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Le maire de Terrebonne avoue avoir séjourné sur le bateau d'Accurso

Entrevue de Michel Viens avec le maire de Terrebonne

Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, reconnaît avoir séjourné sur le bateau de Tony Accurso et avoir menti lorsqu'il a été interrogé à ce sujet en novembre 2013. Cependant, il n'a pas l'intention de démissionner.

Le maire Robitaille confirme ainsi le témoignage de M. Accurso devant la commission Charbonneau, précisant y avoir séjourné à deux reprises, et ce, gratuitement. « Je n'ai pas dit la vérité, car j'étais gêné et déstabilisé, a expliqué M. Robitaille. Je n'ai pas répondu de la façon dont ma fonction l'exigeait. Bref, je me sentais dépassé par les événements. J'ai alors manqué de jugement [...]. »

Le maire de Terrebonne justifie sa conduite en expliquant que la Ville n'avait, à l'époque, aucune relation d'affaires avec les entreprises de M. Accurso et « que ce dernier jouissait d'une bonne réputation ». M. Robitaille ajoute que ces visites sur le bateau de M. Accurso relevaient de sa vie privée et qu'elles étaient « sans conséquence sur la conduite des affaires de la Ville de Terrebonne ».

Jean-Marc Robitaille affirme catégoriquement qu'en aucun moment, durant ses visites sur le Touch, il n'a senti que M. Accurso tentait de l'influencer. Le maire de Terrebonne explique que M. Accurso lui avait parlé de ses affaires « en général ». À savoir si, au plan éthique, il avait senti un inconfort de cette situation, M. Robitaille affirme : « À l'époque, moi je n'y ai pas vu de problèmes ».

Le maire Robitaille présente ses excuses aux membres du conseil municipal, du personnel de son cabinet, de l'ensemble de l'administration et auprès de toute la population de Terrebonne. « Il est clair que si cette situation se présentait dans le contexte d'aujourd'hui, mon attitude et ma décision seraient bien différentes », précise-t-il.

Jean-Marc Robitaille évalue à 5000 $ les frais en billets d'avion qu'il n'avait pas eu à verser à l'époque, pour se rendre aux Iles Vierges, dans la foulée de l'un de ses voyages sur le Touch. Le maire de Terrebonne entend maintenant donner une somme équivalente à des organismes de charité.

Tout en indiquant qu'il assume les conséquences de ses actes, M. Robitaille ajoute qu'il n'a pas l'intention de démissionner de ses fonctions. « Je ne suis pas fier de moi », a-t-il reconnu en entrevue à ICI RDI, tout en ajoutant que la population avait le dernier mot et que ses conseillers semblaient toujours lui faire confiance.

Le maire de Terrebonne soutient par ailleurs qu'il n'a jamais discuté, lors de ses visites sur le bateau, de dossiers concernant la Ville et que les entreprises de M. Accurso n'ont jamais profité d'aucun avantage de quelque nature que ce soit.

Une invitation désintéressée?

Au cours de son témoignage devant la commission Charbonneau, Tony Accurso a reconnu que Jean-Marc Robitaille avait séjourné sur son bateau, en février 2006 et en mars 2008, à l'invitation de l'entrepreneur Normand Trudel et de l'ingénieur Aurèle Théberge.

À ce moment, l'entreprise Louisbourg de Tony Accurso s'était engagée avec la SOLIM pour faire du développement immobilier sur des terrains agricoles à Terrebonne, ce qui nécessitait leur dézonage par le conseil municipal.

Normand Trudel est l'un des deux associés de Tony Accurso dans Ecolosol. Tous deux ont été accusés au terme de l'opération Gravier, à l'instar de l'ex-maire de Mascouche Richard Marcotte. Les trois hommes sont accusés de fraude, de complot, d'avoir influencé un fonctionnaire municipal, d'abus de confiance et de fraude envers le gouvernement.

Le maire Robitaille déplore par ailleurs certaines allégations de la procureure de la commission Charbonneau, Sonia LeBel, qu'il estime sans fondement. « En effet, nous réfutons la tentative de créer un lien entre ma présence sur le bateau et le dossier de l'ancienne pépinière de Montréal située sur le territoire de la Ville de Terrebonne, explique le communiqué du maire. Plusieurs des propos tenus étaient erronés et préjudiciables, basés sur des informations incomplètes, inexactes et surtout questionnables si l'on tient compte de l'importance et du sérieux du sujet abordé. »

M. Robitaille souligne que la Ville de Terrebonne a toujours eu l'intention d'acquérir le terrain de la pépinière pour le consacrer à la préservation du territoire. Il croit que la question qui devrait se poser est la suivante : « Pourquoi la Ville de Montréal, et son administration de l'époque, connaissant très bien les intentions et les attentes de la Ville de Terrebonne, a préféré vendre l'ensemble des terrains constituant l'ancienne pépinière de la Ville de Montréal à la SOLIM plutôt qu'à notre municipalité sans même nous en aviser? ».

Le maire ajoute que la Ville publiera les informations nécessaires dans ce dossier.

Société