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Obama promet des frappes contre les djihadistes, où qu'ils soient

Le président a dévoilé sa stratégie visant à « détruire et affaiblir » l'État islamique dans une allocution à la nation télédiffusée mercredi soir.

Photo : La Presse canadienne / Saul Loeb

Radio-Canada

Le président américain, Barack Obama, est prêt à lancer des frappes aériennes en Syrie pour combattre l'État islamique (EI) et annonce que les raids contre les djihadistes seront étendus en Irak.

Il faudra des années pour éradiquer ce cancer qu'est l'État islamique.

Barack Obama

Dans un discours de 13 minutes prononcé depuis la Maison-Blanche, mercredi soir, M. Obama a annoncé l'envoi de 475 conseillers supplémentaires pour épauler les forces irakiennes. L'aide militaire destinée à l'opposition syrienne sera aussi augmentée.

Les États-Unis s'engagent dans une vaste campagne militaire visant à « affaiblir et à détruire » le groupe extrémiste, a affirmé le président. Il s'agit d'une mission fondamentalement différente de celles menées ces dernières années en Irak et en Afghanistan, étant donné qu'aucun militaire américain ne sera déployé au sol, a-t-il tenu à préciser.

M. Obama a rappelé que son pays avait lancé « avec succès » 150 frappes militaires contre des cibles de l'État islamique en Irak. La liste des cibles sera augmentée, a-t-il dit, pour inclure les « installations stratégiques, logistiques et opérationnelles » de l'état-major des djihadistes.

Le président dit compter désormais sur une « vaste coalition » de pays alliés qui prendront part à l'effort pour combattre les djihadistes.

J'ai dit clairement que nous traquerons les terroristes qui menacent notre pays où qu'ils soient. Cela signifie que je n'hésiterai pas à agir contre l'EI en Syrie, ainsi qu'en Irak.

Barack Obama

Le président demande au Congrès l'autorisation d'entraîner et d'armer les rebelles syriens qui combattent à la fois l'État islamiste et les troupes loyalistes du président Bachar Al-Assad en Syrie. Le gouvernement devra aussi débloquer la somme de 500 millions de dollars.

L'Arabie saoudite, un des plus importants alliés des États-Unis au Moyen-Orient, a offert d'accueillir les bases d'entraînements, a-t-il précisé. Il dit avoir l'autorité d'aller de l'avant avec son opération, mais qu'il préfère avoir l'appui du Congrès en signe d'unité.

Le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehener, n'a pas semblé emballé par le discours du président. Il a reconnu que M. Obama avait présenté des arguments solides pour des actions, il n'avait pas présenté un plan concret.

« Un discours n'est pas la même chose qu'une stratégie », a-t-il commenté.

Les États-Unis continueront aussi d'acheminer de l'aide humanitaire aux populations qui subissent les exactions des militants de l'EI.

Le Canada derrière les États-Unis

Le directeur des communications du premier ministre Stephen Harper a réitéré, après le discours, l'appui du Canada à la stratégie américaine. Il a rappelé que le Canada avait envoyé des conseillers et de l'aide humanitaire en Irak. Jason MacDonald a toutefois exclu que le Canada envoie des effectifs militaires en Syrie.

« Nous poursuivrons les terroristes qui menacent notre pays, où qu'ils soient »

Le président a voulu faire œuvre de pédagogie, en expliquant aux Américains que l'EI était une organisation terroriste qui menace la stabilité au Moyen-Orient et qui met en danger le personnel américain sur place.

L'État islamique n'a rien à voir avec l'islam. Aucune religion ne demande de tuer des innocents [...]. Et l'État islamique n'est pas un État [...]. Aucun gouvernement ou peuple ne le reconnaît comme tel. C'est une organisation terroriste, pure et simple. Sa seule vision est le massacre de ceux qui se trouvent sur son chemin.

Barack Obama

Il a aussi rappelé la décapitation par les djihadistes de deux journalistes, James Foley et Steven Sotloff, qui a choqué le public américain.

Barack Obama a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'une guerre américaine. « Ce n'est pas notre guerre personnelle. La puissance américaine peut apporter une contribution décisive mais nous pouvons faire cette guerre à la place des Irakiens. Nous ne pouvons pas non plus remplacer nos partenaires arabes pour rendre la région plus sûre. Notre objectif est clair : nous affaiblirons et, à terme, détruirons l'État islamiste par une stratégie globale de contre-terrorisme ».

Notre dossier

Le président s'était attiré les critiques de ses adversaires et d'une partie du public après avoir dit plus tôt cet été que les États-Unis n'avaient pas encore de stratégie pour lutter contre les djihadistes. Il avait aussi refusé de s'impliquer militairement en Syrie, l'an dernier, malgré l'usage par le régime de Bachar Al-Assad d'armes chimiques, un crime qu'il avait promis de punir.

Les États-Unis appuient les forces gouvernementales irakiennes et kurdes en bombardant depuis le début d'août les combattants radicaux sunnites de l'EI.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

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