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Accurso dit avoir été écarté des chantiers d’Hydro-Québec par Marois

Pauline Marois le 13 février 2014

Pauline Marois le 13 février 2014

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des écoutes électroniques captées le 19 septembre 2012 lors de l'opération Honorer révèlent qu'Hydro-Québec a interdit aux compagnies de Tony Accurso de soumissionner pour des contrats. L'entrepreneur dit avoir appris qu'il s'agissait d'une commande politique de la première ministre Pauline Marois, portée au pouvoir deux semaines plus tôt.

Un texte de Bernard LeducCourriel

Les écoutes révèlent que Tony Accurso, aussitôt après avoir pris connaissance d'une lettre de la directrice de l'approvisionnement d'Hydro-Québec lui annonçant que ses entreprises ne pouvaient plus soumissionner pour une période indéterminée, a appelé coup sur coup son ami Robert Abdallah et le président de la FTQ Michel Arsenault pour qu'ils aillent aux nouvelles.

Je braillais quasiment parce que je n’étais pas content [...] Ça m'avait jamais arrivé dans ma vie ça, nulle part à travers le monde.

Une citation de :Tony Accurso devant la commission

« Y veulent pas que je soumissionne aucune job, jamais [...] que plus jamais ils vont nous donner un autre contrat [...] », lance notamment M. Accurso à M. Abdallah, un ancien d'Hydro-Québec.

Tony Accurso rappelle cependant peu après ce dernier et lui confie : « J'ai parlé à [nom caviardé] qui est proche du PQ pis on va faire un bout là : fais rien, c'est important que ça ne s'ébruite pas [...] C'est une commande politique. »

Le message que j'ai eu, c'est que c'est venu du bureau de Pauline Marois [...] qui aurait appelé à Hydro-Québec pour dire : regarde, barre-les sur les chantiers.

Une citation de :Tony Accurso devant la commission Charbonneau

Tony Accurso soutient ne pas se souvenir qui était ce proche du PQ, mais souligne qu'il était alors à terminer un contrat de 60 millions pour Hydro-Québec à La Romaine et y lorgnait un autre contrat. Il croit donc avoir « sûrement demandé à ce monsieur-là qui est proche du PQ d'essayer de trouver une façon de renverser la décision ».

Il admet par ailleurs que s'il demande alors à Robert Abdallah de ne pas ébruiter la situation, c'est pour protéger sa réputation : « Tout le monde va demander : ''qu'est-ce qui s'est passé? Comment ça se fait? Qu'est-ce que t'as fait de mal? Pourquoi est-ce que t'es barré à Hydro-Québec? »

Pis si on est barré pour une raison politique, je trouve dégueulasse cette affaire-là. Je n'ai peut-être pas donné assez d'argent au PQ, je le sais pas.

Une citation de :Tony Accurso devant la commission

Tony Accurso estime que, sinon, Hydro-Québec n'avait aucune raison de l'exclure : « C'était impossible que ça vienne d'eux autres, parce qu'on a toujours performé à la perfection pour Hydro-Québec. On a toujours été un de leurs meilleurs entrepreneurs, selon eux ».

Les entreprises d'Accurso n'étaient incidemment pas les seules visées par la lettre : tant EBC que Neilson, une compagnie de Franco Fava, proche des libéraux, avaient appris au même moment qu'elles ne pouvaient pas soumissionner sur ce contrat à La Romaine.

Des écoutes montrent d'ailleurs que le patron de Neilson a parlé à Jimmy Accurso, et Tony Accurso lui-même a reconnu lui avoir parlé, ce qui a intrigué le commissaire Renaud Lachance.

« C'est fréquent que vous parliez comme ça? [...] Est-ce que pour des contrats comme ça à Hydro-Québec, dans l'octroi de contrats, vous avez des rencontres fréquemment? Parce que la commission s'intéresse à la collusion... », a laissé tomber le commissaire.

Jamais qu'il n'y a eu aucune aucune aucune collusion de notre compagnie avec MM. Fava ou avec Hydro-Québec. Jamais qu'il y a eu de la collusion là-dedans.

Une citation de :Tony Accurso devant la commission

Un ami de poids

La commission a aussi présenté une photo de l'ex-premier ministre Jean Charest avec Tony Accurso sur laquelle il est inscrit :

Cher Tony. Merci pour l'appui. Amitiés. Jean Charest 2001.

Une citation de :Le mot de Jean Charest

L'entrepreneur a admis que ces remerciements étaient en lien avec un cocktail de financement pour le PLQ. L'homme, qui a admis avoir voté oui au référendum de 1995, a alors expliqué :

« Je pense que ce n'est pas un gros secret que moi, je suis plus libéral que je suis PQ. Et puis, cette photo-là a été prise à mon restaurant. Et puis ça m'a été demandé de financer un cocktail, et puis c'est ça, ils sont venus. C'est le Parti libéral, ce n'est pas moi qui s'est occupé de cette activité-là, mais j'ai fourni la place ».

Selon une source proche de l'ancien premier ministre, la photo a été prise en 2001 à un événement de financement dans la circonscription de Chomedey, pour Thomas Mulcair. Il s'agissait d'une pratique courante des organisateurs de prendre des photos avec des gens sur place et de les faire parvenir à M. Charest pour les signer, ajoute cette même source, qui précise qu'à cette époque-là, M. Accurso n'était accusé de rien.

M. Charest aurait rencontré M. Accurso à trois ou quatre reprises, toujours dans des événements publics, indique-t-elle encore.

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