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Mort de Michael Brown : état d'urgence et couvre-feu à Ferguson

Le reportage de Yanik Dumont Baron
Radio-Canada

Des centaines de manifestants, en colère après la mort d'un adolescent noir, ont envahi les rues Ferguson, sous la pluie, samedi soir, quelques heures avant le couvre-feu instauré par le gouverneur du Missouri.

Jay Nixon, a déclaré samedi l'état d'urgence dans la ville de Ferguson, secouée depuis une semaine par de violentes manifestations après la mort de Michael Brown, un jeune Noir abattu par un policier.

M. Nixon a aussi annoncé l'instauration d'un couvre-feu, de minuit à 5h (1h à 6h HE), jusqu'à nouvel ordre. 

« Ce n'est pas pour faire taire les gens de Ferguson, de cette région ou d'autres, mais pour contenir ceux qui noient la voix du peuple par leurs actions », a déclaré le gouverneur lors d'une conférence de presse dans un église.

« Nous allons voir si une communauté, cette communauté, peut rompre le cycle de la peur, de la défiance et de la violence, et les remplacer par la paix, la force et, au bout du compte, la justice », a ajouté Jay Nixon.

Cette annonce a provoqué la colère de plusieurs résidents de la petite ville présents dans l'église, certains n'hésitant pas à interrompre le gouverneur. « Dormir n'est pas une option, gouverneur Nixon. Nous demandons justice! », a lancé une résidente. « Gouverneur, il faut inculper la police pour ce meurtre! », a réclamé une autre.

L'ambiance parmi les manifestants était tendue, contrastant avec l'atmosphère festive de jeudi soir. Des dizaines de policiers en gilet pare-balles attendaient sous la pluie. Certains ont dit craindre des violences des policiers à l'approche de l'entrée en vigueur du couvre-feu.

Dans la nuit de vendredi à samedi, les manifestations s'étaient poursuivies pour une sixième nuit consécutive. D'abord calme, la manifestation a dégénéré lorsque des bouteilles ont été lancées en direction de policiers en tenue antiémeutes, qui ordonnaient à la foule de se disperser. Les policiers antiémeutes ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Des manifestants ont aussi pillé un commerce d'alcool.

Michael Brown, 18 ans, qui a été tué par balle par un policier, samedi dernier, était soupçonnée d'avoir volé des cigarettes dans une station d'essence, a déclaré vendredi le chef de la police de Ferguson, Tom Jackson. Or, le policier qui a abattu Michael Brown n'était pas au courant de ce braquage, a-t-il révélé lors d'un deuxième point de presse, plus tard dans la journée.

La famille du jeune homme a accusé la police de manquer de transparence et déploré que les allégations de vol ne visaient qu'à ternir l'image de la victime et à détourner l'attention de la tragédie.

La tension dans la petite ville de Ferguson avait baissé d'un cran depuis jeudi, alors que la police d'État - avec à sa tête un Noir - avait remplacé la police locale pour encadrer les manifestants, qui dénoncent le comportement des policiers et la mort du jeune qui n'était pas armé.

Le FBI a déclencé sa propre enquête pour éclaircir les circonstance de la mort de Michael Brown. Les versions sont jusqu'ici contradictoires. Selon la police de Ferguson, Michael Brown a été tué après avoir agressé un policier et tenté de lui dérober son arme. Un témoin affirme plutôt que le jeune homme marchait dans la rue quand un agent de police s'en est pris à lui et l'a abattu alors qu'il avait les mains en l'air. 

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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