•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le RVER, la solution pour les travailleurs sans épargne?

Le reportage de Cathy Senay
Radio-Canada

Il est nouveau. Il n'offre pas le pactole. Mais il est une solution simple, très simple pour épargner. Le régime volontaire d'épargne-retraite (RVER) pourrait aider à réduire cette statistique : au Québec, près d'un travailleur sur deux n'a aucun régime de retraite.

Un texte de Cathy SenayTwitterCourriel

En vertu de la loi, les entreprises de plus de 20 employés qui ne le font pas encore ont jusqu'au 31 décembre 2016 pour mettre en place le RVER. Rares sont celles qui ont pris les devants jusqu'à maintenant. Parmi elles, la station de ski Mont-Orignal, à Lac-Etchemin, dans Chaudière-Appalaches.

Micheline Cloutier, directrice générale de la station de ski Mont-OrignalMicheline Cloutier, directrice générale de la station de ski Mont-Orignal

Micheline Cloutier épargne pour ses vieux jours depuis qu'elle a 20 ans. Elle entame sa quatrième saison en tant que directrice générale de la station de ski Mont-Orignal. Une entreprise qui a évité la fermeture en 2012 en se transformant en coopérative.

« C'est triste, ceux qui n'ont pas de régime d'épargne. Moi, j'en ai un personnellement parce que ça fait longtemps. J'étais jeune quand j'ai commencé à cotiser. »

Elle compte une centaine d'employés saisonniers, dont le salaire moyen est d'environ 12 $ l'heure. Ce qui laisse peu d'argent à mettre de côté en vue de la retraite.

Déjà [que] les employés ici ne sont pas beaucoup rémunérés. [...] C'est une façon de les aider, de les encourager à participer à un régime. [Les cotisations] se prennent sur la paie toute la semaine et ça ne paraît pas.

Micheline Cloutier, directrice générale de la station de ski Mont-Orignal

Originaire de Lac-Etchemin, Steeve Couture, 44 ans, a deux enfants de 17 et 19 ans. Il amorce son troisième automne comme mécanicien à la station de ski, et se débrouille toujours pour trouver du travail à l'année. Mais épargner? C'est difficile. Encore faut-il en avoir les moyens. Selon la Financière Sun Life, 30 % des Québécois ignorent d'où proviendra leur revenu à la retraite.

« Présentement, on n'en met pas de côté avec tout ce qu'il y a à payer, la maison, les études. Les enfants sont aux études, mais ils reviennent à la maison. Tout coûte cher. La vie est rendue qu'elle coûte tellement cher, c'est dur d'en mettre de côté », dit-il.

La version intégrale de ce reportage sera diffusée ce soir au Téléjournal sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé.

Pour voir la vidéo de la Régie des rentes du Québec sur votre appareil mobile, cliquez ici (Nouvelle fenêtre)

Le RVER, un outil de recrutement?

Sans être le pactole, le RVER simplifie l'épargne. L'employeur choisit un établissement financier pour administrer le régime de retraite. Il a le choix d'y contribuer ou non. Il doit y inscrire ses travailleurs et prélever les cotisations sur leur paie.

Steeve Couture, employé de Mont-OrignalSteeve Couture, employé de Mont-Orignal

L'employé, lui, a le choix : souscrire au RVER ou refuser de le faire. Il peut suspendre ses contributions, les augmenter ou les réduire à sa guise.

« On n'embarquera peut-être pas cette année pour cotiser avec eux. Mais on va les encourager à le faire », explique Micheline Cloutier, qui a entendu parler du RVER pour la première fois au congrès de l'Association des stations de ski en juin.

Voyant le RVER comme un outil de recrutement, Mme Cloutier veut l'offrir dès le 1er octobre à Mont-Orignal.

Ça peut être un incitatif pour venir travailler ici. Ça serait un bon point pour nous, pour les employés saisonniers, où c'est toujours difficile de trouver de la main-d'oeuvre.

Micheline Cloutier, directrice générale de la station de ski Mont-Orignal

Le souhait de Micheline Cloutier : convaincre ses travailleurs saisonniers de mettre de l'argent de côté. Elle a même un objectif en tête. « J'aimerais ça qu'il y ait au moins 60 % [des employés] qui adhèrent [au RVER] », explique-t-elle.

Steeve Couture, lui, songe aux avantages de contribuer à un régime volontaire d'épargne-retraite. « C'est sûr que ça m'intéresse. Il va falloir vérifier c'est quoi les placements. Où ça s'en va? Qu'est-ce que ça rapporte? Il faut quand même que ça vaille la peine. Et les montants de mes cotisations? Il va rester à établir ça et établir le budget en conséquence. »

Quelque part dans une pente de ski, l'idée fait son chemin. « C'est sûr que pour avoir une sécurité plus tard, si on ne veut pas travailler jusqu'à 70 ans, à un moment donné, et si on veut avoir le temps de profiter de la vie un peu », conclut Steeve Couture.

À lire aussi :

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Économie