•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

République démocratique du Congo : l'ONU donne des dents à sa mission

Des blindés de la Monusco en République démocratique du Congo.
Des blindés de la Monusco en République démocratique du Congo. Photo: AFP / PHIL MOORE
Radio-Canada

Les Nations unies appellent la République démocratique du Congo et la MONUSCO, la mission onusienne de stabilisation, à intensifier les combats contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Le Conseil de sécurité de l'ONU considère que la neutralisation rapide des rebelles rwandais qui sévissent dans l'est de la République démocratique du Congo est une priorité pour stabiliser le pays. L'organe estime que le groupe se livre à de multiples violations des droits de la personne, commettant viols, pillages et massacres dans l'est de la RDC, en plus de faire usage d'enfants soldats.

Pour la première fois, une mission de l'ONU est donc autorisée à combattre en vertu d'un mandat reçu par le Conseil de sécurité. La MONUSCO pourra lancer une offensive si les militants des FDLR n'acceptent pas de rendre les armes.

Qui sont les membres des FDLR?

Il s'agit principalement de Hutus du Rwanda qui se sont réfugiés en République démocratique du Congo après le génocide des Tutsis. Plusieurs sont recherchés pour des crimes de guerre perpétrés pendant le génocide, qui a fait environ 800 000 morts entre avril et juillet 1994. À ce jour, ils seraient moins de 2000, mais bénéficient de soutien militaire, politique et financier.

En entrevue à Radio-Canada, le chef de la MONUSCO, Martin Kobler, explique que les membres des FDLR rejettent toujours la reddition. Ils réclament un dialogue politique pour leur permettre de retourner au Rwanda sans faire face à la justice. Mais à Kigali, le gouvernement refuse catégoriquement de négocier avec ceux qu'il qualifie de génocidaires.

Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC et chef de la MONUSCO, entouré de Madnodje Mounoubai (à gauche) et d'Abdoullah Wafy (à droite), lors d'une conférence de presse le 28 août 2013, à Kinshasa, en RDC.Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC et chef de la MONUSCO, entouré de Madnodje Mounoubai (à gauche) et d'Abdoullah Wafy (à droite), lors d'une conférence de presse le 28 août 2013, à Kinshasa, en RDC. Photo : Getty Images/AFP

« On n'est pas impliqué dans les négociations politiques, ceux qui veulent volontairement rentrer au Rwanda peuvent le faire demain, explique M. Kobler. On a rapatrié plus de 11 000 combattants des FDLR au Rwanda depuis 2002. »

Selon Martin Kobler, ajouter de la pression militaire sur le groupe pourrait encourager un grand nombre de membres à se rendre de façon volontaire.

« Nous avons une brigade d'intervention, des hélicoptères d'attaque, cinq drones, ici au Congo. Si on met de la pression militaire, ça encourage la reddition volontaire. »

La Mission de l'ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo est la plus importante mission de l'histoire de l'organisme. Depuis 20 ans, 20 000 soldats et 5000 civils ont été employés. Facture totale : environ 1 milliard de dollars chaque année.

Carte de la région congolaise où sévissent les combats.Carte de la région congolaise où sévissent les combats.

Perte importante

L'armée congolaise a par ailleurs perdu l'un de ses plus importants généraux dimanche, avec la mort de Lucien Bahuma Abamba, qui dirigeait les forces loyalistes dans la région troublée du Nord-Kivu. Il aurait succombé à un accident vasculaire cérébral subi lors d'une réunion tenue en Ouganda, une cause rejetée par plusieurs, qui voient plutôt une vengeance.

Le général Bahuma est reconnu comme responsable des succès récents de l'armée congolaise au Nord-Kivu contre les rebelles du Mouvement du 23 mars.

Avec les informations de Léo Kalinda

International