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Ukraine : Moscou s'engage dans une « dangereuse escalade », selon Washington et Berlin

Des camions du convoi russe ont emprunté la route principale menant à Louhansk vendredi, après avoir franchi la frontière.

Des camions du convoi russe ont emprunté la route principale menant à Louhansk vendredi, après avoir franchi la frontière.

Photo : La Presse canadienne / AP/Sergei Grits

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Russie s'engage dans une « dangereuse escalade » en Ukraine, selon le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel.

Lors d'un entretien téléphonique, vendredi soir, les deux chefs d'État ont reproché à Moscou une présence militaire importante à la frontière et l'envoi d'un convoi humanitaire en Ukraine.

La chancelière Merkel et le président Obama estiment que la présence de ce convoi de 300 camions sans autorisation de Kiev constitue une « provocation supplémentaire et une violation de la souveraineté de l'Ukraine », a indiqué la Maison-Blanche.

Plus tôt dans la journée, à Washington, le Pentagone a exigé de la Russie qu'elle retire « immédiatement » son convoi du territoire ukrainien, sous peine de nouvelles sanctions.

« Il s'agit d'une violation claire de la frontière ukrainienne », a pour sa part commenté la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, par l'entremise d'un porte-parole. « Cela est contraire aux ententes précédentes conclues entre l'Ukraine, la Russie et le CICR [Comité international de la Croix-Rouge] ».

L'Ukraine et ses alliés occidentaux craignent depuis le début de cette affaire que le convoi russe ne contienne du matériel destiné aux rebelles prorusses que l'armée ukrainienne combat dans l'est du pays, une allégation que la Russie juge absurde.

Kiev accuse la Russie de se livrer à une « invasion directe » de son territoire après que plus de 130 camions russes transportant possiblement de l'aide humanitaire eurent forcé la frontière entre les deux pays. Washington exige le retrait des camions, sous peine de nouvelles sanctions.

Convoi sans escorte

Selon les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ce sont 134 camions russes, 12 véhicules de soutien et une ambulance qui sont entrés en Ukraine vendredi matin. Ils ont atteint quelques heures plus tard Louhansk, sous contrôle des rebelles prorusses, sans avoir été escortés par le CICR, qui dit ne pas avoir obtenu les garanties de sécurité nécessaires au préalable.

Le président ukrainien Petro Porochenko a dénoncé « une violation flagrante du droit international ». Selon le gouvernement ukrainien, seuls 35 camions avaient obtenu l'autorisation de passer.

Le ministère russe des Affaires étrangères avait prévenu plus tôt dans la journée que « la responsabilité de possibles conséquences de provocations dirigées contre le convoi [...] reviendra complètement et entièrement à l'Ukraine ». Kiev avait fait savoir qu'elle n'entendait pas attaquer le convoi pour éviter toute « provocation », tout en précisant que la sécurité du convoi ne pouvait être garantie.

La ville de Louhansk est contrôlée par les rebelles prorusses depuis plusieurs mois, mais l'armée ukrainienne l'assiège depuis près de trois semaines. Les résidents n'ont plus d'électricité ni d'eau courante et peinent à survivre, a confirmé le CICR, qui a pu visiter la ville mercredi. Moscou affirme que son convoi contient précisément de l'eau, de la nourriture, mais aussi des médicaments pour la population locale.

Merkel à Kiev

La chancelière allemande est attendue samedi en Ukraine pour tenter d'obtenir une trêve dans les combats dans l'est du pays. Il s'agit de la première visite à Kiev de la chancelière allemande depuis le déclenchement de la crise.

« L'objectif essentiel sur le plan politique est de parvenir à un cessez-le-feu commun », a commenté Mme Merkel dans un entretien accordé au journal Freie Press à paraître samedi, dont des extraits ont été rendus publics vendredi.

Il ne peut pas y avoir de solution purement militaire.

Une citation de :La chancelière allemande Angela Merkel

Réunion d'urgence du Conseil de sécurité

À New York, le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni en après-midi à la demande de la Lituanie, pour discuter de la situation en Ukraine. Il est hautement improbable que cette réunion aboutisse à quelque chose de concret, puisque la Russie est un membre permanent du Conseil et dispose donc d'un droit de veto.

Le chef de la diplomatie lituanienne a annoncé sur son compte Twitter qu'un consul honoraire de son pays, Mykola Zelenets, a été « kidnappé et brutalement tué par des terroristes » à Louhansk. Il a envoyé son message depuis Kiev, où il a été reçu par le président Porochenko.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dit être « profondément inquiet » des derniers développements, qui pourraient envenimer selon lui une situation déjà dangereuse dans l'est de l'Ukraine.

« L'inquiétude est grande, car jusqu'à présent ni la partie ukrainienne ni la Croix-Rouge ne savent ce que contient ce convoi », a pour sa part affirmé le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un courrier envoyé aux membres du Conseil de sécurité avant la réunion.

L'ambassadeur russe Vitaly Churkin a pour sa part affirmé que les camions qui ont franchi la frontière transportent des générateurs électriques, du sucre, du thé et de la nourriture pour bébé.

Il s'est moqué de ceux qui prétendent qu'ils transportent des armes. Quand on lui a demandé si le convoi transportait de l'aide pour les rebelles, il a répondu : « Avec de la nourriture pour bébé? »

Les États-Unis n'ont pas le monopole en matière d'humanisme. Si vous essayez de remettre en cause notre humanisme, je ne l'apprécierai pas.

Une citation de :Vitaly Churkin, ambassadeur de la Russie à l'ONU

L'armée russe se renforce à la frontière, selon l'OTAN

Le secrétaire général de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Anders Fogh Rasmussen, a fait savoir dans un communiqué que l'alliance militaire avait constaté une augmentation alarmante du nombre de soldats et d'avions russes déployés à proximité de la frontière ukrainienne.

Cette activité militaire et le passage du convoi d'aide humanitaire russe en Ukraine sans l'accord des autorités de Kiev, « ne peuvent qu'aggraver la crise régionale que la Russie a créé et qu'elle continue d'alimenter », dit-il.

« Nous avons aussi constaté la livraison aux groupes séparatistes de l'est de l'Ukraine d'une quantité importante d'armes sophistiquées, dont des chars, des transports de troupes blindés et de l'artillerie », a poursuivi M. Rasmussen.

Le New York Times cite pour sa part des responsables de l'alliance militaire qui affirment que l'armée russe a déplacé des pièces d'artillerie en territoire ukrainien et qu'elle les utilise pour tirer sur des soldats ukrainiens.

Kiev affirme depuis plusieurs semaines déjà que Moscou a massé 45 000 soldats à sa frontière orientale. L'OTAN ne dit pas autre chose, bien qu'elle estime le nombre de militaires à environ 20 000.

Un entretien Poutine et Merkel

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré à la chancelière allemande Angela Merkel que « tout nouveau retard du convoi humanitaire russe aurait été inacceptable », selon un communiqué publié par le Kremlin. Il a déploré les « atermoiements de Kiev » dans ce dossier.

Il a également fait part de sa « sérieuse préoccupation » concernant « l'escalade de l'usage de la force » par Kiev dans l'est de l'Ukraine à la chancelière allemande, qui est attendue samedi à Moscou.

Toujours selon le Kremlin, M. Poutine et Mme Merkel auraient discuté de « certaines initiatives que la Russie et l'Allemagne pourraient prendre pour contribuer à un arrêt rapide des combats et à la mise en place d'un dialogue interne en Ukraine ».

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier
Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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