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Des coyotes à l'attaque du caribou de la Gaspésie

Caribou
Caribou Photo: www.sepaq.com
Radio-Canada

Des hybrides du coyote et du loup s'attaquent au caribou de la Gaspésie dont la population a fortement décliné au cours des dernières années. Ce coyote plus massif rôde sur les sommets des montagnes et s'en prend aux femelles gestantes du troupeau de caribous.

Le directeur du parc de la Gaspésie, Pascal Lévesque, explique que les bêtes sont robustes et plus rusées et font aussi plus de dégâts. « Nos coyotes sur les sommets de montagnes sont plus costauds, sont un peu plus stratégiques, pensent comme des loups un peu. Ils font plus de ravages, c'est moins "l'occasion fait le larron", leur affaire, ils comprennent certains patrons de déplacement des caribous, ils savent qu'il y a du manger en haut de la montagne. »

Le troupeau a perdu près du deux tiers de sa population entre 2007 et 2012 et compte moins de 100 bêtes présentement. Un caribou vit entre 10 et 20 ans. « Ce n'est pas long à l'âge adulte pour se reproduire et assurer la pérennité du troupeau », commente Pascal Lévesque.

Évolution de la population du troupeau de caribous du parc national de la Gaspésie entre 2007 et 2012
Nombre de bêtes en 2007 : 233 
Nombre de bêtes en 2008 : 173
Nombre de bêtes en 2009 : 159
Nombre de bêtes en 2010 : 157
Nombre de bêtes en 2011 : 72
Nombre de bêtes en 2012 : 85

Les gestionnaires du parc de la Gaspésie mettront en place cet hiver des mesures de contrôle de la population de coyotes dans le parc.

La direction du parc planifie d'intervenir en février lors de la période d'accouplement du coyote. Cette intervention pourrait permettre de protéger les femelles gestantes. « Chaque fois qu'on en élimine un, on a plus de chances d'avoir un faon au printemps », commente Pascal Lévesque.

Historiquement, le contrôle des prédateurs s'effectuait au printemps et à l'été, pour protéger les faons de l'année.

Études en cours

null Photo : Mark Post- Penn State U

Au cours des dernières années, les gestionnaires du parc de la Gaspésie visaient un objectif de reproduction de 17 % de la population. Sous ce seuil, indique Pascal Lévesque, la population décline. « Malheureusement, au cours des dernières années, il y a eu très peu de renouvellement, on était en deçà des 10 %, voire des années où il y a eu zéro pour cent de taux de renouvellement des faons », constate le directeur du parc de la Gaspésie.

Une étude est en cours depuis trois ans avec l'UQAR sur la population de caribous pour comprendre l'ensemble des causes du déclin du petit cheptel.

Des appareils photo ont été installés à des endroits stratégiques dans le parc pour analyser entre autres les interactions entre les randonneurs et les caribous ou entre les prédateurs et les caribous.

Des prélèvements biologiques ont aussi été réalisés pour connaitre l'état de santé des bêtes, vérifier la présence de parasites et examiner leur alimentation.

Le caribou compte aussi l'ours noir parmi ses prédateurs. La perte, la fragmentation et la transformation de l'habitat du caribou par la déforestation hors des limites du parc font aussi partie des causes ultimes du déclin du troupeau.

Tout n'est pas noir pour l'espèce, en 2013, les employés du parc rapportaient la présence de 19 faons dans le secteur des monts McGerrigle et notaient très peu de signes de présence de prédateurs dans l'aire de fréquentation du caribou. 

Est du Québec

Environnement