•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les photos de bébés, publier ou ne pas publier?

Un bébé.
Radio-Canada

Alors que les photos de bébés et les anecdotes adorables sur les enfants pullulent sur les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram, de plus en plus de parents affirment faire le choix délibéré de ne pas publier d’images de leur enfant en ligne.

Leur décision semble complètement à contre-courant, mais leurs arguments trouvent tout de même des échos.

Scott Steinberg, un consultant en commerce technologique américain, qui compte plus de 4800 amis sur Facebook, est catégorique. « Je ne veux pas que personne ne puisse s’intéresser à mes enfants, puisse les reconnaître sur la rue ou lorsqu’ils partent pour l’école. Et le meilleur moyen d’empêcher cela, c’est de ne rien publier comme information qui permet de les identifier », dit le père de famille.

Outre l’enjeu de la sécurité, plusieurs parents évoquent aussi le fait qu’ils n’ont pas confiance en ce que les entreprises voudront faire, à l'avenir, des données privées que l'on publie sur les réseaux sociaux. Lorsqu'on s'inscrit sur Facebook en acceptant ses conditions d'utilisation, l'entreprise s'octroie « une licence non exclusive, transférable, sous-licenciable, sans redevance et mondiale » pour l'utilisation des contenus. Des informations peuvent aussi être vendues à des entreprises pour faire de la publicité ciblée.

« Personne ne lit les conditions d'utilisation de Facebook, c’est beaucoup trop compliqué », dit Caroline Knorr, qui travaille pour l’organisme à but non lucratif Common Sense Media. Cet organisme étudie l’utilisation que les enfants font de la technologie.

Josh Furman et sa femme Alisha Klapholz sont de nouveaux parents, et ils se disent très préoccupés par cette question. Ils ont décidé de ne pas publier le réel nom de leur fille sur Facebook et d’utiliser plutôt un surnom. « En 2014, on a l’impression que les répercussions, lorsqu’on partage des informations privées, sont complètement imprévisibles », dit M. Furman.

Notre enfant n’est pas en mesure, présentement, de prendre des décisions concernant les détails de sa vie qu’elle aimerait ou n’aimerait pas partager.

Josh Furman

Il peut être difficile, par ailleurs, de garder le contrôle de ce que l’on met en ligne, si, par exemple, d’autres membres de la famille ou des amis les partagent à leur tour.

Des parents disent aussi qu’ils aimeraient bien publier des images et des informations sur leurs enfants, mais que l’idée de la « permanence » des données que l’on met sur le web les rend mal à l’aise.

« Je suis sûre que mes parents ont déjà raconté des anecdotes embarrassantes sur moi quand j’étais petite, dit Amy Heinz, mais ces histoires ne peuvent pas refaire surface aujourd’hui…, explique la maman blogueuse qui donne aussi des surnoms à ses enfants lorsqu’elle écrit sur eux. Je suis toujours consciente que ce que j’écris ne me concerne pas seulement moi. »

Le mois dernier, après une controverse entourant une photo qui avait été bannie d’Instagram pour « nudité » parce que la petite fille de 1 an dans l’image montrait ses petites culottes, l’éditorialiste S.E. Smith s’interrogeait dans le Daily Dot (Nouvelle fenêtre) des conséquences de ce type d’affaires sur les enfants. Le droit des enfants à la vie privée n’est pas un enjeu dont on discute dans la société depuis l’avènement des réseaux sociaux, observait-elle.

« Qu’adviendra-t-il de ces enfants lorsqu’ils seront grands? Que penseront-ils du fait que leurs photos aient été disséminées partout dans le web? », se demandait-elle.

Quoi qu'il en soit, les parents qui ne publient strictement rien à propos de leurs enfants seraient minoritaires. Selon un sondage publié en 2011 aux États-Unis, 66 % des parents de la génération X (nés dans les années 1960 et 1970) dévoilaient publier des informations et des photos de leurs enfants en ligne.

Avec les informations de Associated Press, et avec CBC

Société