étude portant sur une communauté culturelle québécoise.

Un texte de Maxime BertrandTwitterCourriel

Les Québécois d'origine latino-américaine privilégient l'entrepreneuriat comme outil d'intégration. Nombreux d'ailleurs sont ceux qui parviennent à démarrer des entreprises.

Mais quand vient le temps de les faire prospérer, des obstacles surgissent, dont un manque de financement et d'accompagnement. De plus, les entrepreneurs latino-américains semblent peu enclins à se prévaloir de l'aide dont ils pourraient bénéficier, ce qui ajoute un obstacle de plus à leur parcours.

Enfin, les programmes gouvernementaux ne sont pas toujours adaptés à leurs besoins.

Solo Fruit se spécialise dans la fabrication de sorbets et de crèmes glacées à base de fruits.

Forte d'une production de 25 000 litres de sorbets par mois, de 15 employés et d'un chiffre d'affaires annuel qui avoisine les 5 millions de dollars, l'entreprise est vue comme une réussite.

L'entreprise Solo Fruit se spécialise dans la fabrication de sorbet et de crème glacée à base de fruits.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'entreprise Solo Fruit se spécialise dans la fabrication de sorbet et de crème glacée à base de fruits.

Pourtant, elle a failli flancher à deux reprises, explique son fondateur.

J'ai du fermer l'entreprise à un moment donné et la repartir.

Une citation de :Felipe Gallon

Solo Fruit, c'est Felipe Gallon, un Colombien d'origine, qui a choisi le Québec pour faire ses études en entrepreneuriat et se lancer en affaires, il y a 15 ans.

Il résume sa philosophie : « Il faut obligatoirement comprendre la communauté locale, s'intégrer, essayer de prendre le meilleur également de chez eux, garder le meilleur de chez nous afin de pouvoir faire d'un projet une réalité et un succès ».

Les produits Solo Fruit ont cumulé les prix et les honneurs et se trouvent maintenant dans les épiceries canadiennes, aux États-Unis et en Arabie saoudite.

Felipe Gallon n'est pas le seul entrepreneur issu de la communauté latino-américaine. Mais il est l'un des rares à avoir su se prévaloir de l'aide gouvernementale pour dépasser le stade de la micro-entreprise.

Pourtant, les entrepreneurs latinos ne manquent pas, selon la Chambre de commerce latino-américaine du Québec (CCLAQ)

Nous avons une facilité à démarrer des compagnies, c'est dans notre ADN. Au cours des 10 dernières années, nous avons créé quelque 1400 petites et moyennes entreprises au Québec. Ces 1400 PME emploient quelque 3000 employés et génèrent 200 millions de dollars en chiffre d'affaires annuel.

Une citation de :Le président de la Chambre de commerce latino-américaine du Québec, Sergio Escobar

Mais ces entrepreneurs sont, pour la plupart, méconnus. « Quand moi je vais parler à quelqu'un du gouvernement, souvent ils me disent : "Comment ça y a des compagnies latino-américaines?" Parce que c'est inaperçu », soutient Sergio Escobar.

Inaperçu, parce que les entrepreneurs se fondent dans la société d'accueil et ils sont habitués à se débrouiller seuls.

Et comme ils ont souvent fui des dictatures, ils s'abstiennent de recourir à l'aide gouvernementale, même s'ils en ont besoin. Or, ce soutien risque de disparaître, faute de postulants.

C'est pour les faire sortir de l'ombre que des chercheurs de l'UQAM, de HEC-Montréal et la Chambre de commerce latino-américaine ont tracé leur portrait.

Selon la Chambre de commerce, le gouvernement doit trouver des stratégies afin d'aborder les entrepreneurs latinos et d'adapter les programmes de financement et d'accompagnement à leurs besoins. C'est ce qui aidera un plus grand nombre d'entre eux à se distinguer, comme Felipe Gallon.

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