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Forages à Cacouna : les projecteurs tournés vers les études scientifiques

La barge Océan de TransCanada effectuera des travaux de forage afin de vérifier s'il sera possible de construire un port pétrolier à Cacouna.

La barge de TransCanada effectuera des travaux de forage afin de vérifier s'il sera possible de construire un port pétrolier à Cacouna.

Photo : Greenpeace/Mikaïl Rioux

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le dossier de forages exploratoires de TransCanada à Cacouna s'est, une fois de plus, transporté dans l'enceinte du palais de justice de Montréal. Une demande d'injonction interlocutoire d'organismes a été entendue, mercredi.

Quatre groupes environnementalistes tentent ainsi de bloquer les opérations à Cacouna où la compagnie albertaine souhaite construire un port pétrolier dans le cadre de son projet d'oléoduc Énergie Est.

L'avocat des groupes écologistes, Me Michel Bélanger, a déposé des documents d'échanges entre des fonctionnaires des gouvernements du Québec et du Canada pour tenter de démontrer qu'aucune étude scientifique sérieuse n'a été demandée pour déterminer l'impact des travaux de forage sur l'habitat des bélugas.

Deux comptes rendus, un de Québec et l'autre de TransCanada, font ainsi état d'une rencontre entre des fonctionnaires du ministère de l'Environnement et TransCanada.

Manque d'information sur les bélugas

Un élément nouveau est ressorti dans le compte rendu du ministère, dont la justesse est contestée par TransCanada : le spécialiste des bélugas, embauché par TransCanada, le docteur Rolph Davis, affirme qu'il n'existe pas de données sur l'impact de l'exposition au bruit sur les veaux. Cette affirmation ne se retrouve toutefois pas dans les documents produits par la compagnie à la suite de cette rencontre.

Les deux comptes rendus convergent tout de même vers un fait : le manque d'information sur l'utilisation de l'estuaire par les bélugas.

Me Bélanger a aussi plaidé que ce n'est pas parce qu'une décision est difficile à prendre qu'elle ne doit pas être prise et assumée par les décideurs gouvernementaux.

De son côté, TransCanada dit réserver ses commentaires après la décision de la Cour supérieure du Québec. La compagnie albertaine assure que ses activités sont moins dommageables que celle des bateaux d'observation de bélugas. D'ailleurs, si 16 forages sont prévus, la pétrolière dit vouloir attendre les analyses de Québec après 2 forages.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande que les avis scientifiques utilisés soient rendus publics. Le NPD avance qu'une étude de moins de deux pages, de la part d'un seul biologiste, a permis l'autorisation de forages exploratoires géotechniques qui actuellement lieu au large de Cacouna.

Les environnementalistes veulent assurer la protection des bélugas dans ce secteur reconnu comme étant le pouponnière du mammifère marin. Ils demandent à la Cour supérieure du Québec d'ordonner l'arrêt des travaux de forage.

La demande d'injonction interlocutoire survient à la suite du rejet d'une première requête en injonction provisoire, le 2 septembre dernier.

En mai dernier, les environnementalistes avaient aussi demandé à la Cour de prononcer une injonction afin de faire cesser les travaux de TransCanada. Le Cour n'avait pas eu à trancher puisque les deux parties s'étaient entendues. La compagnie albertaine s'était engagée à attendre le feu vert du ministre québécois du Développement durable de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, pour des forages, un feu vert qui a été donné le 21 août.

« À la lumière des informations que nous avons recueillies dans les derniers jours, nous pensons que notre preuve est bonifiée. Nous avons des éléments plus solides à faire valoir. Puis, les travaux viennent de commencer, c'est encore pertinent de s'adresser aux tribunaux pour arrêter les travaux qui devraient durer jusqu'au mois d'octobre », a expliqué l'avocat du Centre québécois du droit en environnement, Alexandre Desjardins.

Les organismes demandeurs sont le Centre québécois du droit de l'environnement, la Fondation David Suzuki, Nature Québec et la Société pour la nature et les parcs du Canada.

Des tribunaux à l'Assemblée nationale

Les travaux de TransCanada ne font pas seulement des vagues au palais de justice de Montréal, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de développement durable et d'environnement, Sylvain Gaudreault a accusé le ministre Heurtel d'avoir donné une autorisation pour les forages sans aucun véritable avis scientifique.

« Le ministre s'en remet complètement à Pêches et Océans Canada qui pourtant ne produit aucune véritable étude scientifique », a dit le député de Jonquière.

« Tout ce que le ministre propose, c'est d'installer une traverse à bélugas dans le fond du Saint-Laurent en espérant que TransCanada ou les bélugas respectent le feu clignotant. »

— Une citation de  Le député Sylvain Gaudreault

Selon Sylvain Gaudreault, le gouverment libéral a émis des autorisations sans avoir un portrait d'ensemble que pourrait apporter le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

« Il faut bien comprendre que nous sommes aux étapes préliminaires du projet, le BAPE va se pencher sur l'ensemble de ces questions. Une fois que nous aurons toutes les réponses, le gouvernement prendra ses responsabilités et défendrait les intérêts du Québec », a répliqué le ministre Heurtel qui a promis, en mai, qu'un BAPE allait être tenu sur le projet Énergie Est.

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