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Duchesneau nie avoir reçu 250 000 $ d'Accurso

Radio-Canada

Tony Accurso a dit à la commission Charbonneau avoir versé 250 000 $ au parti Nouveau Montréal dirigé par Jacques Duchesneau à la suite de sa défaite aux élections municipales montréalaises de 1998. Faux, a rétorqué vendredi M. Duchesneau, en entrevue à Radio-Canada.

M. Duchesneau affirme que la dette en question était plutôt de 140 000 $. Le tout s'est réglé à 75 000 $, a-t-il ajouté, loin des 250 000 $ avancés par l'entrepreneur accusé de fraude.

Toutefois, des sources avaient affirmé à Radio-Canada, en 2012, que Jacques Duchesneau et son parti Nouveau Montréal avaient terminé l'année électorale avec une dette d'environ 368 000 $.

Une rencontre en 2001

Jacques Duchesneau reconnaît avoir rencontré M. Accurso seulement en 2001, alors que les dettes de sa campagne électorale étaient déjà réglées. Il a raconté que Gilles Vaillancourt, alors maire de Laval, lui avait remis la carte de Tony Accurso lorsque M. Duchesneau lui avait parlé de son projet de fonder une université internationale de police. Une rencontre avait suivi.

M. Duchesneau martèle que le Directeur général des élections l'a exonéré de tout blâme au sujet de la campagne municipale de 1998, après une enquête de trois mois. Cette enquête portait cependant sur un système de prête-noms au sein du parti Nouveau Montréal et non sur les allégations de Tony Accurso.

Il ajoute qu'il n'a croisé M. Accurso qu'à une seule autre reprise, en 2009, alors que l'entrepreneur se trouvait dans un restaurant, avec un journaliste.

Un certain Richard

Tony Accurso a soutenu qu'il avait été approché par un homme prénommé Richard, qui l'a mis en contact avec l'ex-chef de la police de Montréal. Ce dernier lui aurait alors dit qu'il allait lui « retourner l'ascenseur ».

« Tony, inquiète-toi pas, je vais me replacer les pieds. Je vais te donner un coup de main », lui aurait dit Jacques Duchesneau.

Si tu m'aides, moi je vais me replacer les pieds quelque part. Je vais m'en souvenir et je vais te retourner l'ascenseur.

Propos attribués à Jacques Duchesneau par Tony Accurso devant la commission Charbonneau

L'entrepreneur a dit ne plus avoir de traces de ce chèque qu'il aurait fait à la compagnie de ce Richard, mais a suggéré à la commission de suivre la trace de l'hypothèque que M. Duchesneau aurait contractée sur sa maison à cette époque. « Il était en gros trouble », a-t-il noté.

À ce sujet, Jacques Duchesneau renvoie la balle à Tony Accurso. « Moi, je les connais, c'est quoi mes paiements d'hypothèque, puis mon hypothèque n'a pas été épongée. J'aimerais ça aller voir les siennes », rétorque-t-il.

M. Duchesneau défend Richard Le Lay, son ancien codirecteur de campagne, affirmant qu'il a beaucoup plus confiance en lui qu'en Tony Accurso. M. Duchesneau rejette toute possibilité que M. Le Lay ait pu poser les gestes que lui attribue M. Accurso. « Impossible, lance M. Duchesneau, [ce n'est] pas le genre d'individu. »

Quant à l'aide qu'il aurait reçue, il soutient qu'elle venait de son ami Ben Weider. « J'ai un frère, mon agent officiel, M. [Jean-Pierre] Allaire, et M. Weider pour un petit montant. Tout ça a été enquêté par le Directeur général des élections », a indiqué Jacques Duchesneau à Radio-Canada.

« J'ai fourni les preuves documentaires », dit Duchesneau

Bien qu'il affirme que sa télévision a failli « sauter » quand il a entendu Jacques Duchesneau déclarer à la commission que des ministres provinciaux seraient allés sur son bateau, Tony Accurso a démenti faire cette déclaration par vengeance.

D'après Jacques Duchesneau, il s'agit d'une vengeance de la part de Tony Accurso, car c'est le rapport qu'il a signé à titre de directeur de l'Unité anticollusion qui a mené à la création de la commission Charbonneau. « Pensez-vous qu'il m'aime? Son empire s'est complètement effondré! » s'exclame-t-il.

« Dites-moi pourquoi les travaux d'infrastructure coûtent 25 % à 30 % de moins maintenant? » demande encore M. Duchesneau, faisant référence à des pratiques de facturation décrites à la commission. « Tout ce que j'ai dit à la commission Charbonneau, je ne retire aucun mot. »

J'ai fourni les preuves documentaires, qu'il fasse la même chose.

Jacques Duchesneau

Couillard prudent, Legault sur la défensive

En conférence de presse aujourd'hui, le premier ministre Philippe Couillard a indiqué que le travail « de jugement et d'équilibre » de la commission Charbonneau permettrait de savoir si les allégations de M. Accurso à l'encontre de M. Duchesneau étaient fondées ou pas.

« On est devant deux versions contradictoires [...] Je ne ferai pas d'autres commentaires, parce que je n'ai pas d'outils qui me permettent d'accorder plus de crédibilité aujourd'hui à une version plutôt qu'à l'autre », a dit M. Couillard.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a affirmé qu'il s'était assuré de la probité de Jacques Duchesneau avant la campagne électorale de 2012. Il a renvoyé les questions des journalistes à M. Duchesneau.

M. Legault a tout de même précisé que Jacques Duchesneau n'avait plus aucun lien avec la CAQ.

Avec la collaboration de Bernard Leduc, François Messier et René Saint-Louis

Société