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Forages à Cacouna : le PQ veut faire stopper les travaux

Cacouna : TransCanada est prêt
Radio-Canada

Les forages exploratoires de TransCanada, qui souhaite construire un port pétrolier au Bas-Saint-Laurent dans le cadre de son projet d'oléoduc Énergie Est, devaient commencer dans le fleuve Saint-Laurent en face de Cacouna. Toutefois, la barge qui sert aux travaux a été remorquée vers le port de mer de Cacouna en matinée. Pendant ce temps à Québec, les députés péquistes Sylvain Gaudreault et Bernard Drainville demandent que les travaux prévus soit annulés. 

Un texte d'Isabelle St-PierreTwitterCourriel et de Rosalie Gosselin-Couture

La barge avait été envoyée sur le fleuve mercredi en fin de journée et tôt ce matin. Ces forages géotechniques devaient être lancés le 4 septembre dernier. La compagnie albertaine avait mentionné qu'elle allait commencer les travaux si les conditions météorologiques le permettaient.

Les forages géotechniques visent à étudier la composition du sol-marin. Ils permettront de déterminer les emplacements du possible terminal maritime. 

Les porte-paroles de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement et en matière d’énergie, de ressources naturelles et de développement nordique réclament une évaluation générale du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

« Ce qu'on voit pour l'instant, ce sont des risques environnementaux, sur le plan de la sécurité. On se demande qu'est-ce que les Québécois obtiennent en retour. Il y a une disproportion entre les risques et les bénéfices annoncés », ont dit les députés.

On a toujours l'impression que c'est l'agenda de TransCanada qui a préséance sur l'intérêt public dans ce dossier

Le député Marie-Victorin, Bernard Drainville

MM. Gaudreault et Drainville reprochent au gouvernement libéral de Philippe Couillard d'avoir précipité les choses en accordant un certificat d'autorisation à la compagnie albertaine, avant la tenue d'un BAPE.

« Le BAPE qui doit assurer une vision d'ensemble [...] est même pas déclenché. On se demande qu'est-ce qui presse dans ce dossier, a mentionné Bernard Drainville. Quelle est la raison pour laquelle ils mettent la charrue devant les boeufs... ou les bélugas. »

Rappelons que le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, a annoncé en mai que le BAPE évaluerait le projet de TransCanada.

Ils demandent aussi au ministre Heurtel de fournir l'assurance que toutes les lois québécoises seront respectées dans le cadre de ce projet. Le Parti québécois dit craindre les risques environnementaux. Le parti de l’opposition croit que les bénéfices économiques pourraient être moindres pour le Québec.

Lors de la conférence de presse des deux députés péquistes, il a été question du projet d'Enbridge. L'ancien gouvernement péquiste de Pauline Marois, s'était dit favorable, sous quelques conditions, au projet d'inversion du flux de l'oléoduc d'Enbridge entre North Westover et Montréal. Le pétrole acheminé proviendrait en bonne partie des sables bitumineux, tout comme le projet de TransCanada. Les députés ont expliqué que leur ancien gouvernement avait été transparent et avait imposé 18 conditions.

Le gouvernement libéral n'a toujours pas dit s'il allait appuyer le projet ou non. « La compagnie nous parle de plusieurs milliards de dollars, ce sont les chiffres que nous sommes en train d'étudier », a expliqué le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand. Et fait nouveau, le ministre a glissé un mot sur l'enjeu de distribution de gaz naturel, il a mentionné que le possible oléoduc de TransCanada pourrait remplacer un autre projet d'oléoduc de gaz naturel au Québec.

Le large de Cacouna est reconnu comme étant la pouponnière des bélugas. Plusieurs groupes environnementalistes s'opposent au projet Énergie Est. Quatre organismes ont tenté, à deux reprises, de freiner les forages par la voie des tribunaux. La Cour supérieure du Québec a d'ailleurs rejeté, le 1er septembre, leur requête en injonction pour faire stopper les forages. Les environnementalistes et les élus de la région demandent aussi que les avis scientifiques sur lesquels se basent Québec et Ottawa soient rendus publiques.

Par ailleurs, la compagnie albertaine a déjà affirmé qu'elle s'assurera de respecter les mesures de sécurité imposées par Québec et Ottawa qui a donné le feu vert aux travaux le 21 août.

Les mesures imposées par Québec à TransCanada (en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement) :

• S'assurer qu'aucun béluga ne se trouve dans un rayon de 540 m au moment des forages.
• Arrêter les travaux quand des bélugas se trouvent à proximité et mettre en place un moyen pour les détecter.
• Respecter le niveau de bruit subaquatique (moins de 120 décibels à 540 m) lors des forages et respecter le bruit maximal de 45 décibels aux limites de la résidence la plus proche.
• Limiter le trafic maritime à un seul aller-retour quotidien entre la plateforme et la rive.

Le tracé prévu du pipeline de TransCanadaLe tracé prévu du pipeline de TransCanada Photo : TransCanada

Projet d'oléoduc Énergie Est

TransCanada prévoit construire un port pétrolier à Cacouna. Un tronçon d'oléoduc doit traverser le Kamouraska et le Témiscouata.

L'oléoduc de 4600 km transporterait quotidiennement plus d'un million de barils de pétrole brut de l'Ouest canadien jusqu'à des raffineries et des terminaux au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Le projet prévoit la conversion d'un gazoduc existant de TransCanada, puis la construction d'un oléoduc sur le reste du parcours en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Des scientifiques, des environnementalistes et des citoyens sont opposés à l'installation de l'oléoduc. Certains ont marché 700 km, à travers le Québec, pour contrer le projet.

Au final, l'Office national de l'énergie recommandera au gouvernement fédéral de réaliser le projet ou de le rejeter.

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