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Moncton dénonce la hausse de salaire accordée aux pompiers de la Ville

Caserne de pompiers, Moncton, N.-B.

Caserne de pompiers, Moncton, N.-B.

Radio-Canada

Moncton conteste une augmentation salariale de 16 % sur 4 ans accordée aux pompiers de la ville.

L'augmentation a été décidée par un arbitrage, selon la Loi sur les relations industrielles du Nouveau-Brunswick, puisque les pompiers n'ont pas le droit de grève, étant donné qu'ils offrent un service essentiel.

Les pompiers exigeaient une augmentation de 25% de leur salaire, alors que la Ville visait plutôt 5%. L'arbitre a tranché en faveur des pompiers, qui sont les moins bien payés dans la province.

L'entente est rétroactive à compter de 2012, et se terminerait au 31 décembre 2015.

Augmentation salariale pour un pompier de première classe (selon la nouvelle entente)

2012  69 865$

2015  78 400$

Source: Moncton 2014 Arbitration Award

La décision d'arbitrage se base sur le salaire des pompiers dans les autres villes des provinces de l'Atlantique, comme Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Une décision injuste pour les autres travailleurs syndiqués

La Ville rejette cette comparaison, puisqu'il s'agit de salaires qui n'ont pas été négociés.

Elle dit maintenant avoir les mains liées par la Loi sur les relations industrielles, et soutient qu'elle va maintenant devoir verser des salaires qu'elle n'a pas les moyens de payer.

« Le but de cette loi-là était de jumeler l'arbitrage avec ce qui aurait été négocié face à face à la table des négociations » explique Jacques Dubé, directeur municipal de la Ville de Moncton. « Ce n'est pas ça qu'on a vu. Depuis 1992, on a calculé qu'on a payé 100 millions de plus, en salaires, pour les services policiers, les services d'incendie, que s'il y avait eu des négociations face à face, des négociations syndicales avec l'employeur. » 

Depuis 2008, il y a eu des hausses salariales de 33 %, accordées par les arbitres. 33 % sur 7 ans [fin de la nouvelle entente], cela met en question la viabilité du service d'incendie. 

Jacques Dubé, directeur municipal de la Ville de Moncton

Jaques Dubé estime que cette hausse n'est pas équitable pour la Ville, les autres syndicats et les contribuables. Il soutient que ce n'est pas la valeur des pompiers qui est remise en cause, mais l'équité salariale entre tous les groupes syndiqués travaillant au sein de la Ville de Moncton.

« Les travailleurs syndiqués ici, à l'hôtel de ville, on a négocié l'an dernier une entente de 6 %. 1,5 % par année, en moyenne, pour 4 ans » explique-t-il, à titre de comparaison.

Jacques Dubé, directeur municipal de la Ville de Moncton, explique qu'il s'agit d'une décision qui n'est pas équitable pour les autres syndiqués

Des pompiers satisfaits

Al Mitton, de l'Association des pompiers de Moncton, estime qu'il s'agit d'une décision raisonnable, et que l'arbitre a tranché la poire en deux, considérant les demandes des deux partis.

M. Mitton explique qu'il ne peut pas commenter la situation financière de la Ville, qu'il ne connaît pas. Il souligne toutefois que la seule information qui est livrée aux citoyens, via les médias, est que la ville est en pleine croissance. Il comprend mal pourquoi la Ville affirme maintenant qu'elle est en difficultés, et ne peut payer ces salaires. 

Il rappelle d'ailleurs que les pompiers ont accepté des salaires moindres, il y a quelques années, lorsque la Ville était en difficulté financière, et que celle-ci avait promis de hausser les salaires lorsque la situation serait au beau fixe.

M. Mitton rappelle également que plusieurs pompiers ont quitté, récemment, en raison des mauvaises conditions de travail, et que la Ville doit faire un effort pour conserver ses effectifs. 

Pendant ce temps, l'Association des cités du Nouveau-Brunswick souhaite, elle aussi, une modification de la Loi sur les relations industrielles. Elle veut d'ailleurs soumettre dès l'année prochaine une liste de recommandations au nouveau gouvernement de la province. 

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Acadie

Relations de travail