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  • Exclusif
  • La SQ soupçonnait les Lev Tahor de traite de personnes 

    Radio-Canada

    La Sûreté du Québec (SQ) soupçonnait le groupe religieux Lev Tahor de production de faux documents et de traite de personnes, selon des documents de la SQ dont Radio-Canada a obtenu copie.

    Ces documents révèlent des détails sur l'enquête criminelle entourant la secte juive ultra-orthodoxe.

    La SQ dit avoir reçu des informations d'anciens membres qui ont fui la secte. Des mariages forcés auraient notamment eu lieu avec des filles mineures, lesquelles auraient parfois été amenées d'autres pays sous de faux prétextes pour flouer l'immigration. 

    Ils allèguent également que des châtiments corporels étaient infligés au sein du groupe. Certains auraient forcé la prise de médicaments chez d'autres membres pour mieux les contrôler psychologiquement.

    La secte a toujours nié ces allégations, qui n'ont pas été prouvées en cour.

    Les soupçons de la SQ avaient mené à une perquisition en janvier dernier dans des maisons de la communauté à Chatham, dans le sud-ouest de l'Ontario.

    Les membres de la secte s'étaient réfugiés dans cette région deux mois plus tôt, après avoir fui leur domicile de Sainte-Agathe-des-Monts dans les Laurentides, au Québec, en pleine nuit, alors que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) cherchait à retirer à deux familles la garde de leurs enfants.

    Faisant face par la suite aux tribunaux ontariens, certains membres de la secte se sont exilés en Amérique du Sud, où s'est réfugié depuis le reste de la communauté. Les dernières familles ont quitté Chatham à la fin août.

    Documents saisis

    Les craintes de la SQ étaient fondées sur des documents laissés dans certaines maisons du groupe, après leur départ du Québec pour l'Ontario en novembre dernier. Il s'agissait notamment de certificats de mariage et de naissance, de papiers d'Immigration Canada et de divers documents bancaires, en plus de médicaments d'ordonnance, dont des antipsychotiques.

    Dans un affidavit de la SQ, dont certaines sections sont caviardées, les autorités québécoises allèguent avoir des raisons de croire que certains de ces documents étaient falsifiés. La police soupçonnait le groupe de traite de personnes. Lors d'une fouille des logis de la secte à Chatham en janvier, divers documents et cartes d'assurance maladie avaient été saisis.

    Toutefois, aucune accusation n'a été portée.

    La Sûreté du Québec indique que l'enquête se poursuit, bien que les membres de la secte habitent maintenant au Guatemala. 

    Radio-Canada a néanmoins rencontré à Chatham, hier, un membre du groupe Lev Tahor, Nachman Helbrans, qui était venu récupérer quelques articles personnels. Il a dit qu'il quittait le Canada avec des « sentiments partagés » et l'impression d'avoir été victime de persécution. Son groupe habite temporairement dans la capitale du Guatemala, a-t-il raconté, à la recherche d'une adresse permanente.

    D'après le reportage d'Andréanne Baribeau

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