•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le président ukrainien reconnaissant envers le Canada

Le premier ministre Harper en compagnie du président Porochenko de l'Ukraine à Newport

Photo : Andrew Winning / Reuters

Radio-Canada

Le président ukrainien Petro Porochenko a prononcé aujourd'hui un discours devant les membres de la Chambre des communes et du Sénat, à l'occasion de sa première visite officielle au Canada.

Se disant honoré de prendre la parole devant le Parlement, M. Porochenko a pris le temps de prononcer quelques paroles en ukrainien, « la troisième langue officielle du Canada », a-t-il dit en plaisantant.

Rappelant quelques grands noms d'origine ukrainienne qui ont marqué l'histoire canadienne – le gouverneur général Ray Natishyn et la « merveille » Wayne Gretzky – M. Porochenko a remercié le Canada pour son appui. Un appui qui s'est avéré déterminant, surtout durant la période de la révolution qui a mené à la destitution de Victor Ianoukovitch. Il est vrai qu'avec une diaspora de plus de un million d'habitants d'origine ukrainienne, le Canada est un important allié de Kiev dans la crise qui l'oppose à la Russie.

« C'est dans le besoin qu'on reconnaît ses vrais amis, a déclaré M. Porochenko. À titre de commandant en chef des armées et père d'un soldat, je remercie les Canadiens pour les casques et les vestes pare-balles que vous nous avez donnés. »

M. Porochenko s'est félicité de la ratification de son accession à l'Union européenne, tout en précisant vouloir se rapprocher de l'OTAN. Un rapprochement contre lequel la Russie le met en garde.

Le président ukrainien veut un « statut spécial » d'allié non-membre. M. Porochenko a dit aujourd'hui qu'il « compte vraiment » sur le soutien du Canada pour arriver à obtenir ce statut.

Le titre d'allié non-membre lui permettrait par exemple de bénéficier de la livraison de certains types d'armement et d'échanges de données du renseignement.

Le président ukrainien a aussi souhaité un rapprochement économique avec le Canada, évoquant un éventuel accord de libre-échange.

Manifestation d'appui devant le parlement

Pendant que les dirigeants s'échangeaient de bons mots dans l'enceinte du parlement, des manifestants ukrainiens saluaient la présence du président Porochenko.

L'un d'eux, un Canadien d’origine ukrainienne qui a fait la route de Montréal jusqu’à Ottawa, a dit : « C’est important pour nous parce qu’on veut montrer notre solidarité avec le peuple ukrainien. Le peuple ukrainien veut s’intégrer à l’Europe et adopter les valeurs européennes et tout le monde s’est rassemblé pour montrer leur support. »

Le président ukrainien Petro Porochenko serre la main de partisans canadiens d'origine ukrainienne devant le parlement.

Le président ukrainien Petro Porochenko sert la main de partisans canadiens d'origine ukrainienne devant le parlement.

« On est très reconnaissants envers le gouvernement canadien parce que c’est un vrai ami du peuple ukrainien, a-t-il poursuivi. Est-ce que je suis satisfait? On pourrait toujours en faire plus, mais on est très reconnaissants et on se trouve parmi des amis. »

MM. Harper et Porochenko ont échangé des témoignages de reconnaissance et de soutien mutuels, soulignant les liens historiques qui unissent les deux nations.

Le premier ministre canadien a rappelé que c'est le Canada, sous le premier ministre Brian Mulroney, qui a été le premier à reconnaître l'indépendance de l'Ukraine. Rappelant avoir lui-même assisté à l'assermentation de M. Porochenko en juin dernier à Kiev, M. Harper a souligné l'appui indéfectible du Canada envers les Ukrainiens.

M. Harper a indiqué que le Canada ne reconnaîtrait jamais – « ni dans 5 mois ni dans 50 ans – un morcellement du territoire ukrainien ». Il a également ajouté que le Canada avait imposé des sanctions économiques à la Russie et soutenu l'Ukraine financièrement et logistiquement.

Il ne s'agit pas seulement de liens historiques ou de principes, a souligné M. Harper. « C'est une question de famille. Cela nous touche profondément et nous nous souviendrons. »

Tout en déplorant l'intimidation russe, M. Harper a précisé qu'en défendant la cause ukrainienne, le Canada défendait ses propres valeurs de démocratie, de justice et de liberté.

Après sa visite canadienne, Petro Porochenko se rendra aux États-Unis pour rencontrer Barack Obama. Il s'agit d'une visite capitale, selon Dominique Arel, titulaire de la Chaire d'études ukrainiennes de l'Université d'Ottawa, les États-Unis étant une grande puissance militaire.

« Il y a des discussions publiques et il y a des discussions derrière les rideaux », estime M. Arel. « C'est clair que ni le Canada ni les États-Unis ne vont le dire ouvertement... On parle d'aide non létale, d'équipement militaire, d'experts, d'argent; mais éventuellement, ils [les Ukrainiens] veulent des armes. Seulement la Pologne s'est mouillée jusqu'à présent », a-t-il précisé.

La situation ukrainienne

MM. Harper et Porochenko ont également discuté du plan de paix annoncé entre l'Ukraine, la Russie et les séparatistes prorusses le 5 septembre dernier.

Le gouvernement fédéral, qui a exprimé à de nombreuses reprises son soutien à Kiev, a annoncé à l'occasion de cette visite une nouvelle aide humanitaire de 3 millions de dollars. Cette somme servira à aider ses partenaires internationaux à fournir des soins médicaux, des aliments, de l'eau potable, des installations sanitaires et d'hygiène, des refuges, des services de protection d'urgence à l'enfance et des services d'intervention et de préparatifs d'urgence à la population ukrainienne.

Stephen Harper a été le premier dirigeant membre du G7 à visiter l'Ukraine dans les débuts de la crise, plus tôt cette année.

Le Canada a déjà mentionné qu'il enverrait des observateurs lors des élections parlementaires ukrainiennes du 26 octobre.

La visite officielle du président Porochenko s'effectue pendant que Moscou annonce le renforcement de ses positions militaires en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée en mars par Moscou.

Hier, le Canada a annoncé de nouvelles sanctions économiques contre la Russie au moment où le Parlement ukrainien et l'Union européenne scellaient un accord d'association et de libre-échange.

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier

Politique