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Accurso soutient n'avoir jamais mélangé affaires et amitiés

Tony Accurso

Tony Accurso

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Confronté à ses nombreuses amitiés dans les hautes sphères syndicales, Tony Accurso a nié de toutes les façons possibles qu'au cours de sa carrière il ait développé des liens d'amitié par intérêt.

Un texte de Bernard LeducCourriel

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Une écoute électronique du 21 mars 2009 entre l'ex-directeur du syndicat des Métallos Lawrence McBrearty et le président de la FTQ Michel Arsenault laisse cependant entendre le contraire.

« Y me parlait pas avant, mais quand il a su que j'étais directeur aux Métallos, j'étais son grand chum [...] Pis à un moment donné, il m'a dit : ''Si tu as besoin de quelque chose, si tu veux aller en vacances, tu me le dis, j'ai des belles places'' », raconte M. McBrearty au président de la FTQ.

Cette écoute a aussi permis de confirmer qu'au fil du temps, tous les présidents de la FTQ ont été sur son yacht, le Touch, ou sur des bateaux qu'il louait, à l'exception de Fernand Daoust. Soit : Henri Massé, Clément Godbout, Michel Arsenault, Louis Laberge...

Tony Accurso a par ailleurs soutenu devant la commission Charbonneau que jamais un ministre ou un député provincial ou fédéral n'a séjourné sur son yacht ou un autre bateau qu'il aurait loué. Aucun haut fonctionnaire ou membre de cabinet politique n'y ont mis les pieds non plus.

Anecdote : le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger, a séjourné sur le Touch.

Aucun passe-droit au Fonds, soutient-il

Tony Accurso croit que le seul avantage qu'il a pu tirer de ses relations avec des chefs syndicaux est qu'un dossier urgent puisse être replacé « en haut de la pile ».

Cela aurait été le cas dans le dossier de l'achat de Simard-Beaudry en 1999, avec l'aide financière du Fonds de solidarité. Et sans cela, l'entreprise serait passée entre les mains de Sintra, une entreprise étrangère, s'est-il défendu.

L'entrepreneur affirme sinon que jamais un seul de ses dossiers d'investissement à la SOLIM ou au Fonds n'a bénéficié d'un traitement privilégié : « tout a été fait selon les règles ».

Pourtant, dans une écoute électronique entre l'entrepreneur Marcel Melançon et Guy Gionet du 12 mars 2009, le PDG de la SOLIM lui-même semble considérer que ses relations étroites avec les dirigeants syndicaux peuvent mal paraître.

« Comment veux-tu qu'avec toutes les collusions qu'il fait avec la FTQ, que ça n'a pas influencé. Comment ça se fait que, coïncidence, c'est le plus gros actionnaire, le plus gros partenaire, c'est celui justement qui a des liens aussi étroits », affirme M. Gionet, qui dira aussi, plus loin :« Effectivement, y'a un accès direct, à la haute direction, pour faire pré-approuver les dossiers »

Puis, dans un échange entre Michel Arsenault et son conseiller politique Gilles Audette du 19 février de la même année, ce dernier lance au président de la FTQ : « Il va falloir qu'il comprenne qu'il n'est pas tout seul sur la Terre, qu'il y a d'autres entrepreneurs », ce à quoi Arsenault répond : « Va falloir partager la tarte ».

Devant la commission Charbonneau, Tony Accurso se défend cependant d'avoir été le plus important partenaire du Fonds et conteste les pourcentages donnés par M. Gionet dans l'enregistrement.

Il maintient, surtout, que tous ses dossiers ont de toute façon été rentables pour le Fonds.

Accurso dispensait généreusement ses conseils au Fonds

Tony Accurso affirme avoir toujours suivi le conseil du défunt président de la FTQ Louis Laberge de ne jamais se mêler des dossiers de ses compétiteurs au Fonds de solidarité. Des écoutes électroniques présentées par la commission ont cependant soulevé des doutes sur cette affirmation.

L'entrepreneur affirme par exemple ne pas savoir si un de ses principaux rivaux, Joe Borsellino de Garnier Construction, a déjà fait affaire avec le Fonds ou la SOLIM, son bras immobilier.

Il reconnaît cependant qu'il arrivait fréquemment que des gens de ces institutions lui demandent son avis sur certains individus.

« Moi, je ne suis pas intéressé que le Fonds de solidarité perde de l’argent. Si je suis capable de les aider à sauver de l’argent, je vais le faire. »

— Une citation de  Tony Accurso

La commission a présenté à cet effet une écoute électronique de février 2009 – déjà présentée par le passé – dans laquelle Guy Gionet lui demande s'il doit ou non accepter une rencontre avec Joe Borsellino. Accurso le lui déconseille, notamment parce que ce dernier est proche de Jocelyn Dupuis.

L'ex-directeur général de la FTQ-Construction était alors en froid avec Jean Lavallée, président du C.A. de la SOLIM.

« Je l'aime pas le gars, c'est aussi simple que ça. C'est très clair qu'on a un conflit de personnalités », a-t-il admis au sujet de Joe Borsellino, ajoutant qu'il n'était pas en compétition avec lui dans des dossiers à la SOLIM.

« Mon but c'est juste de dire de faire attention à ce monsieur-là. »

— Une citation de  Tony Accurso

« Lui il parlait en mal contre moi, je parlais en mal contre lui », a-t-il dit, soulignant notamment que Joe Borsellino a ainsi soutenu, à tort insiste-t-il, que l'ex-ministre libéral Tony Tomassi avait été sur le Touch. M. Borsellino faisait cette allégation dans une conversation téléphonique avec Jocelyn Dupuis.

Tony Accurso a cependant été quelque peu embarrassé lorsque la commission a présenté une seconde écoute entre lui et M. Gionet, faite le jour suivant.

L'entrepreneur craint alors visiblement que Joe Borsellino ait un œil sur le projet de construction du local du 791, un syndicat dirigé par son ami Bernard Girard. Mais Guy Gionet le détrompe : le projet n'est pas dans les cartons de la SOLIM.

Tony Accurso ne peut cependant s'empêcher de souligner à Guy Gionet sa surprise devant le fait que son ami Girard ne l'ait pas approché pour son local : « comment ça se fait que nous autres on n'est pas impliqués dans cette construction-là pis Bernard Girard c'est notre chum »?

« Peut-être que Bernard Girard aimerait ça qu'on construise son bureau, parce qu'il nous connaît », a proposé M. Accurso en guise d'explication à la commission.

Accurso contre les PPP

La commission est revenue en fin de journée sur une écoute électronique du 12 janvier 2009 entre MM. Accurso et Arsenault, déjà présentée devant la commission.

L'entrepreneur déplorait alors que le contrat d'ingénierie de l'autoroute 30 aurait été accordé à des Chinois, au détriment des firmes québécoises. Cette discussion se traduira, quelque jours plus tard, par un appel du président de la FTQ au premier ministre Jean Charest à qui il dénonce ce PPP.

L'entrepreneur soutient qu'il voulait effectivement que le président de la FTQ relaye l'information au premier ministre, mais par souci pour l'économie du Québec, puisqu'à son avis les entreprises québécoises ne peuvent compétitionner à armes égales avec les étrangers dans ces PPP.

« C'est malsain de faire des travaux de cette façon-là », a-t-il plaidé, admettant en avoir lui-même fait les frais, ayant échoué à obtenir le contrat du pont de la 25 parce qu'il était en PPP, alors qu'il était le moins cher, selon lui.

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