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Hommage aux Ukrainiens internés, 100 ans plus tard

Une des plaques dévoilées le 22 août 2014 en mémoire des milliers de personnes d'origine ukrainienne, roumaine, slovaque, tchèque, hongroise, polonaise et allemande internées dans les 24 camps d'internement à travers le Canada durant la Première Guerre mondiale.

Une des plaques dévoilées en mémoire des milliers de personnes d'origine ukrainienne, roumaine, slovaque, tchèque, hongroise, polonaise et allemande internées dans 24 camps à travers le Canada durant la Première Guerre mondiale.

Photo : Radio-Canada

Ralph-Bonet Sanon
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La communauté ukrainienne du Manitoba, la plus nombreuse au Canada, honore aujourd'hui la mémoire des Ukrainiens internés en sol canadien durant la Grande Guerre.

Il y a 100 ans, le gouvernement canadien a invoqué la Loi sur les mesures de guerre pour la première fois, ce qui a permis l'internement de plusieurs milliers de personnes désignées « étrangers ennemis », dans 24 camps à travers le Canada. Les prisonniers étaient d'origine ukrainienne, mais aussi allemande, roumaine, slovaque, tchèque, hongroise et polonaise.

L'Association ukrainienne-canadienne des droits civils a voulu souligner ce centenaire par le dévoilement de 100 plaques à travers le Canada, à 11 h, heure locale. Au Manitoba, des plaques ont été dévoilées à 26 endroits, dont Brandon, qui a accueilli un camp d'internement, et Winnipeg.

L'internement a longtemps été un sujet tabou, témoignent des membres de la communauté ukrainienne. Tant et si bien qu'il est difficile aujourd'hui de trouver les familles de ceux qui ont été internés, selon la présidente du conseil provincial manitobain du Congrès des Ukrainiens-Canadiens. « C'était honteux de parler de ça », affirme Oksana Bondarchuk.

« Au lieu d'être offusquées du fait qu'une ethnie ait été désignée et internée en tant qu'ennemi intérieur, ces personnes se sont réintégrées au reste de la communauté ou sont reparties à l'étranger après la guerre, sans parler de ce qu'elles ont vécu. »

Le prêtre orthodoxe Roman Bozyk évoque lui aussi le silence qui entourait la question de l'internement non seulement dans les familles ukrainiennes, mais également au sein du gouvernement et dans les livres d'histoire. « Mais maintenant, je pense que le gouvernement canadien a constaté qu'il fallait en parler », estime-t-il. « C'est comme toutes les tragédies dans l'histoire : il faut les connaître, il faut en parler, pour ne pas les répéter. »

En 2008, le gouvernement canadien et les associations ukrainiennes ont mis sur pied un fonds de dotation de 10 millions de dollars.

Le Fonds canadien de reconnaissance de l'internement durant la Première Guerre mondiale sert à financer des projets pour éduquer le public au sujet de l'internement.

Le reportage de Katrine Deniset

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