•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Quel avenir pour la télévision par câble?

Une femme regarde la télévision.

Photo : iStock / iStockPhoto

Radio-Canada

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) entame demain à Gatineau des audiences qui pourraient changer radicalement la façon dont les Canadiens achètent des services de télévision par câble.

Un texte de Daniel ThibeaultTwitterCourriel

Le CRTC propose entre autres de forcer les compagnies de câble et de satellite à laisser leurs abonnés choisir leurs chaînes à la carte, plutôt que de les limiter à des bouquets prédéterminés.

« Les Canadiens sont frustrés avec leurs services de télévision », affirme Alysia Lau, avocate pour le Centre pour la défense de l'intérêt public, qui ira défendre un système à la carte aux audiences. Le groupe a réalisé un sondage sur le sujet en juin dernier. Des 1000 Canadiens interrogés, près 46 % sont en faveur d'un système de sélection à la carte

Pour le professeur Pierre Bélanger de l'Université d'Ottawa, il ne fait aucun doute que des changements seront adoptés. « C'est la fin d'une époque », dit-il, prédisant la disparition du modèle de bouquets.

« C'est un peu comme si dans le domaine de l'alimentation, à chaque fois que vous vous présentez chez Métro ou chez IGA, le propriétaire de l'épicerie avait décidé quels sont les 25 items qui sont bons pour vous. Vous pourriez très bien dire : "à part le pain le lait le beurre, les autres éléments ne m'intéressent pas". Mais vous devriez quand même les payer. »

Chaînes spécialisées inquiètes

Plusieurs petites chaînes spécialisées sont inquiètes. Sans les bouquets, elles devront composer avec une importante perte de revenu, mais surtout trouver une façon de convaincre les clients de s'abonner à leur service. « En bout de ligne, dans le pire des scénarios, plusieurs chaines pourraient carrément disparaître », dit Don Gaudet, qui gère la programmation de trois petits canaux spécialisés.

Cela inquiète aussi les syndicats qui représentent les travailleurs de l'industrie de la télévision. Unifor estime que les changements proposés par le CRTC pourraient se solder par la disparition de « 31 000 emplois dans le système de la radiodiffusion d'ici 2020 ».

Mais avec une clientèle à la baisse, alors que de plus en plus de gens choisissent d'abandonner la télévision par câble ou par satellite, pour des services en lignes comme Netflix, l'industrie semble consciente qu'un virage est nécessaire.

Ces services sur Internet risquent d'ailleurs de faire partie de tout ce débat, compte tenu de la place qu'ils occupent maintenant au Canada. Plusieurs souhaiteraient entre autres que le CRTC puisse imposer à Netflix des exigences en matière de production.

Société