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Avortement au Nouveau-Brunswick : un sujet tabou en campagne électorale

Avortement

Une clinique d'avortement

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'accès à des services d'avortement est devenu compliqué au Nouveau-Brunswick, en raison de la fermeture, en juillet, de la seule clinique privée pratiquant des interruptions volontaires de grossesse dans la province. Depuis, de nombreuses personnes réclament l'amélioration des services, mais ce sujet reste peu abordé au cours de la campagne électorale.

La fermeture de la clinique Morgentaler, à Fredericton, a suscité une foule de réactions dans la province. Les femmes qui veulent se faire avorter n'ont désormais qu'une seule option, soit obtenir l'autorisation de deux médecins pour subir un avortement dans un hôpital. 

L'accès à l'avortement est un enjeu controversé au Nouveau-Brunswick et divise l'opinion. De nombreuses manifestations pro-vie et pro-choix ont suivi l'annonce de la fermeture de la clinique.

« Personnellement, moi je suis contre », affirme Jean-Jacques Ferguson, un électeur de Dieppe.

« Le Nouveau-Brunswick est backwards. La clinique n'aurait pas dû fermer », soutient pour sa part une autre électrice, Sylvette Leblanc.

Un sujet controversé

Le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur n'ont pas voulu accorder d'entrevue de fond sur le sujet à Radio-Canada, mais les chefs de ces deux partis ont tout de même réitéré leur position, du bout des lèvres, lorsqu'on les a interrogés à ce sujet durant la campagne électorale.

Le chef conservateur, David Alward, n'a pas l'intention de rouvrir le débat. Il a récemment répété que son parti maintiendra le « statu quo », s'il est réélu.

Manifestation pro-choix à FrederictonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Michel Corriveau/Radio-Canada

Quant au chef libéral, Brian Gallant, même s'il n'adopte pas une position aussi tranchée que son homologue fédéral Justin Trudeau, qui exige que ses candidats soient pro-choix, il s'affiche en faveur d'une étude sur les obstacles liés à l'avortement.

Depuis la fermeture de la clinique Morgentaler, le jeune chef a précisé qu'il était prêt à accepter des candidats pro-vie dans ses rangs, mais que les députés devront appuyer l'idée d'un meilleur accès à l'avortement, s'il devait y avoir un vote sur la question à l'Assemblée législative.

« N'importe qui qui se présente pour nous va avoir besoin d'appuyer la position établie dans notre plateforme », dit-il.

La déclaration de Brian Gallant pourrait toutefois causer un dilemme à certains électeurs et candidats, comme le candidat libéral de Miramichi, Bill Fraser, qui se dit ouvertement contre l'avortement.

Positions des partis :

Parti progressiste-conservateur : Aucune mention dans la plateforme, mais le chef David Alward veut maintenir le statu quo.

Parti libéral : « Nous allons respecter la Cour suprême du Canada et la primauté du droit. Un gouvernement libéral identifiera tous les obstacles qui entravent le droit de choisir des femmes et les éliminera. »

Nouveau Parti démocratique : Aucune mention dans la plateforme, mais le chef Dominic Cardy s'est prononcé en faveur de l'abolition du règlement 84-20, qui exige l'obtention de l'autorisation de deux médecins pour subir un avortement dans un hôpital.

Parti vert : « Le règlement 84-20 de la loi sur le paiement des services médicaux, qui exige que les femmes obtiennent la permission de deux médecins avant d'avoir accès aux services d'avortement, sera aboli. »

L'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick : Aucune mention dans la plateforme, mais le chef Kris Austin s'est prononcé en faveur le statu quo.

Pression des militants

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick aimerait que la campagne électorale soit l'occasion d'obtenir des engagements fermes de la part des partis pour un meilleur accès à l'avortement.

L'association souhaite que les partis s'engagent à abroger le règlement 84-20, qui force les femmes à obtenir la signature de deux médecins pour subir un avortement en milieu hospitalier. La porte-parole du Regroupement féministe en matière de droit reproductif, Madeleine Arseneau, aimerait aussi que les partis s'engagent à multiplier les points d'accès à l'avortement.

Manifestation pro-vie à FrederictonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Michel Corriveau/Radio-Canada

Campaign Life Coalition mène le combat inverse. L'organisme national pro-vie incite les électeurs qui sont contre l'avortement à tourner le dos aux candidats du Parti libéral, en raison de la directive donnée par leur chef Brian Gallant.

« C'est rendu très difficile pour ces gens-là [les candidats libéraux pro-vie] de voter pour leur conscience, alors on dit de les exclure », déclare la lobbyiste du groupe, Johanne Brownrigg.

Fermeture de la clinique

La clinique Morgentaler a fermé ses portes à la fin de juillet, en raison d'un manque de financement. Depuis la mort du fondateur Henry Morgentaler, la clinique peine à se maintenir à flot.

La clinique pratiquait 500 interruptions de grossesse par année en moyenne, depuis 20 ans. Les clientes étaient surtout des femmes du Nouveau-Brunswick et de l'Île-du-Prince-Édouard, une province qui n'offre aucun service d'avortement sur son territoire.

Les deux provinces sont considérées comme étant celles qui offrent le pire accès à l'avortement au pays.

Le nombre d'établissements offrant des services d'avortement au CanadaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les services d'avortement au Canada

Photo : Coalition pour le droit à l'avortement au Canada


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