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Le caïd Desjardins avait fait pression sur Lavallée pour qu'il quitte la FTQ

Raynald Desjardins et Jocelyn Dupuis en vacances à Havre-St-Pierre, après 2006

Raynald Desjardins et Jocelyn Dupuis en vacances à Havre-St-Pierre, après 2006

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le caïd Raynald Desjardins a fait pression directement sur l'ex-président de la FTQ-Construction Jean Lavallée lors d'une rencontre à trois pour qu'il quitte ses fonctions, a expliqué Tony Accurso devant la commission Charbonneau.

Un texte de Bernard LeducCourriel

La rencontre a eu lieu vraisemblablement en 2008-2009, soit à l'époque où le directeur général de la FTQ-Construction, Jocelyn Dupuis, tentait de déloger son ancien mentor, comme l'a démontré la commission. M. Dupuis était alors impliqué avec son ami Raynald Desjardins dans l'entreprise Carboneutre.

M. Accurso a admis qu'il connaissait bien à l'époque la réputation de Raynald Desjardins, qui est incidemment en attente de son procès pour le meurtre de l'aspirant parrain Salvatore Montagna.

L'entrepreneur a expliqué que c'est M. Lavallée qui lui avait demandé de l'accompagner à cette rencontre convoquée par le caïd, parce qu'il « voulait un appui de moi parce que j'étais son meilleur chum ».

Il dit avoir alors été « extrêmement surpris » lorsque M. Desjardins, au terme de propos sans conséquence, a lancé à Jean Lavallée : « Johnny, tu es rendu à un certain âge, ta santé n'est pas là : on aimerait ça que tu quittes la FTQ. »

Cette rencontre n'aurait cependant pas ébranlé M. Lavallée qui, aussitôt après, lui confiait : « il n'y a rien de ce qu'il m'a demandé qui va se passer. Moi, je vais rester à la FTQ et c'est fini ».

« Le boss, c'était Jean Lavallée, et il n'a jamais flanché, et il a mon grand respect pour ça : il a empêché qui que ce soit de rentrer », a insisté M. Accurso, à qui le commissaire Renaud Lachance a rétorqué : « Jean Lavallée, c'est peut-être un boss, mais c'est un boss qui se déplace sur un coup de fil quand Raynald Desjardins l'appelle... On peut se demander c'est qui le boss ».

Rappelons que lors de son témoignage devant la commission Charbonneau, le syndicaliste Ken Pereira a affirmé avoir lui-même rencontré Raynald Desjardins, qui tentait alors de le dissuader de nuire à Jocelyn Dupuis avec ses comptes de dépenses, et qu'il lui aurait dit : « C'est assez que Tony (Accurso) et Johnny (Lavallée) gèrent le Fonds, c'est à peu près temps qu'ils laissent une partie du gâteau à nous autres, à moi pis à Jocelyn (Dupuis) ».

M. Accurso a incidemment nié avoir eu une quelconque influence sur le Fonds de solidarité devant la commission Charbonneau.

Photo de groupe: Tony Accurso, Jocelyn Dupuis et Jean LavalléeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo de groupe: Tony Accurso, Jocelyn Dupuis et Jean Lavallée

L'entrepreneur en construction a aussi admis une seconde rencontre avec M. Desjardins, lors de laquelle ce dernier lui a demandé de fermer son site d'enfouissement d'Écolosol, parce qu'il était en compétition avec Carboneutre.

Il m'a dit : ''je veux que tu fermes Écolosol''. J'ai dit : ''pourquoi tu veux qu'on ferme''. Il dit : ''regarde, c'est un compétiteur à moi. Moi ça me compétitionne, et je veux que tu fermes ça''.

Une citation de :Tony Accurso

M. Accurso affirme alors l'avoir renvoyé à son associé Normand Trudel, ajoute que les deux hommes se sont rencontrés et que le site n'a jamais fermé, ce qu'il explique par le fait que M. Trudel « n'a pas froid aux yeux ».

Tony Accurso a précisé que c'est par l'entremise de Joe Bertolo, frère du mafieux et syndicaliste Johnny Bertolo - assassiné en 2005 - qu'il avait été convoqué à cette seconde rencontre.

Le commissaire Renaud Lachance s'est étonné que, par deux fois, M. Accurso ait accepté sans broncher de se rendre à des rendez-vous fixés par un caïd de la mafia. Mais selon l'entrepreneur, tout comme avec le parrain Vito Rizzuto, M. Desjardins est un homme tenace qu'on ne peut simplement ignorer.

« Moi, s'il y a un problème, j'y fais face », a conclu Tony Accurso.

Denis Vincent et Jean LavalléeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Denis Vincent et Jean Lavallée

Quand la FTQ demande à Accurso d'enquêter sur Denis Vincent

En milieu d'après-midi, Tony Accurso a minimisé ses liens avec Denis Vincent, un homme décrit comme étant proche des Hell's Angels par Michel Comeau. L'enquêteur de la commission avait expliqué en novembre 2013 que MM. Accurso et Vincent faisaient partie d'une « filière commune » avec Jean Lavallée et l'ex-PDG de la SOLIM, Guy Gionet.

M. Accurso a décrit M. Vincent comme un « très bon contact », mais a assuré qu'il n'avait fait affaire avec lui qu'à une reprise, soit lors de l'achat d'un hélicoptère destiné à son fils Marco. Il a reconnu du même souffle que M. Vincentétait un ami de ce dernier, comme en a fait foi une écoute électronique du projet Foudre captée par les policiers le 1er mai 2009.

L'entrepreneur a aussi confirmé, à l'instar d'autres témoins, que M. Vincent était très proche de M. Lavallée et qu'il allait notamment à son chalet d à Lac-aux-Sables « toutes les fins de semaine ».

Tony Accurso a aussi confirmé avoir embauché un détective privé pour enquêter sur M. Vincent, à la demande de l'ex-président de la FTQ, Henri Massé, mais n'avoir rien trouvé de particulier. Il admet avoir par ailleurs décrit M. Vincent comme une « sangsue » qui « veut des commissions » mais affirme n'avoir pas fait la même mise à garde à son ami Jean Lavallée.

« C'était pas de mes affaires Lui aimait Denis Vincent. Lui était ami avec Denis Vincent. [...] Moi je ne voyais rien de mal dans la relation, mais je ne la comprenais pas », a laissé tomber l'entrepreneur.

Interrogé sur les « commissions » auxquelles il faisait référence, M. Accurso a dit qu'elle concernait des activités de placement de main-d'œuvre que M. Vincent faisait en Alberta, et que cela n'avait rien à voir avec la SOLIM.

par François Messier

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