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La Bestia, train de la mort des migrants mexicains

À Saltillo, un migrant d'Amérique centrale monte dans le train La Bestia pour rejoindre les États-Unis.

Photo : Daniel Becerril / Reuters

Radio-Canada

Les États-Unis font face à un afflux sans précédent de migrants d'Amérique centrale. Parmi eux, un grand nombre de mineurs, des enfants parfois non accompagnés. Ces migrants voyagent à travers le Mexique au prix de périls de plus en plus grands et chevauchent « La Bestia » (la bête), aussi appelée le « train de la mort ».

Un texte de Jean-Michel LeprinceTwitterCourriel

La Bestia, c'est plusieurs trains de marchandises. Sur deux lignes qui longent les côtes caraïbes et pacifiques. Elles se rejoignent dans le centre-sud du Mexique, vont vers la capitale, Mexico, et une gare de triage (Lecheria), d'où rayonnent quatre lignes qui se dirigent vers le Texas, l'Arizona et la Californie.

Des familles entières, des femmes avec leurs enfants partent pour le grand voyage. Et, de plus en plus, des enfants seuls. Âgés de 13-14 ans et plus. On leur a dit que les Américains ne pourraient pas les expulser comme les autres. Surtout s'ils ont déjà de la famille aux États-Unis.

Beaucoup de femmes, les parents, sont partis ça fait beaucoup d'années. Les enfants ont grandi avec la grand-mère, donc maintenant c'est un droit, les enfants ont besoin de voir leur mère, de savoir d'où ils viennent.

Elisabeth Rangel, directrice de l'Auberge du migrant

« Le trafic d'enfants, c'est quelque chose dont on ne sait pas grand-chose. Mais on se demande où ils partent, ces enfants-là? Qu'est-ce qu'ils vont faire? C'est quelque chose de compliqué », poursuit Elisabeth Rangel, directrice de l'Auberge du migrant.

Un flot inexorable

Les Mexicains et les migrants centraméricains sont convaincus que, quelles que soient les mesures prises par les Américains et le gouvernement mexicain, rien n'arrêtera le flot vers le nord, vers le rêve américain. On tente de les empêcher de chevaucher « La Bestia », mais les groupes humanitaires savent qu'on ne parviendra jamais à les arrêter.

« Les migrants ne se donnent jamais vaincus. Ils disent que, même s'ils renforcent les frontières, ils ont faim, ils ont une famille, ils vont passer. C'est comme l'eau d'une rivière qui trouvera toujours son lit », affirme Norma Romero Vasquez, du groupe Las Patronas, qui se donne comme tâche de nourrir les migrants.

S'ils atteignent leur but - qui peut rester un rêve, parce que souvent, ils y perdent la vie -, ils ont mon admiration et mon respect.

Norma Romero Vasquez, du groupe Las Patronas

Au passage du train, les Patronas lancent aux migrants de l'eau et de la nourriture qu'elles ont préparée avec des dons de la population.

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