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Constitution : Couillard évoque à nouveau la signature du Québec

Les premiers ministres Philippe Couillard et Stephen Harper

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Mis à jour le 

« À l'aube du 150e anniversaire du Canada, les Québécois souhaitent que le pacte qui lui a donné naissance soit réaffirmé », a déclaré le premier ministre du Québec Philippe Couillard, alors qu'il participait à une activité en compagnie du premier ministre canadien Stephen Harper, samedi à Québec.

« Contrairement à ceux qui croient que la fuite, le déni ou l'isolement sont une solution valable, je dirais que nous devons plutôt nous inspirer de la vision de George-Étienne Cartier, celle d'un partage unique et envié d'une destinée commune dont l'identité québécoise forte et affirmée fait partie », a-t-il poursuivi, se gardant bien d'exprimer le souhait explicite que le Québec puisse signer la Constitution canadienne d'ici 2017.

Ce n'est pas la première fois que Philippe Couillard évoque la possibilité que le Québec puisse signer la Constitution de 1982. Il l'avait déjà fait lors de la campagne électorale, au printemps dernier.

MM. Harper et Couillard n'ont pas parlé aux médias, mais se sont entretenus brièvement. Selon le communiqué émis par la suite, ils ont notamment parlé de « développement responsable des ressources », d'infrastructures, du nouveau Fonds Chantiers Canada et de l'Accord sur le commerce extérieur.

M. Couillard souhaite-t-il toujours une entente sur le sujet d'ici 2017? Rejoint par Radio-Canada, le cabinet du premier ministre Couillard n'a pas voulu s'avancer sur la question, se contenant de dire que la position du gouvernement demeurait la même, soit que le Québec réintègre éventuellement le giron constitutionnel.

De son côté, le porte-parole du premier ministre canadien, Jason MacDonald, a affirmé que « les emplois et l'économie sont les priorités de tous les Canadiens, y compris des Québécois », ajoutant qu'il n'était pas dans les intentions du gouvernement fédéral de rouvrir les débats constitutionnels.

Bédard souhaite une démarche crédible et transparente

L'entrevue de Claudine Bourbonnais avec Stéphane Bédard

En réaction aux propos de Philippe Couillard sur la Constitution, le chef intérimaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, se dit « heureux » que le premier ministre ait compris l'« impact important » des questions constitutionnelles sur la vie des Québécois.

Il croit que M. Couillard doit maintenant livrer un échéancier et préciser quelles seraient les conditions d'accession du Québec pour la signature de la constitution. M. Bédard croit également que le premier ministre doit préciser s'il souhaite consulter les Québécois sur cette question « fondamentale » et « historique ».

« Souhaitons que ce n'est pas un ballon, que c'est une volonté réelle qui doit être accompagnée d'une démarche qui est crédible, transparente, et qui correspond à ce que souhaitent certains fédéralistes québécois : signer la Constitution, mais à des conditions qui sont acceptables pour le Québec », précise-t-il.

M. Bédard affirme que le Parti québécois restera de son côté fidèle à son objectif, soit la souveraineté du Québec, tout en restant attentif devant les démarches du gouvernement Couillard.

Quant au député Bernard Drainville, candidat pressenti à la direction du Parti québécois, il juge que les propos de Philippe Couillard illustrent l'absence de rapport de force du Québec face au fédéral. En outre, « l'empressement » du premier ministre libéral à signer l'Acte constitutionnel lui fait craindre le pire. Il croit que l'intérêt du Québec pourrait être sacrifié au profit de l'intérêt personnel de M. Couillard, qui veut à tout prix entrer dans les livres d'histoire en offrant une « signature à rabais ».

Bernard Drainville, qui dit qu'il n'acceptera jamais « que le Québec soit une province comme les autres », exige que le premier ministre tienne un référendum pour faire avaliser l'adhésion du Québec à la Constitution.

L'ombre de George-Étienne Cartier

Philippe Couillard et Stephen Harper étaient réunis sur la même tribune samedi à l'occasion du bicentenaire de la naissance, le 6 septembre 1814, d'un homme politique canadien-français considéré comme un des pères de la Confédération, George-Étienne Cartier. L'activité avait lieu au Château Frontenac, à deux pas d'une statue érigée en l'honneur de Cartier.

Après avoir glorifié la Guerre de 1812 il y a deux ans, le gouvernement Harper s'emploie maintenant à exalter la mémoire de Cartier, qui était incidemment du Parti bleu, à l'origine des conservateurs d'aujourd'hui. Au cours de cette rare visite au Québec, M. Harper a dit être fier d'être son « héritier politique » dans son discours qui avait d'ailleurs une couleur parfois très électorale, à un an du scrutin fédéral.

Il a rappelé que Sir George s'était battu pour l'autonomie du Québec dans le pacte fédéral, un principe conservateur, selon le premier ministre, qui a cependant souligné du même souffle qu'il n'allait pas se plier aux moindres caprices des provinces.

« Est-ce que ça veut dire que toutes les provinces et tous les territoires vont obtenir tout de suite tout ce qu'elles désirent tout le temps? Bien sûr que non. »

Né le 6 septembre 1814, à Saint-Antoine-sur-Richelieu, l'ancien premier ministre George-Étienne Cartier est considéré comme un des Pères de la Confédération canadienne. Il est décédé le 20 mai 1873.

Avec les informations de La Presse canadienne

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