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L'armée dément avoir mené une tentative de putsch au Lesotho

Le premier ministre du Lesotho, Thomas Thabane, lors d'un sommet UE-Afrique, à Bruxelles (2 avril 2014).

Le premier ministre du Lesotho, Thomas Thabane, lors d'un sommet UE-Afrique, à Bruxelles (2 avril 2014).

Photo : Francois Lenoir/Reuters

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le premier ministre du Lesotho, Thomas Thabane, a accusé samedi l'armée de son pays d'avoir mené une tentative de coup d'État, une accusation que les militaires
ont démentie, affirmant que les soldats avaient réintégré leurs casernes.

Des coups de feu ont été entendus samedi à Maseru, capitale de ce petit royaume montagneux enclavé au centre de l'Afrique du Sud. Des unités de l'armée ont occupé le quartier général de la police, fidèle à Thabane, et encerclé la résidence du chef du gouvernement, ont rapporté des témoins et des diplomates.

« Il s'agit d'un coup d'État militaire parce que cela était organisé par des soldats. L'armée n'obéissait plus aux instructions de son commandant en chef qui est moi-même », a expliqué Thomas Thabane à la chaîne de télévision sud-africaine eNCA. 

Il a précisé qu'il devait rencontrer samedi dans la journée les dirigeants sud-africains pour discuter de la crise au Lesotho, résultat de tensions entre des factions rivales au sein de la coalition gouvernementale au pouvoir depuis deux ans.

Prétoria y voit un coup d'État

Selon le porte-parole du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Clayson Monyela, l'opération militaire au Lesotho « portait la marque d'un coup d'État ». Un tel renversement du gouvernement « ne saurait être toléré », a-t-il ajouté. 

Agitations politiques

Les tensions politiques sont vives depuis que Thomas Thabane a suspendu le Parlement en juin dernier pour éviter d'être la cible d'une motion de censure.

Selon les diplomates, l'armée est pour l'essentiel derrière le vice-premier ministre Mothetjoa Metsing, qui s'est engagé à former une nouvelle coalition de gouvernement et à évincer ainsi du pouvoir Thomas Thabane.

L'armée est intervenue après le limogeage de son commandant en chef par le premier ministre, déclarait-on de source diplomatique.

« Le premier ministre est sain et sauf, c'est certain », a dit à Reuters un diplomate, sous le couvert de l'anonymat. Les militaires ont arrêté plusieurs policiers, a dit un témoin.

Les rues de la capitale étaient calmes, même si certains magasins sont restés fermés. Les stations de radio privées ont cessé d'émettre au Lesotho, ont rapporté des radios sud-africaines.

L'Afrique du Sud et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC, dont le Lesotho est membre) ont averti les rivaux politiques du petit royaume qu'elles ne toléreraient pas un changement de gouvernement qui ne s'effectuerait pas dans le respect de la Constitution.

Depuis l'accession à l'indépendance en 1966, le Lesotho a connu plusieurs coups de force militaires. En 1998, au moins 58 habitants et huit militaires sud-africains avaient trouvé la mort et certains quartiers de Maseru avaient été endommagés par des affrontements.

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