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Irak : le premier ministre sortant Nouri Al-Maliki est isolé

Des membres de la communauté yézidie ont trouvé refuge dans un camp de déplacés à Erbil, dans le nord de l'Irak

Des membres de la communauté yézidie ont trouvé refuge dans un camp de déplacés à Erbil, dans le nord de l'Irak

Photo : Youssef Boudlal / Reuters

Radio-Canada

Un à un, les membres de la communauté internationale tournent le dos au premier ministre irakien sortant Nouri Al-Maliki, qui a été renié lundi par l'Alliance nationale, principal groupe chiite du Parlement.

Les députés ont désigné à sa place Haïdar Al-Abadi, une nomination entérinée par le président irakien, Fouad Massoum, et saluée par Washington.

Une manifestation en faveur du premier ministre sortant Al-Maliki (11 août 2014)

Une manifestation en faveur du premier ministre sortant Al-Maliki (11 août 2014)

Photo : AMER AL-SAEDI

Une vague d'appuis a rapidement suivi. Après les États-Unis, l'Union européenne, la France et la Grande-Bretagne, les voisins iranien chiite et saoudien sunnite ont applaudi l'arrivée en poste de Haïdar Al-Abadi.

Nouri Al-Maliki, qui clame depuis une semaine sa volonté de briguer un troisième mandat, a perdu en l'Iran un traditionnel allié des chiites irakiens au pouvoir.

Téhéran avait laissé entendre il y a peu de temps que Maliki était incapable de préserver l'unité de l'Irak, une critique qui avait trouvé écho jusqu'à Riyad.

La Ligue arabe s'est elle aussi félicitée de la nomination de Haïdar Al-Abadi, qui a 30 jours pour former un gouvernement et le présenter à l'approbation des parlementaires.

Depuis qu'il a déployé des troupes dans Bagdad il y a deux jours, Nouri Al-Maliki s'est plutôt tenu tranquille. Il a néanmoins promis lundi de « corriger cette erreur » du Parlement irakien, qui a choisi Al-Abadi pour le remplacer.

Attentat suicide près du domicile de Haïdar Al-Abadi

Un kamikaze a attaqué mardi un barrage près du domicile d'Al-Abadi, ont annoncé la police et les médias, ne faisant pas de blessés.

« Le kamikaze s'est fait sauter à un point de contrôle qui mène à la maison du premier ministre », ont confié des sources policières. Les services du nouveau premier ministre n'ont pas commenté l'information.

Washington envoie 130 conseillers militaires de plus

Dans le nord du pays, la crise humanitaire a continué de s'aggraver, alors que se poursuivent les livraisons aériennes de vivres aux minorités chassées de leurs villes par les djihadistes de l'État islamique (EI).

De 20 000 à 30 000 membres de la communauté yézidie se terrent encore sur les monts Sinjar, entre Mossoul et la frontière syrienne, tandis que les chrétiens d'Irak ont fui par milliers vers Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Les États-Unis ont envoyé 130 conseillers militaires supplémentaires à Erbil pour évaluer les besoins des populations yézidies. Ces conseillers, qui sont arrivés dans la journée de mardi, n'ont pas « vocation à combattre », selon un responsable du Pentagone. Ils viennent en renfort des quelque 300 conseillers dont le président Barack Obama avait annoncé le déploiement en juin, pour épauler le gouvernement irakien dans sa lutte contre EI.

L'EI s'est emparé depuis le début de leur offensive, le 9 juin, de pans entiers du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad. Les États-Unis ont lancé une offensive militaire aérienne vendredi, leur première depuis leur retrait en 2011. 

Par ailleurs, la Grande-Bretagne a annoncé aujourd'hui qu'elle allait acheminer du matériel militaire aux forces kurdes afin de les aider dans leur offensive contre les djihadistes. « Nous avons accepté d'acheminer aux forces kurdes du matériel militaire d'autres États contributeurs afin qu'elles puissent protéger efficacement le grand nombre de réfugiés face à l'État islamique », a indiqué un porte-parole du premier ministre David Cameron.

Washington avait fait une annonce similaire hier, sans préciser le type d'armes qui serait envoyé.

Pour leur part, les représentants de l'Union européenne n'ont pas réussi à s'entendre mardi sur une position commune sur la livraison d'armes, mais ont décidé de permettre aux pays membres d'en envoyer sur une base volontaire.

Le Canada veut en faire plus

De son côté, le premier ministre Stephen Harper s'est entretenu de la situation en Irak avec le président américain Barack Obama au cours d'une conversation téléphonique mardi. 

Il a donné son appui aux frappes américaines en Irak et a indiqué qu'il souhaitait poser des gestes supplémentaires sur le plan de l'aide humanitaire.

Des représentants canadiens vont discuter prochainement avec leurs homologues afin de déterminer quelle forme devra prendre l'aide supplémentaire apportée.

 

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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