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Lac-Mégantic : la ministre Raitt jette tout le blâme sur la MMA

La ministre des Transports du Canada, Lisa Raitt, et le ministre Steven Blaney.
La ministre des Transports du Canada, Lisa Raitt, et le ministre Steven Blaney. Photo: La Presse canadienne / Patrick Doyle
Radio-Canada

La ministre des Transports du Canada, Lisa Raitt, refuse d'envisager que son gouvernement assume une part du blâme pour la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, qui a coûté la vie à 47 personnes et causé des dommages de plusieurs millions de dollars.

Lors d'une conférence de presse donnée dans la foulée du dévoilement du rapport du Bureau de la sécurité des transports (BST), Mme Raitt a plutôt insisté sur le fait que la compagnie Montreal, Maine & Atlantic (MMA) « n'avait pas suivi les règles » en vigueur, comme le prouvent les accusations criminelles déposées dans ce dossier.

Les journalistes qui interrogeaient la ministre sont constamment revenus à la charge en citant des passages du rapport du BST touchant le manque de supervision de Transports Canada, mais en vain. Mme Raitt s'est bornée à évoquer la responsabilité de la MMA et à rappeler les gestes posés par son gouvernement depuis la catastrophe du 6 juillet 2013. 

La ministre fédérale des Transports affirme qu'elle a demandé aux responsables de son ministère de lui proposer « rapidement » des solutions pour répondre aux deux nouvelles recommandations faites par le BST dans son rapport sur l'accident, soit :

  • que Transports Canada joue un rôle plus actif à l'égard des systèmes de gestion de la sécurité des compagnies ferroviaires, en s'assurant non seulement qu'ils existent, mais qu'ils fonctionnent et qu'ils sont efficaces;
  • que les compagnies ferroviaires canadiennes mettent en place des moyens de défense physiques additionnels pour empêcher les trains de partir à la dérive.

Lisa Raitt a aussi argué que les systèmes de gestion de la sécurité (SGS) avaient été implantés il y a 20 ans au pays, qu'ils fonctionnaient partout dans le monde, et qu'il s'agissait de la « voie appropriée » à suivre.

Dans son rapport, le BST soutient que « la MMA avait une faible culture de sécurité et n'avait pas de système de gestion de la sécurité fonctionnel pour gérer les risques », mais ajoute que « Transports Canada n'avait pas effectué de vérifications de la MMA assez poussées ni assez fréquentes pour être bien certain qu'elle gérait efficacement les risques opérationnels ».

Transports Canada savait que la MMA avait certains problèmes, mais il n'y avait pas toujours de suivi. On cherchait à s'assurer que les compagnies ferroviaires avaient bel et bien un SGS au lieu de chercher à savoir comment elles s'en servaient et s'il était efficace.

Jean Laporte, administrateur en chef des opérations du BST

L'opposition blâme le gouvernement

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a aussi rapidement réagi à la publication du rapport du BST. « Depuis la tragédie au Lac-Mégantic, nous disons la même chose : le gouvernement n'a pas rempli son obligation de protéger le public », a-t-il déclaré.

En faisant défaut de vérifier les rapports envoyés par le chemin de fer [MMA], on compromettait la protection du public avec un résultat tragique.

Thomas Mulcair, chef du NPD

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de transports, Hoang Mai, estime lui aussi que le gouvernement doit porter une part du blâme dans la tragédie, puisqu'il n'a pas correctement supervisé la MMA.

Le gouvernement savait que la MMA avait des problèmes, mais lui a quand même permis de poursuivre ses opérations, a-t-il dénoncé. Selon lui, la déréglementation de l'industrie n'a tout simplement pas fonctionné.

Depuis Edmonton, où il est réuni avec les députés de son parti pour un caucus estival, le chef libéral Justin Trudeau a également soutenu que le gouvernement a failli à son obligation d'assurer la sécurité des citoyens. Il a dit espérer qu'il assume sa part de responsabilité pour avoir laissé les trains de la MMA circuler.

« Ce qu'on a vu aujourd'hui, par ce rapport, c'est que pour 47 de nos concitoyens qui ont péri dans ce désastre, le gouvernement n'a pas été à la hauteur de s'assurer de cette sécurité par rapport à la règlementation et aux règles à suivre », a-t-il affirmé.

Le grand patron de la MMA, Ed Burkhardt, a pour sa part refusé de commenter le rapport, en raison des poursuites judiciaires en cours.

Avec les informations de La Presse canadienne

Politique