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Une PME du Québec veut faire mieux que le Monopoly

Jeux de société

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les stocks dans l'entrepôt de F2Z ont doublé en une année : on y retrouve maintenant des milliers de boîtes de jeux de société empilées les unes sur les autres. La petite entreprise établie à Rigaud en Montérégie a passé Go. Elle se targue maintenant de vendre jusqu'à 1,5 million de jeux dans le monde annuellement.

L'industrie des jeux de société au Québec est en pleine croissance, notamment grâce à F2Z, qui exploite la bannière Filosofia. En 2002, Sophie Gravel et Martin Tremblay considéraient l'offre de jeux de table trop limitée. Ils ont donc lancé cette entreprise afin d'importer dans la province des jeux d'Allemagne - l'incontournable en la matière. Il s'agissait à l'époque d'un vrai coup de dés.

Aujourd'hui, en plus d'agir en tant que distributeur, F2Z édite, c'est-à-dire qu'il conçoit et produit des jeux de société destinés principalement aux adultes à partir de propositions d'auteurs. Au même titre qu'un éditeur de livres, F2Z fait la promotion des créateurs en inscrivant leur nom sur la boîte.

« Un jour, on a voulu éditer nos propres jeux comme Carcassonne, Catane et Pandémie, qui sont devenus nos marques fétiches et de commerce distribuées partout dans le monde. »

— Une citation de  Lyne Bouthillette, directrice des communications et marketing

Les différents titres de Pandémie, un jeu coopératif où les joueurs doivent sauver le monde, ont été publiés dans 16 langues et vendus à plus de 250 000 exemplaires en 2013. La même année, F2Z a propulsé son chiffre d'affaires de 10 à 20 millions de dollars grâce à la récente acquisition de l'éditeur américain Z-Man Games. En peu de temps, les défis se sont accumulés.

« Dans l'organisation et la planification des employés, il a fallu repenser les postes pour couvrir toutes les sphères, ajoute Lyne Bouthillette. On a embauché des graphistes. On en est encore à travailler sur notre logistique. Personne ne peut faire ça simplement sans avoir des épreuves », dit-elle.

Le nombre d'employés a d'ailleurs plus que doublé en deux ans; ils sont maintenant près d'une trentaine.

Pandémie, un jeu coopératif où les joueurs doivent sauver le monde
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Pandémie, un jeu coopératif où les joueurs doivent sauver le monde

Photo : ICI Radio-Canada

La fabrication à l'étranger

F2Z ne fabrique pas ses jeux au Québec. La production matérielle se réalise en Allemagne et en Chine. L'achat de la machinerie serait trop dispendieux, au dire de l'entreprise.

D'autres tentent toutefois de mettre de l'avant un produit purement québécois. Gladius, établie à Beauport près de Québec, s'assure que la majorité des composantes de ses jeux soient fabriquées ici même en usine.

« C'est devenu une question de valeur. On fait affaire avec des fournisseurs québécois. Nous, on assemble. La rapidité d'exécution est meilleure ici. On contrôle notre qualité et notre production. »

— Une citation de  Marc Fournier, directeur aux recherches et développement de Gladius

Gladius édite des jeux de société pour enfants et pour adultes fondés pour la plupart sur des licences connues :

  • Caillou;
  • Devenez magicien avec Luc Langevin;
  • La Guerre des Clans;
  • Pyramide.

Des jeux spécialisés pour un public ciblé

Si 75 % des ventes de F2Z se font à l'extérieur du Canada, il reste qu'au Québec le marché est en plein essor.

« Depuis 10 ans, l'explosion est assez phénoménale dans le jeu de société pour adultes. Ça fait cinq ans que je suis aux achats. La superficie dédiée à ces jeux en magasin a plus que triplé. »

— Une citation de  Laurence Gareau, acheteuse de jeux de société pour les boutiques Franc Jeu

Le jeu de société se spécialise désormais en visant un public bien ciblé, que ce soit pour les enfants, les fêtes entre amis, les couples ou les adeptes de stratégie. Cela minimise l'impact des jeux vidéo et en ligne, et de la concurrence de jeux classiques - tel que Monopoly, Clue et Cranium - vendus sur Internet et dans les grands magasins.

Bar de Montréal dédié aux jeux de société, le Randolph Pub Ludique
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Bar de Montréal dédié aux jeux de société, le Randolph Pub Ludique

Photo : ICI Radio-Canada

Autour d'une bière?

Montréal a désormais un bar dédié aux jeux de société, le Randolph Pub Ludique. Joël Gagnon, copropriétaire avec trois autres partenaires, dont le comédien Normand D'Amour, y a vu une occasion de pousser sa passion jusqu'à l'entrepreneuriat.

Aujourd'hui, les amateurs font parfois la file à l'extérieur du bar pour jouer du dé et du pion entre amis, autour d'une bière. « Plus que jamais, les gens ont besoin de se réunir parce que les emplois sont reliés aux ordinateurs, aux écrans », fait savoir Joël Gagnon pour justifier la popularité de son établissement.

De la table à la tablette

La modernisation des jeux de société explique en grande partie le regain d'intérêt qu'ils suscitent. Joël Gagnon indique que les jeux ont bien évolué avec les années.

« [Les jeux de société] sont rendus plus interactifs, plus faciles à apprendre, plus courts, plus simples, plus beaux. Donc tout est meilleur. »

— Une citation de  Joël Gagnon, copropriétaire du Randolph Pub Ludique

L'industrie adapte aussi ses jeux existants à la technologie. F2Z offre désormais certaines de ses créations à la fois sur plateau et sur tablette électronique. Leurs versions mobiles peuvent ainsi être utilisées partout, en tout temps. Mais de la tablette à la table, le jeu de société - le nom le dit - se joue toujours avec d'autres.

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