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Bilinguisme à Ambulance N.-B. : un plan stratégique décrié par le syndicat

Ambulance Nouveau-Brunswick

Michel Soucy, ambulancier, explique les revendications et les craintes du syndicat

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2014 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le plan stratégique d'Ambulance Nouveau-Brunswick en matière de langues officielles fait bondir le syndicat.

Selon lui, ce plan contrevient à la convention collective et pénalise les employés unilingues et à temps partiel.

Ambulance Nouveau-Brunswick veut implanter son plan stratégique en seulement deux étapes, et dans un court laps de temps. Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les employés paramédicaux, affirme que les employés ne peuvent pas devenir bilingues en si peu de temps.

Plusieurs francophones ont porté plainte ces dernières années pour dénoncer l'absence de service dans leur langue à Ambulance Nouveau-Brunswick. C'est pourquoi l'entreprise veut faire des changements en ce qui concerne le bilinguisme.

À compter du 1er septembre, l'employeur pourrait exiger la compétence intermédiaire plus pour tous les postes désignés bilingues. Par la suite, tous les employés seront évalués pour déterminer leur compétence linguistique. L'organisme va créer une base de données qui servira à faire les horaires.

Oui au bilinguisme, non au plan

Bernard Soucy, un ambulancier, affirme que le syndicat n'est pas contre le bilinguisme, mais dénonce la méthode employée par Ambulance Nouveau-Brunswick pour exiger ces compétences linguistiques. Il déplore également le manque de moyens mis à la disposition des employés pour développer le bilinguisme.

« Peut-être, si on baissait le niveau [exigé], ce serait peut-être plus facile d'apporter les gens à avoir ces compétences-là », dit-il.

Le syndicat estime également que la mise en oeuvre du plan contrevient à certaines dispositions de l'entente collective, en ce qui concerne l'établissement des horaires de travail et des vacances.

Ils veulent avoir un bilingue par ambulance. Les bilingues vont être avantagés sur certains relais. S'ils le savent depuis 2007, s'ils avaient mis cela depuis ce temps-là, peut-être qu'aujourd'hui on serait plus bilingue.

Une citation de :Bernard Soucy, ambulancier

Le syndicat affirme aussi que l'affichage répétitif de postes désignés bilingues faute de candidats ayant cette compétence augmente les coûts des heures supplémentaires, entraîne l'annulation de vacances et empêche des employés à temps partiel de travailler à temps plein.

« Tout le monde est égal sur le temps supplémentaire, tout le monde est équitable, on est sur une liste. Si on va avec le plan d'ANB [...] des unilingues vont être désavantagés et ça va créer un froid entre employés », dit Bernard Soucy, un ambulancier.

Le syndiqué demande que tous soient traités également lorsque des occasions de travailler à temps partiel ou en heures supplémentaires se présentent.

La loi a préséance sur tout

Michel Doucet, professeur de droit à l'Université de Moncton, rappelle que la convention collective n'a pas préséance sur la Loi sur les langues officielles et sur la Charte des droits et liberté.

« Ce sont des obligations constitutionnelles, et Ambulance Nouveau-Brunswick, et le gouvernement provincial, et les employés d'Ambulance Nouveau-Brunswick, et le syndicat devront trouver le moyen de s'y conformer », explique-t-il.

Que ça leur pose certains problèmes, ce n'est pas quelque chose d'anormal. Ça pose des problèmes également dans la fonction publique provinciale. Mais ça n'empêche pas qu'on doit se conformer à ces obligations linguistiques là.

Une citation de :Michel Doucet, professeur de droit

Michel Doucet soutient également que si le poste exige certaines compétences linguistiques de base, l'employé doit s'y conformer dès son embauche. Il estime que le syndicat et l'employeur peuvent trouver des solutions pour offrir de l'aide aux employés qui ne remplissent pas ces exigences, mais qu'Ambulance Nouveau-Brunswick doit tout de même respecter l'obligation d'offrir un service bilingue dès aujourd'hui.

Le syndicat doit réviser ses priorités, selon la SANB

Jeanne d'Arc Gaudet, présidente de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, est estomaquée par la sortie du syndicat.

« Je me suis posé la question : on est embauché pour faire quoi? Pour faire avancer sa carrière, faire plus d'argent ou servir la population? Alors, je crois que le syndicat va devoir revoir ses priorités », dit Jeanne d'Arc Gaudet.

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