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Nomination controversée à l'Université de Moncton : le processus reprend pour nommer le doyen de la Faculté de droit

Université de Moncton

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le Conseil des gouverneurs de l'Université de Moncton reprendra le processus visant à nommer un nouveau doyen à la Faculté de droit, à la suite du tollé suscité par la nomination imminente d'un candidat controversé.

La candidature a été rejetée au cours d'une rencontre du Conseil des gouverneurs tenue durant la fin de semaine. Le poste sera affiché de nouveau, et un doyen par intérim sera nommé en attendant la nomination du nouveau doyen.

La proposition du candidat avait suscité un malaise au sein du corps professoral. L'avocat professeur Denis Roy, qui avait également postulé, mais n'avait pas été retenu, avait d'ailleurs écrit une lettre au recteur Raymond Théberge pour décrier ce choix de l'Université. Selon lui, le candidat pressenti n'avait pas les compétences requises, notamment parce qu'il n'avait pas de maîtrise en droit (LLM) et ne possédait pas de doctorat.

Me Roy soutenait que si ce candidat était choisi, il deviendrait l'un des trois seuls doyens au pays à ne pas détenir de doctorat ou de LLM.  Il dénonçait aussi le fait que le candidat n'ait pas de publications à son nom dans une revue arbitrée.

Les activités liées à la recherche sont pourtant une composante importante de la définition du rôle d'un doyen. Selon l'article 59 des Statuts et règlements de l'Université de Moncton, qui définit les tâches incombant à ce poste, plusieurs points demandent une participation du doyen au processus de recherche.

Article 59 2n) encourager, favoriser et coordonner les travaux de recherche du corps professoral 

Statuts et règlements de l'Université de Moncton

Les exigences avaient d'ailleurs été modifiées au cours de ce processus de nomination. Pour ce concours, « posséder une expérience en enseignement et en recherche de niveau universitaire » était « un atout ». Et une expérience de gestion est considérée « comme essentielle », alors que les exigences habituelles demandaient que le candidat « ait de l'expérience en enseignement, en recherche, ainsi qu'une expérience en gestion jugée pertinente ».

L'Association des bibliothécaires, professeures et professeurs de l'Université de Moncton (ABPPUM) avait d'ailleurs appuyé les propos de Me Roy, dénonçant le fait que l'Université de Moncton ait réduit pour la première fois les exigences pour ce poste en raison du manque de candidatures. L'Association demandait que le recteur suspende le processus et en amorce un nouveau.

La FÉÉCUM applaudit la décision

Moncef Lakouas, Fédération des étudiantes et étudiants du centre universitaire de Moncton

Moncef Lakouas, président de la Fédération des étudiantes et étudiants du centre universitaire de Moncton

Le président de la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM), Monsef Lakouas, estime qu'il s'agit d'un tournant important, qui engage l'Université dans la voie souhaitée par la FÉÉCUM. 

C'est une décision judicieuse dans la mesure que les gouverneurs se sont prononcés, et je dirais pour la première fois, en ce qui a trait à l'excellence et à la transparence dont devrait faire preuve l'Université de Moncon.

Monsef Lakouas, président de la FÉÉCUM

Il ne commente pas la décision de rejeter la candidature, mais juge que si le processus reprend pour trouver un candidat ayant de meilleures compétences, « il s'agit d'une bonne chose ». À son avis, les exigences devraient être modifiées pour être « nivelées à la hausse, et non à la baisse. »

Il estime également que les compétences universitaires devraient primer sur l'expérience en gestion. 

« On est dans un domaine universitaire, académique. On est dans un milieu où cette personne est appelée à gérer des académiciens, de professeurs, des doctorants, des étudiants. Dans ce cas-ci, cette personne devrait être au même niveau intellectuel, académique et professionnel que les personnes qui font partie de ce même système. »

Ça se peut qu'on est en train de causer que les pairs deviennent dans un certain niveau qu'ils ont plus de connaissance que la personne qui gère elle-même, et ça, ça peut causer des conflits.

Monsel Lakouas, président de la FÉÉCUM

L'Université de Moncton, pour sa part, n'a pas voulu commenter cette affaire, expliquant qu'il s'agit d'un processus interne. Elle a simplement mentionné que le processus allait reprendre, mais sans préciser si les exigences allaient être modifiées de nouveau.

Acadie

Éducation