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Orléans Express : non unanime en Gaspésie

Autocar d'Orléans Express

Autocar d'Orléans Express

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La seconde journée des audiences de la Commission des transports sur les demandes de modifications d'horaires et de trajets d'Orléans Express a attiré une cinquantaine de personnes, mercredi, à Carleton-sur-Mer.

Huit mémoires ont été présentés et une quinzaine de personnes ont pris la parole. La veille, à Gaspé, cinq mémoires avaient été déposés.

La Commission des transports du Québec a entamé, mardi, ses audiences publiques sur les demandes d'Orléans Express relatives à la modification de son service de transport par autocar en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

Dans la Baie-des-Chaleurs, comme à Gaspé, la proposition d'Orléans Express visant à abolir le service de transport local s'est butée à une forte opposition.  

Des répercussions sur les soins de santé

Un chauffeur au volant de son autocar
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Un chauffeur au volant de son autocar

Photo : iStock

C'est carrément impensable, a fait valoir le porte-parole du Centre de santé et de services sociaux de la Baie-des-Chaleurs, Charles Guérette.

Le CSSS expédie annuellement par autobus 32 000 prélèvements de laboratoire et d'échantillons sanguins.  Chaque année, plus de 250 patients utilisent l'autocar pour aller subir des interventions et des examens dans d'autres établissements de santé. « C'est sûr, explique Charles Guérette, on n'a pas le choix de dire de continuer d'offrir le service. Donc, ça veut dire que c'est le taxi ou l'avion. Pour le centre de santé, c'est très, très important comme coûts. »

Le député fédéral de la Gaspésie et des Îles, Philip Toone, dénonce le transporteur, qui souhaite conserver les parcours rentables comme le corridor Montréal-Québec et laisser tomber des régions comme la Gaspésie. « Il faut aussi avoir une vision de transport pour les régions », souligne le député du NPD.

Le centre des femmes de Bonaventure est du même avis. La directrice de Femmes en mouvement, Hélène Morin, croit que l'ensemble du transport en commun interurbain du Québec devrait être géré par un oganisme sans but lucratif.

Gaétan Lelièvre se prononce

Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.
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Le ministre québécois délégué aux Régions, Gaétan Lelièvre.

Mardi, à Gaspé, le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre est aussi intervenu pour s'opposer aux demandes d'Orléans Express.

Il veut que la situation des transports en Gaspésie soit analysée distinctement.

Dans son mémoire, le député a fait valoir qu'une telle analyse permettrait de tracer le portrait de l'ensemble de l'offre en transport dans la région.

Gaétan Lelièvre souligne que le service de train de passagers n'existe plus et que les services aériens sont extrêmement coûteux. De plus, ajoute-t-il, les services maritimes sont inexistants et le train de marchandises, quasi absent.

« La Gaspésie est une région éloignée, elle ne doit pas être une région isolée. »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, député de Gaspé à l'Assemblée nationale

La Commission des transports du Québec a entamé, mardi, ses audiences publiques sur les demandes d'Orléans Express sur la modification de son service de transport par autocar en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent.

Mémoire des élus

La Conférence régionale des élus et la Régie des transports de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine ont aussi déposé un mémoire conjoint sur les modifications d'horaires et de trajets demandées par Orléans Express.

Les deux organisations s'opposent à la demande du transporteur même si elles jugent elles aussi que le statu quo n'est plus viable ni rentable.

Toutefois, les élus estiment qu'il s'agit d'un service essentiel et que des solutions durables doivent être mises à l'essai avant de le modifier ou de l'abandonner. La Conférence régionale des élus et la Régie sont prêtes à jouer un rôle dans la mise en place d'une solution de rechange, mais elles ne veulent pas être seules dans l'aventure.

Les deux organisations invitent le gouvernement du Québec à chercher avec elles une solution.

Pour sa part, Orléans Express estime qu'il y a urgence d'agir et que le service de transport de passagers par autocar devrait être subventionné en Gaspésie.  

Marc-André Varin, vice-président, développement des affaires à Keolis Canada, suggère d'ailleurs aux Gaspésiens de développer leur propre service. « Toute la Gaspésie nord et sud serait prise en charge de différente façon par la Conférence régionale des élus en opérant un plus petit bus », indique M. Varin.

Une situation intenable, selon le transporteur

Le transporteur a présenté au printemps une proposition visant l'élimination de la plupart de ses haltes pour les passagers et les colis dans les villages de l'Est du Québec. 

Seules les principales villes des deux régions seraient désormais desservies par le service d'autocar. Orléans Express, une entreprise détenue par Kéolis, souhaite aussi réduire la fréquence de ses liaisons tant en Gaspésie qu'au Bas-Saint-Laurent.

En Gaspésie, cela se traduirait par l'abandon de la desserte entre Grande-Rivière et Gaspé et la suspension de six allers-retours entre Montréal et la Gaspésie. Le service direct entre Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski ainsi que celui entre Carleton-sur-Mer et Rimouski disparaîtraient également.

Orléans Express fait valoir qu'elle a perdu 5 millions de dollars en 2013.

L'entreprise, qui se dit en difficultés financières, ajoute que sa demande d'aide financière pour maintenir la desserte des régions plus éloignées a été refusée.

Horaire des audiences :
Gaspé, mardi 26 août
Carleton-sur-Mer, mercredi 27 août
Rimouski, jeudi 28 août
Trois-Rivières, mercredi 3 septembre
Thetford Mines, jeudi 4 septembre

En audiences publiques, Orléans Express Orléans présente d'abord sa preuve générale et particulière, sur chacune des modifications demandées, au lieu et au moment où se déroule la rencontre. Puis, la Commission entend les intervenants.

Pour l'ensemble du Québec, Orléans Express a déposé huit demandes de modification. Plus de 110 demandes d'intervention ont été reçues à la Commission des transports, dont une cinquantaine proviennent de particuliers. .

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