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Réforme des retraites : les aînés craignent de s'appauvrir

Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales, en commission parlementaire sur le projet de loi sur la réforme des régimes de retraite municipaux, le 21 août 2014

Pierre Moreau, ministre des Affaires municipales, en commission parlementaire sur le projet de loi sur la réforme des régimes de retraite municipaux (archives)

Photo : La Presse canadienne / Francis Vachon / PC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au tour des aînés de critiquer le projet de loi sur les régimes de retraite. La réforme proposée par le gouvernement libéral « contribuerait indéniablement à l'appauvrissement des aînés », selon le réseau de la Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ).

Lors des travaux de la commission parlementaire sur le projet de loi 3, lundi, la FADOQ a rappelé que le projet de loi prévoit « l'abolition unilatérale de l'indexation » des retraites. Une mesure « inacceptable », à son avis, puisque sans indexation au coût de la vie, le pouvoir d'achat des retraités diminue.

Depuis 10 ans, les retraités ont perdu près de 50 % de leur pouvoir d'achat, indique le mémoire du FADOQ, qui représente plus de 300 000 personnes de plus de 50 ans. Et la situation semble se dégrader, ajoute-t-on, en raison notamment de la hausse des taxes et des tarifs.

Le projet de loi 3 nous pousse vers un précédent inacceptable qui, non seulement appauvrit les travailleurs québécois, mais diminue la qualité de vie des aînés à moyen et long termes.

Réseau FADOQ

Le regroupement d'aînés demande par ailleurs l'élaboration d'une politique nationale du vieillissement afin d'assurer une qualité de vie adéquate pour tous.

Un projet de loi sur la voie rapide

Le gouvernement Couillard place le projet de loi 3 sur la voie rapide pour une adoption le plus tôt possible cet automne. Ce sentiment d'urgence du gouvernement laisse croire que bien peu de modifications de fond seront apportées au projet de loi controversé, qui vise à revoir le mode de financement des régimes de retraite des employés municipaux à prestations déterminées, et ce, au grand dam des syndicats.

Pressé de conclure, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a dit lundi qu'il souhaitait faire en sorte que les étapes devant mener à l'adoption du projet de loi aillent rondement.

Quel avenir pour nos retraites?  Consultez notre dossier.

Longueuil et Gatineau appuient la réforme

Si le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, ne s'est pas montré très réceptif aux arguments des aînés, il a rapidement retrouvé le sourire. Après la FADOQ, les Villes de Longueuil et de Gatineau sont venues soutenir le gouvernement libéral dans son désir de réformer les régimes de retraite, à l'instar de Montréal et de Québec.

Il y a un « déséquilibre des forces » entre les municipalités et les syndicats, a affirmé la mairesse Caroline St-Hilaire. Le déficit des régimes de retraite de la municipalité est maintenant de quelque 150 millions de dollars, indique-t-on dans le mémoire présenté par la Ville de Longueuil.

Avec son projet de loi, le gouvernement nous donne des outils pour exercer un véritable rapport de force.

Caroline St-Hilaire

Le gouvernement propose une « solution immédiate et définitive » au problème des retraites, a plaidé Mme St-Hilaire, demandant toutefois plus de flexibilité dans l'application de la réforme, afin de pouvoir l'adapter aux réalités de sa Ville.

Malgré son soutien au projet de réforme, la mairesse estime que la négociation avec les syndicats est la meilleure avenue pour renouveler les ententes sur les régimes de retraite. Elle demande donc au ministre Moreau plus de temps pour trouver une solution avec les syndicats.

Sans entente négociée, le projet de loi 3 est nécessaire pour forcer le jeu, estime la Ville de Longueuil.

Même son de cloche du côté de Gatineau. Le mémoire déposé par le maire Maxime Pedneaud-Jobin souligne que sa municipalité souhaite régler l'épineux dossier du financement des régimes de retraite de concerts avec les représentants syndicaux de ses employés.

Dans ce contexte, peut-on y lire, le projet de loi 3 établit des « principes clairs permettant un contrôle et une répartition équitable des coûts des régimes », tout en forçant les parties concernées à négocier.

En fin de journée, la Fédération des associations de cadres municipaux a pour sa part demandé au gouvernement d'assouplir son projet de loi afin de favoriser les ententes négociées entre les parties.

Québec estime à 3,9 milliards de dollars le total des déficits accumulés des régimes de retraite des employés municipaux. La consultation parlementaire menée sur le sujet se terminera mardi, au terme de cinq jours d'audiences.

Avec les informations de La Presse canadienne

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