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Gros-Cacouna : Québec autorise les forages

Les précisions de Denis Leduc
Radio-Canada

Québec donne le feu vert à TransCanada pour la réalisation de forages géotechniques au large de Cacouna dans le cadre du projet d'oléoduc Énergie Est.

« Le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques s'est assuré que l'habitat du béluga soit respecté avant de délivrer un certificat d'autorisation pour des travaux de sondage préliminaire en milieu aquatique », peut-on lire dans un communiqué du gouvernement québécois.

TransCanada a déjà effectué des tests géophysiques en avril. Ces derniers devaient permettre de mieux connaître la nature du fond marin. Il s'agissait d'études réalisées à l'aide de sons. 

Les forages géotechniques doivent servir à déterminer les emplacements du possible port pétrolier et de possibles réservoirs de stockage de pétrole à Cacouna. Les travaux visent donc à étudier la composition du sol sous-marin dans le secteur du port de Gros-Cacouna.

La compagnie albertaine devra se plier à une série de mesures afin de préserver les bélugas. Le secteur de Cacouna est reconnu comme la pouponnière du mammifère marin.

Les mesures (en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement) :

  • S'assurer qu'aucun béluga ne se trouve dans un rayon de 540 m au moment des forages.
  • Arrêter les travaux quand un béluga se trouve à proximité des travaux et mettre en place un moyen pour les détecter.
  • Respecter le niveau de bruit subaquatique (moins de 120 décibels à 540 m) lors des forages et respecter le bruit maximal de 45 décibels aux limites de la résidence la plus près.
  • Limiter le trafic maritime à un seul aller-retour quotidien entre la plateforme et la rive.

En mai dernier, TransCanada s'était engagée devant la Cour supérieure à suspendre ses travaux. Quatre groupes environnementalistes avaient tenté d'avoir une injonction pour faire cesser les travaux de forages. Les deux parties s'étaient entendues sur un énoncé qui confirmait que l'entreprise albertaine s'engageait à ne pas forer avant d'avoir l'autorisation du ministre de l'Environnement, David Heurtel.

La victoire que nous avons obtenue est qu'on a réveillé un peu le Québec dans ce dossier qui jusqu'à ce moment n'avait pas demandé d'exigences et n'avait pas forcé la compagnie à avoir des permis. C'est intéressant de voir que Québec a son mot à dire au gouvernement fédéral.

Me Michel Bélanger

Me Bélanger, qui représente les groupes environnementalistes, refuse de parler de défaite puisqu'il pense que Québec est maintenant un joueur dans le débat, dont l'Office national de l'énergie, une instance fédérale, doit se mêler.

De son côté, TransCanada se réjouit de la décision de Québec, mais n'était pas encore en mesure de dire, jeudi après-midi, quand les travaux préliminaires commenceront.

Le ministre Heurtel avait confirmé, en juin, que son ministère menait deux études pour évaluer le projet Énergie Est. Il avait mentionné que les études devaient être déposées en août en refusant de dire s'il allait les rendre publiques.

L'une des évaluations porte sur l'ensemble du projet et l'autre concerne uniquement le port pétrolier que souhaite implanter l'entreprise albertaine à Cacouna.

Projet d'oléoduc Énergie Est

TransCanada prévoit construire un port pétrolier à Cacouna. Un tronçon d'oléoduc doit traverser le Kamouraska et le Témiscouata. 

L'oléoduc de 4600 km transporterait quotidiennement plus d'un million de barils de pétrole brut de l'Ouest canadien jusqu'à des raffineries et des terminaux au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Le projet prévoit la conversion d'un gazoduc existant de TransCanada, puis la construction d'un oléoduc sur le reste du parcours en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.

Des scientifiques, des environnementalistes et des citoyens sont opposés à l'installation de l'oléoduc. Certains ont marché 700 km, à travers le Québec, pour contrer le projet.

Au final, l'Office national de l'énergie recommandera au gouvernement fédéral de réaliser le projet ou de le rejeter.

Le tracé prévu du pipeline de TransCanadaLe tracé prévu du pipeline de TransCanada Photo : TransCanada

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Environnement