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Le monde « perd la bataille » contre l'Ebola, selon MSF

Joanne Liu, la présidente internationale de Médecins sans frontières, en entrevue à 24/60.

Joanne Liu, la présidente internationale de Médecins sans frontières, en entrevue à 24/60.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La présidente de Médecins sans frontières (MSF), Joanne Liu, estime que les efforts consentis jusque-là n'ont pas réussi à endiguer l'avancée du virus Ebola, qui frappe l'Afrique de l'Ouest. 

« En six mois de la pire épidémie d'Ebola de l'histoire, le monde est en train de perdre la bataille pour la contenir », a indiqué Mme Liu dans un discours prononcé au siège de l'ONU. « Les dirigeants n'arrivent pas à bloquer cette menace transnationale. »

« L'annonce faite le 8 août [par l'OMS] que l'épidémie constituait une « urgence de santé publique mondiale » n'a pas été suivie d'une action décisive, et les États se sont en général contentés de rejoindre une coalition mondiale de l'inaction », a poursuivi Mme Liu.

La présidente de MSF interpelle la communauté internationale pour financer plus de lits, mettre sur pied un réseau d'hôpitaux de campagne, envoyer du personnel médical et déployer des laboratoires volants en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia. 

MSF souligne que la capitale libérienne, Monrovia, est particulièrement touchée et que « 800 lits supplémentaires seraient nécessaires » pour y soigner la population. « Chaque jour, nous devons refuser des malades parce que notre centre est plein », déplore le coordinateur de l'ONG pour l'unité ELWA 3 à Monrovia, Stefan Liljegren.

Des malades continuent de mourir dans leur communauté au Liberia et en Sierra Leone multipliant les risques de contagion, souligne MSF. « En Sierra Leone, les cadavres, hautement infectieux, pourrissent dans les rues », insiste l'ONG.

La République démocratique du Congo (RDC), où a été découvert le virus en 1976, est également touchée par le virus, mais par un foyer d'infection distinct, selon les autorités médicales. Le bilan y est passé de 13 à 31 morts dans ce pays d'Afrique centrale et le virus demeure confiné à une zone reculée à quelque 800 km au nord-est de la capitale, Kinshasa.

Le virus Ebola, contre lequel il n'existe aucun vaccin et aucun remède, a infecté 3069 personnes, en tuant 1550 en date du 26 août dernier. L'OMS estime qu'il faudra de six à neuf mois et un investissement de 490 millions de dollars pour juguler l'épidémie qui risque d'infecter 20 000 personnes d'ici là.

Menace de pénuries alimentaires

Pendant que MSF s'inquiète de la propagation du virus Ebola, l'ONU craint des pénuries alimentaires dans les pays les plus touchés par le virus, soit la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), la propagation de la maladie risque de provoquer un manque de main-d'œuvre et une interruption du commerce transfrontalier. L'instauration de zones de quarantaine et la limitation des déplacements ajoutent à cette situation qui provoque de « fortes inquiétudes sur la sécurité alimentaire » dans ces trois pays.

« L'accès à la nourriture est devenu un grave problème pour beaucoup d'habitants des trois pays concernés et leurs voisins », a déclaré le représentant régional de la FAO pour l'Afrique, Bukar Tijani. « Avec la récolte principale désormais à risque et les échanges et mouvements de marchandises fortement restreints, l'insécurité alimentaire est appelée à s'intensifier au cours des semaines et mois à venir. »

Les pays infectés déplorent l'isolement dont ils sont victimes. Craignant que le virus atteigne leur territoire, plusieurs pays voisins ont fermé leurs frontières. La Côte d'Ivoire a consenti à ouvrir des corridors humanitaires avec la Guinée et le Liberia tout en maintenant ses frontières fermées à ses deux voisins.

La plupart des sociétés aériennes ont suspendu leurs liaisons avec les pays infectés, accentuant leurs problèmes économiques et humanitaires.

Ces mesures d'isolement pourraient toutefois s'avérer contre-productives, selon un spécialiste français du virus Ebola, Sylvain Baize. En plaçant les pays contaminés « en quarantaine au niveau aérien, on déstabilise complètement leur lutte contre l'épidémie : les rotations des personnels soignants expatriés et l'acheminement du matériel seront problématiques alors qu'il n'y a déjà pas assez de moyens ». 

Avec les informations de Agence France-Presse

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