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Vingt ans de gestion scolaire au Manitoba : et maintenant?

Des anciens élèves de l'École Saint-Joachim à La Broquerie réunis en 2013 lors du 25e anniversaire de l'établissement. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Après 20 ans de gestion scolaire en français au Manitoba, et avec de nouvelles écoles en construction et de nouveaux programmes en développement, quelles leçons la Division scolaire franco-manitobaine doit-elle tirer?

Richard Turenne, diplômé de l'École Saint-Joachim à La Broquerie, constate les bienfaits de son ancienne école, depuis qu'elle a ouvert ses portes il y a 25 ans, et rejoint la DSFM il y a 20 ans. Il souligne en particulier la présence du Centre de la petite enfance et de la famille, un lieu rassembleur et plein de ressources.

Maintenant, comme parent, on voit le rôle qu'a la DSFM dans la communauté, dans la préservation de la langue, de la culture, pour nous autres, la famille et la communauté.

Richard Turenne, diplômé de l'École Saint-Joachim, La Broquerie
Richard Turenne a obtenu son diplôme de l'École Saint-Joachim à La Broquerie en 1998.Richard Turenne a obtenu son diplôme de l'école Saint-Joachim à La Broquerie en 1998. Photo : Radio-Canada

L'ancienne secrétaire Lorraine Dumesnil, aujourd'hui retraitée, cite aussi les programmes pour les parents exogames et les prématernelles. « Ça aide les enfants », souligne la dame.

Le premier président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Louis Tétreault, note plusieurs grandes réussites, comme l'augmentation de la population étudiante et le plus grand contrôle sur le budget des écoles francophones.

Une réalisation surpasse toutefois toutes les autres. « Il y a eu des communautés où des frères et soeurs ne se parlaient plus parce qu'un voulait, l'autre non », raconte M. Tétreault. « Je crois qu'après 20 ans, la plus grande réussite, c'est que maintenant, ce n'est plus un enjeu. »

Le défi de l'exogamie et du faible français

Le bilan est toutefois loin d'être parfait. En 2012, Roger Legal publie son manifeste sur l'éducation française au Manitoba, dans lequel il clame que le français tend à disparaître. « Le facteur le plus important est le fait que les parents parlent anglais maintenant », fait remarquer l'ancien doyen de la Faculté de l'éducation du Collège universitaire de Saint-Boniface de 1981 à 1997.

En janvier 2012, Roger Legal a publié un manifeste sur l'éducation française au Manitoba.En janvier 2012, Roger Legal, a publié un manifeste sur l'éducation française au Manitoba. Photo : Radio-Canada

Il propose de lancer une vaste campagne de sensibilisation auprès des parents, des jeunes familles et des diplômés, pour promouvoir l'utilisation du français à la maison. « Les gens qui parlent anglais entre eux, même s'ils sont issus d'écoles françaises, je déplore la situation, mais je ne les culpabilise pas. Ils sont victimes des circonstances »,  dit-il.

Louis Tétreault reconnaît que c'est là le plus grand défi de la DSFM : s'ouvrir aux non-francophones et intégrer les ayants droit qui maîtrisent peu le français, tout en préservant la qualité de la langue.

On ne peut pas dire qu'on va vivre juste avec les enfants qui ont une habileté française. On ne peut pas, l'école se ferait étouffer. Le nombre descendrait. Là, nos nombres augmentent au lieu.

Louis Tétreault, premier président de la CSFM, 1994-1995

L'argent sera le nerf de la guerre

Pour franciser ces élèves, il faut mettre des programmes en place, comme la prématernelle à temps plein. Ces mesures coûtent cher. « Le financement, il va falloir s'engager pour finir le combat », prévient Roger Legal.

Le premier président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Louis Tétreault, se dit fier du chemin parcouru par la DSFM en 20 ans.Le premier président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Louis Tétreault, se dit fier du chemin parcouru par la DSFM en 20 ans. Photo : Radio-Canada

Louis Tétreault se dit qu'au moins beaucoup de chemin a été fait. « Il y a 20 ans, quand nous avons pris les rênes pour la première fois, jamais nous n'aurions imaginé qu'il y aurait une école à Thompson ou à Brandon », dit-il.

En fait, la DSFM compte six écoles et un centre d'apprentissage pour adultes de plus que lors de sa création. Des établissements qui ont décerné des diplômes à plus de 6000 élèves ces 20 dernières années.

Des adultes dont les enfants seront un jour appelés à aller faire vivre, à leur tour, les écoles de la Division scolaire franco-manitobaine.

La Division scolaire franco-manitobaine (DSFM) s'apprête à célébrer ses 20 ans d'existence. Pour souligner cet anniversaire, Radio-Canada présente une série de reportages pour revisiter le passé, mais aussi pour comprendre où est rendu l'organisme aujourd'hui et ce qui l'attend demain.

 

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