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Bibliothèques scolaires : Yves Bolduc s'excuse

Le ministre de l'Éducation du Québec Yves Bolduc

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation du Québec, Yves Bolduc, fait acte de contrition pour ses propos banalisant la baisse de financement pour l'achat de livres dans les écoles. Il affirme maintenant qu'il demandera aux commissions scolaires de « rétablir les budgets des bibliothèques » et qu'il va s'assurer « qu'on puisse avoir des livres dans les écoles ».

« Je tiens à le dire, je suis très malheureux de la déclaration que j'ai faite. Ça a été une déclaration très malhabile », a déclaré le ministre Bolduc mardi matin en marge du Conseil des ministres. « Ça ne représente vraiment pas ma pensée. Je suis quelqu'un qui croit dans la lecture, qui veut que les jeunes apprennent », a-t-il ajouté.

Je le regrette, je m'excuse, et je comprends que ça a créé une grande controverse

Yves Bolduc, ministre de l'Éducation du Québec

Le ministre de l'Éducation dit avoir été « pris un peu par surprise » lorsque la question des livres a été abordée dans l'entrevue au quotidien Le Devoir qui a mis le feu aux poudres. « Je n'avais pas la perspective au niveau des livres. Et j'avais dit quand même dans l'entrevue que je voulais qu'on ait des nouveaux livres et que je veux qu'on lise beaucoup », a-t-il précisé. 

M. Bolduc s'est défendu d'être insensible à la cause de la lecture, indiquant avoir été « très jeune soumis à pouvoir faire de la lecture ». Il assure qu'il fréquente « extrêmement fréquemment » de nombreuses librairies et qu'il achète des livres « très régulièrement ».

Le ministre s'est défendu d'être sujet à commettre des gaffes, comme il avait aussi été englué dans une controverse concernant des primes qu'il a reçues pour avoir accepté de voir de nouveaux patients alors qu'il était député. « Habituellement, je ne suis pas un gars gaffeur, je suis quelqu'un de très responsable. Il arrive parfois qu'on fait une citation et que ça ne sort pas comme on voudrait », a-t-il lâché. 

Ça arrive dans la vie d'un politicien qu'à un moment donné, tu connais une maladresse et je le reconnais. Je pense que j'ai pris en compte les critiques.

Yves Bolduc, ministre de l'Éducation du Québec

Yves Bolduc admet cependant avoir mis le gouvernement dans l'embarras avec ses dernières déclarations. « Ça a été difficile pour le gouvernement et ça je le reconnais », affirme-t-il. Il soutient qu'il n'a pas discuté de la controverse « en personne » avec le premier ministre Couillard, mais que leurs équipes ministérielles ont eu des conversations à ce sujet.

Le ministre de l'Éducation souhaite maintenant mettre fin à la controverse soulevée par ses propos. « Ce qui est bien important pour moi, c'est de me consacrer au projet actuel - avoir un bon apprentissage chez nos jeunes, la lecture c'est important, renforcer le français – et on va prendre les mesures nécessaires pour pouvoir le mettre en place », affirme-t-il.

Actuellement, les livres vont être protégés. Même si c'est les commissions scolaires qui décident, moi je vais demander aux commissions scolaires, je vais exiger que les budgets soient protégés à ce niveau-là. Je pense qu'eux autres mêmes sont en mesure de comprendre que ce n'est pas une bonne décision de couper dans les livres.

Yves Bolduc, ministre de l'Éducation du Québec

La semaine dernière, Yves Bolduc avait déclaré au quotidien Le Devoir que les bibliothèques des écoles étaient bien garnies et que les commissions scolaires pouvaient choisir de couper dans l'achat de livres pour faire face aux compressions qui touchent le milieu de l'éducation.

« Il n'y a pas un enfant qui va mourir de ça et qui va s'empêcher de lire, parce qu'il existe déjà des livres » dans les bibliothèques, avait affirmé Yves Bolduc. « J'aime mieux [que les commissions scolaires] achètent moins de livres. Nos bibliothèques sont déjà bien équipées. »

Ces déclarations ont jeté la consternation dans les milieux du livre et de l'éducation, et des appels à la démission du ministre ont été entendus.

Devant le tollé, le premier ministre Philippe Couillard a lui-même contredit son ministre de l'Éducation en affirmant que l'achat de livres était prioritaire. « C'est vrai que les commissions scolaires doivent faire leurs choix, mais entre nous, je pense qu'il y a d'autres choix à faire pour les commissions scolaires avant de toucher aux livres », a-t-il dit.

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